‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 461 sur 1339 · lUélangtt cT Archéologie, t. IV, p · texte numérisé non relu

lUélangtt cT Archéologie, t. IV, p

tèrent (au xi« siècle) les portes de bronze destinées à la basilique romaine de Saint-Paul-hors-des-Murs.

3. Lutctlœ Parisiorum , 1856. in-8; ex bibliotheca tt de l'Escalopier, p. 1", 238.

CROIX (SAINTS CRUCIFIÉS). 287

L'inscription dit bien qu'il meurt crucifié à Patras n'est qu'on arbre bifurqué dès la naissance de la souche (4 *7io< Avflpia; " narci sTaupulii; tiXucStcu), mais sa croix sur laquelle les deux pieds du saint sont cloués l'un près

de l'autre, et ses mains sont étendues vers les touffes écartées en manière d'Y. Aussi une vieille tradition de feuilles qui couronnent les deux tiges secondaires disait-elle que le saint avait été cloué sur un olivier1.

t. Sur ce point et plusieurs autres relatifs à la même question, l'on peut consulter Sarnclli. Letlere eccltsiastiche, t. X, Irtt. II.

CROIX (SAINTS CRUCIFIÉS)

Cependant les miniatures du Ménologe grec' , quasi contemporaines des portes de Saint-Paul, peignent le saint entièrement vêtu sur une croix presque semblable à celle de Notre-Seigneur ; et sur les portes mêmes de Saint-Paul, comme on le voit ici, le saint dans la gloire tient une croix qui ne rappelle guère celle de son supplice. Chez nous, le sacramentaire de Metz exécuté pour Drogon au ixe siècle, montre saint André deminu sur une croix à angles droits, comme celle du Ménologe grec. Dans les roses qui couronnent les lancettes du chœur de la cathédrale à Reims1, saint André est entièrement vêtu sur la croix, mais l'instrument de son supplice est fiché en terre par le bras droit. D'autre part, le Martyrologe métrique, qui prétend abréger les Menées grecs*, paraît supposer comme un fait hors de doute que saint André a été crucifié la tête en bas. On voit donc qu'en Orient et en Occident il y avait plus d'une variation à ce sujet; mais la croix oblique (ou en X), qui porte aujourd'hui parmi nous le nom de saint André (ou croix de Bourgogne), ne remonte guère au delà du xiv* siècle. Cf. supra, p. 281.

Pour qu'on ne soit pas réduit à m'en croire sur parole, il semble bon que je mette sous les yeux du lecteur un exemple puisé dans l'art occidental vers l'époque où la croix de Bourgogne n'était pas encore accueillie comme instrument du martyre de saint André. Je prends ce document dans un calque exécuté à Namur (si je ne me trompe) par le P. Arthur Martin, d'après les restes du trésor d'Oignies (Cf. p. 287). L'apôtre y tient bien une croix à quatre angles droits, mais il la porte inclinée suffisamment pour répondre à la forme suivie par le peintre verrier de Reims. 11 me semble que Jean Beleth ne voulait pas dire autre chose quand il écrivait, sans le garantir : « Pependit in cruce... jxr tra^sversum , ut nonnullis placet. » Son doute, en tout cas, fait voir que les hommes instruits n'ignoraient pas l'existence de plusieurs opinions à ce sujet; et les monuments lui donnent raison. Aujourd'hui au contraire, avec l'espèce de prescription acquise par la croix de Bourgogne, plus d'une personne assez grave sera quasi scandalisée de voir qu'on discute le droit de ce sautoir à s'appeler croix de Saint-Ândrè.

Mais, comme le faisait observer Sarnelli, la priorité en histoire établit un préjugé légitime*. Cette garantie, où titre quelconque de probabilité, la croix bourguignonne ne l'a sûrement point; ce qui ne signifie pourtant pas que je la condamne à disparaître désormais, surtout immédiatement. En fait de représentations destinées à édifier, tout changement brusque a pour le moins cet

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