AA. SS. Januar., t. II, p
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peut passer pour le fondateur de plusieurs églises, ayant eu à relever bien des ruines laissées par les barbares lorsqu'il fut nommé évêque en 430 l. Mais je serais porté à croire aussi qu'on le voulut indiquer par là comme le patron actuel de la cathédrale, ou même de la ville. Car souvent la petite église qu'il supporte est accompagnée de la Garisenda (tour penchée carrée). Il y a donc lieu de penser que c'est le plan en relief de la ville réduite, avec ses caractères les plus saillants: la cathédrale et la célèbre tour.
Saint Amand, évêque de Maestricht (Cf. Dragon, p. 31; Serpent, etc.). Il semble avoirété d'abord évêque sans siège, et prêcha la foi en divers lieux. Revenu à ce ministère, même après avoir abdiqué le siège de Maestricht, il fonda de nombreuses églises en Belgique ; particulièrement à Gand , à Marchiennes , à Leuse, etc. Cependant il est probable que l'église qu'on lui fait porter indique surtout l'abbaye qui lui doit son origine , et qui ayant pris son nom dans la suite, devint le noyau d'une ville.
Saint Vitalien, évêque de Capoue; 16 juillet, vne siècle. Calomnié par ses ennemis, il abdiqua l'épiscopat et alla finir ses jours dans une église qu'il avait bâtie en l'honneur de la très-sainte Vierge*. Je soupçonne pourtant qu'en lui mettant une église sur la main , on aura surtout voulu exprimer qu'il est le patron de Catanzaro.
Saint Nicolas, évêque de Myre (Cf. Aumône, p. 92; Cuve, Enfants, Vaisseau, etc.). On ne le voit pas souvent porter une église; mais quand cela se rencontre, il est probable qu'on a prétendu exprimer ainsi son célèbre patronage dans l'église de Bari où ses reliques avaient été déposées et attiraient quantité de pèlerins.
Saint Perpet (Perpeluus), évêque de Tours ; 8 avril, 491. Il fit élever la fameuse basilique de Saint-Martin, et en mourant laissa ses biens aux églises de son diocèse 3.
Saint Prosdocime, premier évêque de Padoue; 7 novembre, fin du ier siècle. Sur les monnaies de Padoue il bénit, et porte une église : sans doute comme patron de la ville,
aulant que comme fondateur des premières chrétientés du pays. Du reste, il est considéré comme ayant été sacré évêque par saint Pierre *.
Saint Dauphin (Delfin, Delphinus), évêque de Bordeaux; 24 décembre, 403. Il passe pour avoir pris un soin tout particulier de l'ornement des églises; mais il se peut que la caractéristique qu'on lui donne signifie surtout son zèle à défendre l'Église contre l'hérésie des priscillianistes \
Saint Séverin , évêque de Cologne (Cf. Anges, p. 36). Peut-être a-t-on voulu dire, en lui mettant une église sur la main, non-seulement qu'une basilique lui était due, mais qu'il avait relevé l'Église (la chrétienté) de Cologne après les invasions des barbares germaniques6 et les ravages causés par l'hérésie sous son prédécesseur. Du reste, il passe pour avoir bâti en l'honneur des saints Corneille et Cyprien une église qui prit ensuite son nom7.
Saint Woli'gang, évêque de Ratisbonne (Cf. Démon, p. 307). Il prêcha et fonda des églises dans la Pannonie et dans le Norique ; mais devenu évêque de Ratisbonne, il se retira dans les montagnes pour y vivre en ermite. On y a longtemps visité une petite église qu'il avait bâtie de sa main dans cette solitude8.
Saint Florent, évêque de Strasbourg ; 7 novembre, 693. Venu d'Irlande, et fils d'un prince (dit-on), il s'était d'abord établi dans les Vosges, sous le règne de Dagobert II, et y avait fondé Haslach. Mais nommé évêque de Strasbourg, il devint comme l'apôtre de l'Alsace, fondant et dédiant de nombreuses églises. On lui attribue entre autres l'abbaye de Saint-Thomas à Strasbourg , dont les protestants se sont emparés pour y former une sorte de chapitre laïque. Il est aussi l'un des saints qui pourraient être représentés sur un âne. C'est que Dagobert lui ayant envoyé un, cheval , avec prière de se rendre au palais, le saint ne voulut point d'autre monture que son âne, et son humilité fut récompensée par des miracles'.
\. Cf. Melloni, Atli... degli uomini illuslri in santild...inDologna, 1. 1, p. 300, sgg.