‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 537 sur 1339 · ÉDIFICES · texte numérisé non relu

ÉDIFICES

Saint Richard, premier évêque d'ANDi» dans la Pouillc; 9 juin, v. le commencement du vie siècle. On le trouve représenté bénissant de la droite sa ville épiscopale, qu'il tient sur la main gauche ; avec cette inscription :

« Urbem quant laeva suffulcis, dcxtra secundct. »

Il semble que les Italiens aient affectionné cette manière d'indiquer un patron , comme nous le verrons encore ailleurs ; car la ville de Crotone porte dans ses armes saint Denïs l'Aréopacite assis, et tenant de la droite sur son genou la cité dont il a été l'évoque, dit-on '. Les Crotoniates prétendent que saint Denys avant de se rendre en France, fonda leur évêché.

De même pour Saint Félicien, évêque de Foligno et martyr; 24 janvier, sous Dèce. On lui met à la main sa ville épiscopale qu'il présente à Dieu ; et l'on y joint parfois ces deux vers :

• Fulginiae curam ne ilesere, magne sacerdos; Feliciane. urbem protège, dive, tuam. »

Saint Pétrone, évêque de Bologne. Cf. Église sur la main, p. 337, sv.

Saint Lugi.e évêque irlandais, honoré comme martyr; 23 octobre, .premières années du vin' siècle. Tenant sur sa main une petite maison enflammée. Ce semble être le souvenir d'un incendie qu'il éteignit à ïérouanne en faisant lesigne de la croix2. Il évangélisa la ville de Boulogne, dit-on, avec son frère saint Luglien.Tous deux furent tués par des malfaiteurs près de Lillers,et sont honorés comme patrons à Montdidier. Saint Luglien passe pour avoir été un prince irlandais.

Saint Ansovinus (Ansvinus) , évêque de Camerino; 1 3 mars, v. 840. Bénissant une grange; parce que durant une famine ses serviteurs, ayant reçu l'ordre de donner du blé aux pauvres sans s'occuper de l'avenir, trouvèrent la grange remplie à nouveau après qu'ils l'avaient vidée 3. Dès lors, ils n'hésitèrent plus à suivre aveuglément les recommandations charitables du saint évêque.

Sur les monnaies de Camerino, le saint n'a d'autre attribut qu'une croix stationale.

Saint Hugues, évêque de Grenoble (Cf. Confessionnal, p. 249). On le voit se faisant montrer un plan de constructions, pour indiquer qu'il fut comme le fondateur de la grande Chartreuse.

Saint Galdin cardinal, archevêque de Milan; 18 avril, 1176. Il est représenté donnant des ordres pour l'achèvement ou la restauration d'églises et autres édifices. C'est qu'il eut à réparer les ravages causés par Frédéric Barberousse *. Je sais bien que les Milanais ont un peu

chargé la mémoire de ce rude empereur; car les antiquaires ne trouvent pas aujourd'hui qu'il ait précisément rasé toute la ville. Mais qu'il fût brutal dans ses vengeances, cela est incontestable ; et saint Galdin ne laissa pas de trouver bien des ruines dans son diocèse.

Saint Florian martyr, (Cf. Armes, armure, p. 77). Versant de l'eau avec une sorte de baquet sur des maisons en feu. Cela s'expliquera sous le titre Incendie.

Saint Winibald, abbé, etc. Cf. Église, etc.

Saint François d'Assise (Cf. Agneau, p. 23). Soutenant une église qui penche vers sa ruine. Comme le pape balançait avant d'approuver la règle des Frères Mineurs, il vit en songe la basilique de Latran qui semblait menacer de crouler; et saint François qui la contre-boutait de ses épaules. Il comprit que le nouvel Ordre était un secours que Dieu envoyait à son Église.

Le Bx Eusèbe, de Gran (Strigonia) ; 20 janvier, 1270. Conduisant les ermites de saint Paul à un monastère près duquel est plantée une grande croix. C'est une allusion au vocable de l'abbaye qu'il fonda pour les ermites de saint Paul, et qui portait le nom de Monasterium Sanctx Crucis de Pisilia. Cet Ordre, fondé en Hongrie, se répandit aussi en Pologne.

Saint Romuald ( Cf. Échelle, p. 328). Portant sur la main un petit monastère ou une cellule entourée de quelques arbres. Ce doit être une manière de faire entendre que la vie érémitique fait partie de l'institut des Camaldules.

Saint Venant, martyr (Cf. Armes, armure, p. 80; Fontaine). 11 porte souvent d'une main un étendard et de l'autre un petit plan de ville en relief. C'est la ville de Camerino dont il est le patron; aussi tàche-t-on d'y figurer d'une certaine façon l'aspect des principaux monuments, de manière à rendre ce relief un peu reconnaissable pour ceux qui connaissent le pays. C'est ainsi que lorsqu'on veut représenter Pise ou Bologne, on a soin d'y faire intervenir leurs tours penchées ; celle de Pise est ronde et complète, tandis que celle de Bologne (la Garisenda) est carrée et d'une médiocre hauteur, en sorte qu'elle se présente à peu près comme un ouvrage interrompu.

Saint Othon d'Ariano, ermite (Cf. Chaînes, p. 191). Une cellule près de lui sur le toit de laquelle est un faucon. Un seigneur du pays voulut en vain saisir son oiseau de chasse qui s'était posé sur la cellule du saint homme. L'animal prit son vol et fut en vain cherché pendant plusieurs jours. Le maître étant venu conter sa peine au saint, celui-ci lui indiqua où il retrouverait l'oiseau désormais docile à son appel \

Saint Deusdedit, cordonnier, dit-on (Cf. Cordonnier,

i. Cf. Ughelli, Italia sacra, éd. Coleti, t. IX, p. 379, 383. 2. AA. SS. Octobr., t. X, p. 120; et dans une prose [ibitlem, p. 113):

■ Ilorum prece liberatur Ab igné quo cromauatur

Mcrinorum civitas. »

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