Euseh., Hist. ecclts , ri
COURONNE
Les saintes Chartreuses portent ordinairement une couronne sur leur voile noir, parce que les religieuses de cet Ordre recevaient la couronne et l'étole au jour de leur profession.
2° Couronne ti'rpines.
Saint Théodore, évêque d' Alexandrie ; 3 décembre, époque indéterminée. Couronné d'épines, il fut livré aux affronts de la populace. Son martyre se termina par la décollation K
Saint Acace (Achatius) évêque, dit-on, à Mélitène en Arménie, et martyr; 22 juin, v. 151 (Cf. Saints auxiliaires, p. 102-104). Couronné d'épines. Sa légende a été pour le moins mêlée de bien des faits qui l'embrouillent singulièrement. Comme chef ou primicier, des dix mille martyrs(autre récit fort discutable), les artistes allemands l'ont transformé en un général ; et lui donnent , à ce titre, le costume militaire *.
Saint Théodore Tvro (Cf. Armé», p. 79). Parmi les tourmente qu'il eut à endurer avant de mourir dans les flammes, on raconte qu'il fut couronné d'épines. Celuici, qui fut martyrisé dans la ville d'Amasée, a souvent été confondu avec saint Théodore d'Héraclée que les Grecs nomment le général d'armée (««aTr,x«TT,?). Tous deux étaient fort célèbres, mais le premier semble avoir supplanté l'autre dans l'Occident; car son culte avait passé de bonne heure chez nous. Dès le v° siècle les premiers Vénitiens lui avait élevé une église; et à Rome', en 774, Adrien Ier restaurait celle qui lui avait été dédiée sur le mont Palatin 3. Cf. Torche.
Saint Louis, roi de France; 25 août, 1270. Portant la sainte couronne d'épines de Notre-Seigneur. 11 l'avait acquise de Philippe de Courtenay, et quand ce, précieux trésor fut près d'arriver à Paris, il voulut aller lui-même pieds nus au-devant de ceux qui l'apportaient. Ce fut pour cette relique insigne, à laquelle on veut que les clous de la croix fussent joints, qu'il fit bâtir la Sainte- Chapelle du Palais qui subsiste encore. Les moines de
Saint-Denis furent obligés dès lors de ne plus prétendre trop haut à la possession de la sainte couronne, qu'ils étaient censés tenir de Charlemagne par Charles le Chauve 4.
Saint Jean de' Dieu (Cf. Corde, p. 258, sv\). Couronné d'épines par la main de la sainte Vierge et de saint Jean l'Évangéliste. Il eut cette vision à Grenade , comme il le rapporte lui-même. La Mère de Dieu l'encourageait ainsi pour toutes les traverses qu'il devait éprouver; et le saint répondit : « Fatigues et peines venues de votre main bénie me seront des fleurs 5. »
Saint Raimond Nonnat (Cf. Bouche, p. 143; etc.). Une couronne d'épines sur la tête. Cette représentation n'est pas fréquente, mais elle se rapporte à un trait de la vie du saint °. Ayant rencontré dans une rue de Rarcelone, pendant l'hiver, un pauvre vieillard qui marchait tête nue sous la pluie, le saint lui donna son propre chapeau pour le dérober aux injures de la saison. Comme il priait à quelque temps de là, la sainte Vierge voulut lui placer sur la tête une couronne de fleurs en récompense de cette charité. Raimond déclara qu'il ne voulait d'autre récompense que Jésus-Christ lui-même ; et là-dessus il vit Notre-Seigneur coiffé du chapeau donné au pauvre, et tenant deux couronnes : Tune d'épines, l'autre de fleurs. L'homme de Dieu choisit la première ; et depuis lors il éprouva constamment de violents maux de tête, dont il n'avait garde de se plaindre.
Sainte Madeleine dei Pazzi, carmélite (Cf. Banderole, p. 114). Couronne d'épines sur la tête. Dans une apparition, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui donna cette preuve de son amour 7.
Sainte Catherine de Sienne, du tiers ordre de Saint- Dominique (Cf. Apparitions de Notre-Seigneur , p. 55). Portant une couronne d'épines, ou la recevant des mains de Jésus-Christ. Au milieu des peines qu'elle s'imposait généreusement et des calomnies qui l'assaillaient dans ses bonnes œuvres, Notre-Seigneur lui offrit le choix entre un diadème éclatant et une couronne d'épines. La sainte adopta cette dernière 8.
t. Menolog. grœc, 3 decembr.
2. Sur les dix mille martyrs, mais sauf garantie de la critique, on peut consulter Georges Cardoso, Agiologio Lusitano, t. III, p. 777, sg.; et 787, sg.; et principalement AA. SS. Jun., t. IV, p. 175-187. Notre église parisienne de Saiut-Êtienne-du-Mont conserve encore une chapelle (dont le vocable est changé, si je ne me trompe), mais où lés peintures murales gardent le souvenir de l'ancien nom qui se lit dans maints vieux papiers.
L'Allemagne, qui s'était éprise d'une belle dévotion pour ces saints vers la fin du moyen âge, leur avait consacré plusieurs proses. Citons au moins quelques fragments de l'une d'elles, qu'on retrouve dans les livres liturgiques de Frisir.guc, do Passau, de Saltzbourg, etc. :
« Christi pœnœ rénovant ur In his omnes, iterantur Signa moitis Dumini.
Orant Christum triumphanles, Ut defendat honorantes Ipsos a doloribus.
Exauditos se lœtantur, Nam ipsos qui venerantur Servant a nocentibus.
Quorum intercessione Conjunge, rex Jesu bone, Nos tibi placentibus. »
Il peut être bon de répéter ici que l'adjonction de saint Acace aux XIV auxiliatores semble avoir son origine dans la prière du saint mourant qui garantissait l'efficacité de son secours.
3. Cf. Labus, Fasti, 9 novembre. — Seb. Paoli, De ritu... exorcizandi aquam..., p. 218. — PUilœ carmina, éd. Wernsdorf, p. 3, H, sqq.; 230-238.
4. Cf. P. Paris, ap. Jahrbuch fur romanische und englische Literatur, t. I (Berlin, 1858), p. 108, 199.
5. AA. SS. Mari., t. I, p. 840. Cf. Pistolesi Vaticano, 1. 1, tav. 52; et p. 213.