‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 502 sur 1339 · DOCTEURS DE L'ÉGLISE. — DOIGT · texte numérisé non relu

DOCTEURS DE L'ÉGLISE. — DOIGT

longueur bien moindre, tandis que celle de saint Chrysostome est médiocrement épaisse, ou même clair-semée, et descendant à peine plus bas que le cou'.

Quoi qu'il en soit, M'ne Jameson {Sacred and legendary art, 1. 1) cite une peinture grecque du Vatican qui réunit les cinq docteurs Athanase, Basile le Grand, Jean Chrysostome, Grégoire de Nazianze et Cyrille d'Alexandrie; groupe rarement usité, bien que soit très-fondé en raison, mais auquel on pourrait assurément adjoindra aussi saint Grégoire de Nysse.

Quant à l'Église latine, elle peut ajouter aux quatre docteurs ci-dessus, ou substituer à quelqu'un d'eux, des hommes tels que saint Léon le Grand, saint Hii.aire de Poitiers, saint Piehre Chiiysologue, saint Isidore de S':ville, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bkrnvrd, saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventuhe.

On verra plus tard qu'un attribut singulier associe parfois les quatre grands docteurs latins aux quatre évangélistes. Je viens d'en donner une représentation (p. 313) d'après le tableau de Sacchi, au Louvre.

Au premier abord, il semblerait que cette idée aurait pu être prise, au moins pour deux ou trois docteurs, dans les commentaires qu'ils ont rédigés sur divers évangiles. Mais cette appropriation ne se vérifie en notre tableau que pour saint Augustin, qui a expliqué en détail le récit de saint Jean ; et pour saint Jérôme, qui a donné un traité sur saint Mathieu. Quant à saint Ambroise, malgré son commentaire sur saint Luc, il est accompagné ici du lion de saint Marc; et c'est saint Grégoire le Grand qui a près de lui le boeuf de saint Luc. Peut-être a-t-on voulu combiner d'une façon telle quelle le caractère de ces saints avec le souvenir de leurs œuvres. Or, la hauteur des pensées qui distingue saint Augustin suggérait assez naturellement le dessein de le caractériser par l'aigle. La vie dure et mortifiée de saint Jérôme conduisait à lui donner l'ange (l'homme ailé). Le labeur quelque peu ingrat de saint Grégoire, quand il explique l'Écriture sainte, menait à l'idée de lui attribuer le bœuf; et la vaillance de saint Ambroise (Cf. Fouet), en face de Thëodose, lui aura fait donner le lion '-.

Page 1