‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 463 sur 1339 · Fol. 105, recto · texte numérisé non relu

Fol. 105, recto

7. P. de Natalib., lib. III, cap. exux. — AA. SS. Februar., t. III, p. 432, sc[ : 1 ;.Y

8. Cf. Anguissola, Ephemeriit., 1828, p. 60, sg. U: AA. SS. Februar., t. III, p. M.

10. Menolog. grœc., 1. 1, p. 88. Cf. AA. SS. Oclobr., t. II, p. 494-408.

CROIX (SAINTS CRUCIFIÉS)

racontent que, comme ces nombreux chrétiens confessaient Jésus-Christ, ils furent condamnés à périr de la même mort que lui*. Nous avons déjà fait observer que oe récit repose sur des fondements fort peu solides, et renferme pour le moins bien des additions suspectes.

Saint Théodore, soldat dans la même légion qui donna au ciel son homonyme que l'on surnomme d'Amasée (ou Tyro); 21 ou 20 septembre, sous Antonin. Déféré au gouverneur de Perge en Pamphylie pour avoir professé la foi chrétienne, il fut condamné à mort avec sa mère (Philippa) qui était venue le visiter, et deux soldats convertis par son exemple. Mais îles autres perdirent la vie par la décollation-, et.pour lui, il mourut en croix après plusieurs tortures1.

Saint Thutiiael, martyrisé avec sa sœur; 5 septembre, époque indéterminée. A vrai dire, il semble bien moins avoir été crucifié qu'attaché à un poteau pour y être scié du haut en bas 9.

Saint Thêodule de Césarée; 16 février, sous Dioclétien. Cloué sur une croix*.

Saint Gémeau de Paphlagonie (Cf. Clous, p. 232). Il avait reproché à l'empereur son impiété; ce qui le fit condamner à d'horribles supplices, dont le dernier fut la crucifixion5.

Saint Nestor, de Perge en Pamphylie; 28 février, sous Dèce. Crucifié pour avoir converti plusieurs païens6.

Saint Apollonius de Sardes en Lydie, martyrisé à Iconium; 10 juillet, époque incertaine. Il répandait l'Évangile dans l'Asie Mineure, et fut condamné à mourir sur une croix7.

Les saints Agricole et Vital, martyrisés à Bologne; h novembre, 304. Agricole était le maître de saint Vital, mais le martyre les rendit cohéritiers du ciel. Le serviteur fut torturé avant le maître, parce qu'on espérait que son supplice ébranlerait la résolution de l'autre. Quand le gouverneur vit que ce dernier continuait à confesser Jésus-Christ, il le fit crucifier d'une manière si barbare que le nombre des clous enfoncés dans son corps semblait ne pas lui laisser un membre qui fût sain et entier8. Saint Vital, comme le prédécesseur et le modèle de son maître, est généralement nommé avant lui; mais ils sont fêtés ensemble le même jour, et quelques artistes les représentent tous deux en croix, bien que Vital paraisse être mort sous les verges pendant qu'il était attaché à un poteau.

Saint Alexandre de Lyon, soldat, dit-on; 24 et 22 avril,

177. 11 mourut en croix après avoir été cruellement déchiré par les fouets*.

Saint Calliope, martyrisé à Pompéiopolis en Cilicie; 7 avril, 304. Après avoir été cruellement battu, il mourut crucifié la tête en bas. Sa mère Théoclia, apprenant cette nouvelle, distribua ses biens aux pauvres, et rendit l'âme en embrassant le corps du martyr sur le gibet 10.

Saint Sérapion martyr, de l'ordre de la Merci; 12 décembre, v, 1255. On le dit natif de la Grande-Bretagne (Irlandais ou Écossais), et l'un des premiers disciples de saint Pierre Nolasque. Comme il s'occupait du rachat des captifs chrétiens chez les Maures, il ne se refusait pas à l'occasion de maudire le mahométisme pour maintenir les fidèles dans la foi. Les Maures l'attachèrent sur une croix de Saint-André (comme on dit) pour lui ouvrir le ventre et en extraire les entrailles (Cf. Treuil). Un des tableaux de la galerie espagnole du Louvre , sous Louis- Philippe, retraçait ce supplice11.

Les saints martyrs du Japon; 5 février, 1597. Ils étaient au nombre de vingt-six, dont trois religieux de la compagnie de Jésus, six Franciscains et dix-sept Japonais auxquels on donne souvent l'habit des Frères Mineurs, parce qu'ils passent pour avoir été agrégés au tiers ordre de Saint-François. A ce titre, qui ne paraît pas incontestablement établi", et parce que ces saints, n'ayant que le titre de Bienheureux jusqu'en 1861 , étaient fêtés uniquement par les deux corporations religieuses qui les réclamaient comme frères, l'usage s'est introduit de ne représenter que le groupe auquel chacun rendait honneur. Ainsi, les trois Jésuites d'une part, et les vingttrois autres de même , figurent presque toujours comme s'ils eussent souffert isolément. Mais tous furent crucifiés et percés de lances, le même jour et sur une même colline, près de Nangasaki.

Ce serait être bien neuf en histoire ecclésiastique que de regarder ces vingt-six martyrs comme ayant souffert une mort plus douloureuse que tant d'autres victimes de la persécution japonaise. Ceux-ci furent tout simplement les prémices du sang qui coula surabondamment dans cette généreuse chrétienté, lorsque le pouvoir politique se déclara ennemi de l'Évangile.

Saint Siméon (ou Simon) de Trente, enfant crucifié par les juifs pendant la semaine sainte; 24 mars, 147213. Il n'y a pas moyen de rejeter sur le préjugé des antipathies populaires toutes les histoires de ce genre que nous a transmises le moyen âge. Elles sont nombreuses, et plus

1. P. de Natalib., lib. V, cap. xxxvu. Cf. AA. SS. Mari., t. III, p. 904; et Jun., t. IV, p. 175-193.

2. Menolog. grœc, t. 1, p. 57. Cf. AA. SS. Septembr., t. VI, p. 137-140.

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