‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 46 sur 1339 · AA. SS. Mart., t. III, p. 562, sq · texte numérisé non relu

AA. SS. Mart., t. III, p. 562, sq

ANGES

Grand rapporte ' que, paralytique, il passa presque tous les jours de sa vie couché sous le portique de Saint- Clément à Rome, sans jamais donner le moindre signe d'humeur chagrine. Près de mourir il avait engagé les pauvres qui l'entouraient à célébrer avec lui la miséricorde de Notre-Seigneur. Mais il les interrompit disant: « N'entendez-vous pas les concerts des anges? » et il expira presque aussitôt.

Saint Gilles, abbé. Cf. Banderole, Main divine, etc.

Saint Achard (Aichard, Aichardus, etc.), abbé de Jumiège; 15 sept., v. 695. Un ange touchant d'une baguette divers religieux de l'abbaye. Le saint, qui avait sous sa conduite grand nombre de moines fervents, priait Dieu de les retirer du monde plutôt que de permettre qu'ils perdissent l'esprit de leur état. Il eut alors cette vision pendant la nuit, et comprit que le ciel allait bientôt s'ouvrir pour ceux qui avaient été désignés par l'ange '.

Le bienheureux Adelric (ou Alaric), bénédictin en Suisse; 29 sept., 973. Nourri par les anges dans la petite île d'ilfnau, sur le lac de Zurich, où il s'était retiré pour vivre solitaire en quittant Einsiedeln. On. dit qu'il était de haute naissance \

Saint Fuiicy (Fursxus), abbé de Lagny ; 16 janv., v. 650. Cf. Flammes.

Saint Adjuteu r (Ustre), moine et ermite; 30 avril, 1131. Kn costume de guerrier ou de religieux, et des chaînes aux pieds, il est transporté dans les airs par des anges. Sa légende raconte que, fait prisonnier par les Sarrasins et se disposant à tout souffrir plutôt que d'abjurer la foi, il fut délivré miraculeusement de sa captivité. 11 prit l'habit monastique à l'abbaye de Tiron, et vécut ensuite en solitaire près de Vernon dans une chapelle consacrée à sainte Madeleine 4. On veut que Vernon ait été le fief de sa famille. Cf. Chaînes, Chapelle.

Saint Martin, évêque de Siguenza (Cf. Balai). Un ange portant la tète du saint près de son tombeau. Selon d'autres, ce serait la tête de saint Sardot (Sacerdos) apportée de Limoges à Siguenza s par saint Martin.

SaintGuthlac prêtre, solitaire; 11 avril, 714. Un ange lui apparaît tandis qu'il est entouré de démons 6. Cf. Ermilcs.

Saint Dominique, fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs; h août, 1221. Des anges le servent à table. 11 n'est presque personne qui ne connaisse, au moins de réputation, la charmante peinture de Fra Angelico, sous le tableau du Couronnement de Notre-Dame au musée du

Louvre, et dont voici le sujet. Vers le temps du dîner, on vint avertir le saint qu'il ne se trouvait rien pour servir la communauté. Il ordonna néanmoins que l'on sonnât la cloche comme les autres jours, et tous les religieux se réunirent au réfectoire. Que le saint priât du fond de son cœur, je le pense, mais par le fait les tables étaient fort dégarnies. Cependant le benedicile se récita comme si de rien ne fût, après quoi tout le monde s'assit devant les tables vides, et la lecture commença de même qu'à l'ordinaire. Alors parurent des anges portant chacun une besace sur l'épaule, et qui mirent un pain devant chacun des religieux. Cf. Étoile, etc.

Saint Isidore, laboureur; 15 mai, v. 1130. Pendant qu'il prie Dieu, un ange conduit sa charrue. Fermier ou cultivateur près de Madrid, il commençait sa journée par la prière ou la visite des églises ; et son maître, venant le surveiller, trouva que deux anges avec deux paires de bœufs blancs conduisaient la charrue en attendant que le saint se mît à l'ouvrage7. Aussi Lope de Véga, pour les fêtes de sa canonisation, avait imaginé de faire peindre un bœuf avec le cou entouré d'épis, et ces paroles de saint Jérôme : « Vox Domini sustentans jugum '. » Isidore est honoré par la ville de Madrid comme son patron. Quelquefois on peint l'ange chassant des loups qui venaient attaquer les bêtes de somme du saint laboureur. Cf. Fontaine, Eau (sainte Marie de Cabeza).

Saint Gui (Guido) d'Anderlecht , près de Bruxelles, paysan et pèlerin; 12 sept., 1012. On raconte de lui, comme de saint Isidore, que les anges conduisaient ses bœufs pendant qu'il priait. Cf. Bœuf, Bourdon, Autel.

Saint Nicolas de Tolentino, de l'ordre des Ermites de saint Augustin; 10 sept., v. 13Z|0. Des anges chantent devant lui. Six mois avant sa mort, il fut souvent récréé par cette musique céleste durant la nuit, pour lui donner un avant-goût de la joie éternelle dont il allait prendre possession » (Cf. Étoile, Oiseau, Purgatoire). On l'a communément représenté aussi foulant aux pieds une femme plusou moins parée, pour exprimer son mépris du monde, comme nous l'avons dit sous le mot Allégorie (p. 27).

Saint Nicolas de Tolentino n'était pas précisément né dans la ville dont il porte le nom, mais dans le voisinage ; et d'ailleurs il y résida pendant trente années.

Saint Ladislas, fils de Bêla roi de Hongrie; 27 juin, 1095. Dans un combat contre Salomon son oncle, celui-ci vit deux anges qui protégeaient le jeune prince ; et frappé du secours que le Ciel envoyait à son adversaire, il fit

I. Grc?. M. In Evangel., lib. I, homil. xv (éd. Gallicioli, t. V, p. '201, s.|.)

•1. Calendar. bénédictin., t. III, p. 700, sq.

A. Caleiidar. bénédictin., SU sept.

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