EAU, FLEUVE, ETC
écrivains ecclésiastiques, il importe de le faire toucher au doigt par ceux-là mêmes qui seraient peu familiarisés avec
le langage des Pères et des docteurs.
Voici donc une petite pierre gravée (grandie dans le dessin, pour la rendre plus intelligible)1.
Déjà, sous le titre Agneau (p. 21), on a pu voir les quatre Évangélistes figurés par quatre petits ruisseaux qui s échappent d'une colline que surmonte l'Agneau divin. Ici nous avons quelque chose de semblable dans une colonne ou un palmier dont la base laisse échapper quatre filets d'eau indiquant à la fois le baptême, et la prédication évangélique qui doit y préparer les nations1. Comme l'ordre d'évangéliser tous les peuples et de leur porter le baptême est le testament de Jésus-Christ quittant la terre , si bien que l'Église en a fait l'évangile du jour de l'Ascension, il serait aisé de comprendre que les quatre fleuves du Paradis se montrassent quelquefois près de Notre-Seigneur montant au ciel. Mais j'avoue que ma mémoire ne m'en rappelle aucun exemple.
Saint Pierre, prince des apôtres. Tout le monde connaît, et les grands maîtres ont reproduit la scène de saint Pierre marchant sur les eaux à la rencontre de Notre- Seigneur3.
Saint Juvénal, évêque de Narki; 3 mai, v. 384. On le peint quelquefois marchant sur les eaux pour venir au secours de ceux qui l'imploraient dans le danger de naufrage *.
Saint Forannan évêque irlandais, puis moine et abbé de Vausor dans le pays de Namur; 30 avril, 982. On rapporte qu'il abandonna l'Irlande pour passer sur le continent, sans autre moyen de transport que deux pièces de bois disposées en forme de croix ".
Saint Sabin, évêque de Plaisance; 30 décembre, v. 390. Le Pô ayant inondé les terres de son église, le saint commanda au fleuve de rentrer dans son lit*. On dit qu'il fit jeter par son diacre , dans les eaux débordées, un ordre écrit de sa main pour qu'elles reprissent leur cours ordinaire; et il fut obéi. On ne doit pas le confondre avec saint Savin (ou Sabinus d'Assise) honoré le même jour.
Saint Romain, évêque de Rouen (Cf. Dragon, p. 317). H est parfois représenté avec sa croix archiépiscopale, sur les bords d'un fleuve, pour rappeler une inondation de la Seine qu'il arrêta au moyen du signe de la croix7.
Saint Grégoire le Thaumaturge, archevêque de Néocésarée dans le Pont; 17 novembre, v. 270. Son surnom exprime les merveilles sans nombre qui ont illustré sa mémoire. Le Bréviaire raconte en outre qu'il arrêta les dévastations du Lycus qui emportait ses bords. Le saint planta sur la rive son bâton, qui devint un arbre désormais respecté par les crues d'eau les plus furieuses.
Saint Gebhard, évêque de Constance. Cf. Église, p. 339; Tête de mort.
Saint Conrad, évêque de Constance (Cf. Araignée, p. 63). Marchant à pied sec sur le lac qui porte le nom de sa ville épiscopale 8.
Saint Malo (Maclovius, Machulus, etc.), premier évêque de la ville d'Aleth (aujourd'hui nommée Saint-Malo). Cf. Aveugles, p. 106. On le représente enfant, porté par une motte de terre qui flotte sur les eaux. Sa légende raconte que, disciple de saint Brandan, il était allé se promener sur les bords de la mer avec ses camarades d'enfance. S'étant endormi sur la grève, il fut enlevé par le flux avec le goémon qui lui servait de couchette. Naturellement ses compagnons revinrent sans lui, et saint Brandan se mit en prière pour obtenir de Dieu la conservation de cet enfant , sur qui il fondait de grandes espérances. Dieu lui fit connaître que l'enfant n'était pas perdu; et il fut ramené par le reflux sur cette petite île9.
Saint Paul (ou Pol) de Léon , évêque (Cf. Dragon, p. 317). Selon les récits bretons , il fit reculer la mer qui envahissait souvent le monastère de sa sœur10.
Puisque nous avons parlé de saints bretons , groupons