‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 513 sur 1339 · Brautii Marlyrolog. poeticum, 1 Jun · texte numérisé non relu

Brautii Marlyrolog. poeticum, 1 Jun

• Letifero Cre<centinu< «erponto Tipherni Occiio, gladio victima enta cadit. • 10. Menolog. grœc., t. III, p. 17.

DRAGON

Saint Victor de Xanten (ou de Cologne), martyrisé avec saint Géréon, saint Cassius, saint Florentius, etc.; 10 octobre, v. 302. Il passe pour avoir fait partie de la légion Thébaine , ce qui l'a fait représenter armé de pied en cap. Quant au dragon qu'il terrasse, j'y verrais volontiers le triomphe de Jésus-Christ sur les faux dieux, puisque la persécution de Dioclétien fut la dernière dans nos contrées; et que sainte Hélène, bientôt après, fit élever à Cologne une église en l'honneur de ces saints.

Saint Goar, prêtre; 6 juillet, 575. Quoique venu d'Aquitaine pour vivre inconnu dans le diocèse de Trêves, il ne laissa pas de prêcher la foi aux païens qui avaient envahi cette région depuis la marche des barbares au delà du Rhin. En lui mettant un dragon sous les pieds, les artistes auront sans doute voulu marquer les âmes qu'il arracha au paganisme, et peut-être aussi l'envie ou la calomnie dont il triompha par la patience et les miracles1.

Saint Florent de Glonne prêtre , patron de Saumur et de Roye ; 22 septembre, ive siècle. On lui attribue parfois la mort d'un dragon qu'il aurait précipité dans la Loire. Mais les Bas-Bretons veulent que l'honneur de cette délivrance des Angevins appartienne à saint Mein abbé de Gaël, qui vécut plus d'un siècle après saint Florent *. Ce prodige, dérobé ainsi parles Bretons au saint de l'Anjou, ne viendrait-il pas de ce que le corps de saint Mein avait été porté à Saint-Florent pendant que les Normands ravageaient les côtes ? et ces reliques ne revinrent de là en Bretagne que sur la fin du xi* siècle. Peut-être ce détournement n'a-t-il pour source qu'une peinture où le monastère d'Anjou était désigné par saint Florent avec son monstre. Avec le temps, et non sans bonne foi (je le suppose volontiers), les Bretons auront pris le tout comme histoire des triomphes de leur saint.

Saint Venerius, ermite dans la petite île de Tino (du golfe de la Spezia, et peut-être aussi dans la Corse). Cf. Corbeau, p. 255. On raconte que l'évêque voisin l'ayant engagé à débarrasser le territoire de Luni d'un dragon qui le ravageait, le saint ordonna au monstre de se précipiter dans la mer, et fut obéi 3. Quoique les Bénédictins réclament saint Vénère, les ermites de Saint-Augustin lui donnent aussi le costume de leur Ordre ; et il mérite probablement autant l'un que l'autre. Quoi qu'il en soit, la translation de ses reliques à Reggio-de-Modène a étendu son culte sur le continent ; car pour lui ,' il ne cherchait qu'à se faire oublier dans la vie solitaire.

Saint Servule (Scrvulus, Serons) de Trieste, martyr;

24 mai,- sous Dioclétien. Après avoir passé près de deux ans dans une grotte, il revenait affronter la persécution chez les siens, lorsqu'un dragon lui barra la route. Le saint fit le signe de la croix en soufflant sur la bête qui mourut à l'instant *.

Saint Magnus (ou ilagnoaldus) abbé, fondateur de Fûssen et apôtre de l'Algau ; 6 septembre, v. 660. On lui attribue la mort de deux dragons \ ou du moins d'un ; et en tout cas, il passe pour avoir expulsé quantité de serpents des environs de Kempten. Aussi, l'invoque-t-on en Allemagne contre les chenilles (en qualité de reptiles, sans doute, Verrues).

Saint Arsace de Nicomédie, soldat, puis solitaire; 16 août, v. 358. Un dragon, expirant près de lui 6, peut avoir indiqué primitivement la générosité qui le fit renoncer au service de Licinius quand il vit que ce prince persécutait le christianisme.

Saint Jean de Réomey (ou Reomé), fondateur de cette abbaye qui prit plus tard le nom de Moutier-Saint-Jean ; 28 janvier, v. 545. On le représente communément près d'un puits, et tenant enchaîné une espèce de dragon. Sa légende raconte qu'il fit mourir un basilic qui rendait dangereuse l'eau d'un puits ou d'une fontaine 7.

Saint Lifard, ermite et abbé. Cf. Sei-pent.

Le bienheureux Gilles Rodrigue de Vaozella (ou Vouzella, entre Viseu et Coïmbre), Portugais de l'ordre de Saint- Dominique ; l/i mai, 1265. Terrassant un dragon avec une lance ; manière d'exprimer aux yeux qu'il avait pratiqué la magie avant sa conversion B. Il fut ramené à Dieu par l'apparition d'un cavalier armé qui, le menaçant de sa lance, le blessa même à la poitrine pour le faire plus sûrement ressouvenir de cet avis.

Sainte Marthe, sœur de Madeleine et de .Lazare (Cf. Aspersoir, p. 88). Un goupillon à la main, quelquefois avec un bénitier. Les Provençaux maintiennent soit à Aix, soit à Tarascon, que la sainte délivra leur pays d'un monstre qui l'infestait, et qu'ils nomment la Tarasqae. L'époque de sa venue chez eux avec. saint Lazare, premier évêque du pays, prête bien à croire que c'est là une façon de peindre le paganisme entamé dans les Gaules. Le goupillon pourrait bien n'avoir été d'abord en la main de sainte Marthe, qu'un balai emblème de la vie active, par opposition aux tendances contemplatives de Madeleine'. Quant à la Tarasque, elle date de loin; et sa réputation est presque aussi étendue que celle du dragon de saint Georges10.

i. AA. SS. M., 1. 11, p. 329, 332-334.

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