‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 518 sur 1339 · DRAPEAU. — DUCS · texte numérisé non relu

DRAPEAU. — DUCS

porter ces mots : « Voici l'Agneau de Dieu. » Cf. Croix à la main.

Ce pourrait bien être aussi un emblème d'enrôlement à cause de sa prédication quf disposa les Juifs à recevoir l'Évangile; et à ce titre, de grands prédicateurs ont reçu le même attribut, mais surtout quand il s'agissait d'exhortations qui appelaient à la guerre sainte contre les ennemis de la foi. Tels sont, dans l'un et l'autre cas, saint Vincent Ferrier (Cf. Ailes, p. 26; etc.), saint Jean de Capistran, saint Jacques de la Marche (Cf. Auréole, p. 97 ; Nom de Jésus) , le Bx Léonard de Port- Maurice, le B* Laurent de Brindes (Cf. Armée, p. 71). Mais rectifions à ce propos une parole malencontreuse que la plume' trop rapide de M. A. de Lamartine a laissée tomber dans son Histoire de Turquie (édition du Constitutionnel, t. III, p. 290). Là, celui qu'on nomme « le lieutenant d'Huniade, l'aventurier italien Capistrano qui dirigeait la défense (de Belgrade), » est le franciscain saint Jean de Capistran, et non pas un officier de fortune ou quelque condottiere romagnol. Notre saint était fils d'un chevalier français venu en Italie avec Louis d'Anjou, au xive siècle, et marié près d'Aquila en Abruzze. 11 avait enseigné le droit à Pérouse, puis occupé de hautes fonctions judiciaires à Naples avant de prendre le froc. Son âge de soixante et onze ans n'était guère propre, d'ailleurs, à lui faire entreprendre si tard la carrière d'aventurier. C'était le pape qui l'avait envoyé pour exhorter les chrétiens, comme un missionnaire qu'il était.

Au même titre, et comme symbole de recrutement, le. drapeau désigne parfois les fondateurs d'ordres religieux : ainsi saint Ignace de Loyola, saint Félix de Valois, saint Pierre Nolasque, etc.

A plus forte raison , et comme marque de commandement ou de haute noblesse, ce signe (blasonné surtout) indique les princes; comme saint Louis roi de France,

SAINT WENCESLAS DE BOHÊME, SAINT FERDINAND DE CaSTILLE,

saint Léopold d'Autriche, etc. Mais nous en avons dit un mot sous le titre Bannière (p. 115, svv.).

On a même donné çà et là ce signe à saint Maximilien de Lorch (Cf. Armes, p. 72), parce qu'il passe pour avoir conduit son peuple contre les persécuteurs.

Bien n'empêcherait non plus de donner la même caractéristique à saint Millan (Emiland, Émilien), évêque de Nantes et honoré comme martyr. 11 conduisit jusque dans l'Autunois une expédition bretonne pour déloger les Sarrasins qui se répandaient dans la Bourgogne vers 726 ; et quoiqu'il y reçût la mort, il ne laissa pas de servir la cause des chrétiens. Les Bollandistes(AA.SS. Jim., t. V, p. 79-82) ont résumé sa légende; et la ville de Nantes a relevé sa mémoire tout récemment avec un certain éclat, en recevant ses reliques envoyées par l'évêque d'Autun. On peut voir le discours de monseigneur de Poitiers, prononcé à cette occasion, et la notice publiée par M. l'abbé A. Cahour (Nantes, 1859).

Du reste, comme il a été dit , cet article doit se compléter par celui qui porte en titre Bannière (p. 1lft, svv.).

Saint Jean de Capistra:].

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