COUTEAU OU RASOIR
Sainte Rose de Lima.
Jacques le Majeur, sur les portes de bronze de l'ancienne basilique de Saint-Paul-hors-des-Murs '.
Abraham. Bien des fois, surtout dans les églises du moyen âge, il est caractérisé presque uniquement par un couteau qu'il tient d'une main, avec une torche dans l'autre , pour rappeler le sacrifice qu'il était prêt à faire de son fils Isaac (Gen. xxn, 1-18).
Quelqu'un m'accusera peut-être d'une sorte de mystification si je donne à ce propos la peinture murale des catacombes2 que l'on va voir (p. 274). Ce serait donc que l'on ne devine pas ce qu'il y a de délicatesse et de grandeur dans cette main que le patriarche dérobe si mystérieusement sous la draperie dont elle s'enveloppe. Il cache à son fils et se cache à lui-môme l'instrument destiné à consommer le terrible sacrifice exigé de tous les deux par le souverain maître. L'attitude et le geste d'Abraham, dans leur raideur un peu exagérée, semblent dire que c? grand cœur saigne, mais n'hésite point.
Saint Barthélémy apôtre. On lui fait tenir un couteau, comme instrument de son martyre, parce qu'il passe pour avoir été écorché 3. De là est venu le choix que les tanneurs ont fait de lui, comme patron de leur métier; aussi le voit-on quelquefois avec les outils de cette profession.
Saint Herculan (ou Herculien), évoque et patron de Pérouse ; 1 mars, v. 549. Un couteau annonce le supplice auquel il fut condamné. Totila roi des Goths, irrité, dit-on, de la longue résistance que lui avait opposée la ville de Pérouse, et regardant l'évêque comme auteur de cette opiniâtreté, ordonna qu'il fût décapité sur les murailles après avoir été écorché vif. L'officier chargé de l'exécution se contenta de le faire décapiter d'abord, et écorcher ensuite *.
Saint Albert, évoque de Liège; 21 novembre, 1192. Un couteau (ailleurs un poignard ou une épée) à la main, ou plongé dans son corps. Il fut assassiné par des chevaliers pendant qu'il se rendait à Reims, pour y être consacré. L'empereur et le comte de Hainaut ne furent pas tenus pour étrangers à ce mauvais coup qui les débarrassait d'un prélat dévoué au Saint-Siège et aux lois ecclésiastiques.
Le bienheureux Albert patriarche de Jérusalem, après avoir été évoque de Verceil ; 8 avril, 1214. Il fut tué d'un coup de couteau par un scélérat qu'il avait hautement blâmé. Les Carmes l'honorent comme auteur de la règle qu'ils apportèrent en Occident à la suite des croisades,