Cornel. Van den Stecn, in Jon., cap. n, 11. — Etc
G. Durand de Mende, après Innocent III, n'en dit pas beaucoup plus long [National. , III, 15), parce que la liturgie n'est vraiment pas son fait; quelque réputation qu'on ait voulu lui faire en ce genre longtemps après sa mort, par des réimpressions quasi sans nombre d'un manuel qu'il avait compilé bonnement chez ses devanciers. Il était canoniste pratique et homme d'affaires avant tout, comme le montrent sa véritable réputation dans l'École, et toute l'histoire de sa vie. Aussi eût-il été bien émerveillé, je crois, s'il avait pu imaginer que cinq siècles après lui une Histoire littéraire de la France s'aviserait de mettre le Nationale divinorum offlciorum entre ses principaux titres à l'estime de la postérité.
Par conséquent écoutons plutôt l'Allemagne au sujet de saint Materne, pour avoir du moins des souvenirs quelque peu présentables. I.a collection hymnologique de M. Fr. J. Mone (t. III, p. 435) renferme une séquence qui adoptait, sans broncher, la vieille légende.
« O Materne, Pastor aime, Christique clare Hierarcha.
Qui gallica rura Replesti sacra Doctrina.
Tu principis apostolorum executus es proecopta, Euchario Valerioque subjugando pia colla. Nam cornes itineris, Galliata docturus, prœveniris Morte tua.
. . . Deponeris ac pausitas Hic qnalerdenos, heu! jam soles, sul> querola. En repedant consocii, Jussu magistri Te suscitant voce clara :
Surge, Materne, linque funebria; Fortis adesto Christi jam vernnla :
Victuius successu totidem annos, Bpiscopi sacra cura. Blc. »
Cm dernier vers (si vers il y a) prétend dire que le ressuscité persista autant d'années à vivre et a régenter ses ouailles, qu'il avait passé de jours dans le tombeau pour la première fois. Ainsi ses compagnons auraient accompli leur voyage de Rome en Belgique (aller et reiour) en quarante journées, pas davantage. C'était bravement m irch er! Saint Pierre pouvait diro qu'il était bien servi, et que l'on faisait honneur à son choix.
Produisons (ne vantlur) une édition plus récente de cette narra-
tion. Elle provient du missel de Liège imprimé à Paris en 1400 (infolio) et de la prose Sion gaudens... pour saint Materne.
« Superponunt baculum ;
Sertum viue in Materno Et diebus vita functum
Cœtu confert in superno Qitater dénis, sibi jum-lum
Cœlestis militite. Vivum gaudent socium.
Viris tribus caritatis In salutem populorum
Id amplexu copulatis, Fit profectus Trevirorum
Fidenter in Galliam Ac Coloniensium.
A beato destinatis Clara? gentis et Tungrortim
Petro, fide Trinitau's Archiprœsul, norma morum
Implevit et Germaniam. Factus est et spéculum.
Instant dum officio, Mira res! pro singulo
Tollitur de medio Quietis in tumulo
Citius Maternus. Die, sibi datur
Romam cum Euchario Annus in officio
Reverso Valerio Laboris; ab otio
Planctus fit fraternus. Postquam suscilatur.
Redeuntes ad humatum Cursu tandem adimpleto,
Corpus, Pétri sibi datum Dies claudit fine laHo. litc. »
Réellement tout cela n'est pas saus importance pour rechercher l'origine et les motifs premiers des souvenirs populaires, mais il y faut encore bien du sens et de l'érudition pour trouver et apprécier les vraies sources. De fait, les i4c/o S.S'. Belgii (t. I, p. 1-30; 39-70; et 179-198 ), après d'autres doctes Bollandistes, n'ont pas cru que le patriotisme fût une raison suffisante pour admettre que l'épiscopatdes Belgiques remontât au temps du prince des apôtres. Avis utile a ceux qui croient que l'enthousiasme peut suppléer la science , « arbitrantes se obsequium prœstare Deo! » La piété, sans doute, est fort louable ; mais ce qui même se peut qualifier de croyance pieuse en bonne théologie, n'autorise nullement certains anathèmes arbitraires dont on ne s'est pas fait faute de nos jours.
2. Dans un Propre du Puy, imprimé au xvn' siècle, l'hymne des premières vêpres {Exultet cœlum laudibus) contient cette strophe :
« Hic gallicanis partibns
A Petro quondam traditus,
Sepultus ; Pétri baculo
Tactus, surrexit tumulo. ■ Ajoutons, pour édifier les amateurs de légendes quelconques, une prétention des gens d'Annecy en Savoie. Ceux-ci veulent ou voulaient partager avec les Ponaux {Anicienses) du Velay l'apostolat de notre saint Georges évêque.
3. Cf. Zaccaria, liaccolta rfi dissertaiioni di storia ecclesiastica (Roma, 1793 ), t. V, p. 245. — Aug. de Bastard, Crosses, p. 825-828; 840-842, 480, 495,501.