EMBRASSEMENT
Saint Joachim et sainte Anne se rencontrant, et s'embrassant devant la porte Dorée. Quelquefois un ange les y accompagne.
C'était jadis la manière d'exprimer la conception de la sainte Vierge, et M. Arthur Forgeais en a publié plusieurs exemples *. Celui que je mets sous les yeux du lecteur provient de la corporation des tonneliers.
On peut voir dans la Légende dorée 3 le vieux récit de l'exil que s'étaient imposé saint Joachim et sainte Anne après que leur stérilité leur fut reprochée publiquement
dans le temple comme un opprobre (Cf. Agneau, p. 22). Selon les Évangiles apocryphes, un ange apparut à chacun d'eux dans la retraite où ils s'étaient isolés, et leur dit de retourner à Jérusalem. Pour preuve que Dieu voulait désormais bénir leur union, ils devaient se rencontrer sous la porte Dorée *. Quelques monuments de la fin du moyen âge ajoutent même à cette petite scène un lis qui a sa racine sur les lèvres des deux époux; et parfois la fleur qui couronne la tige porte un buste de la Mère de Dieu.
Outre cela, M. P. Durand m'a fait connaître le croquis d'un charmant tableau grec où l'on voit la très-sainte Vierge dans son enfance caressée et embrassée par saint Joachim et sainte Anne.
Saint Jean l'Évangéliste (Cf. Calice, p. 172). On l'a représenté quelquefois sautant au cou du jeune homme qu'il avait recommandé à un évêque, et qui s'était fait brigand. Le saint vieillard voulut aller dans la montagne chercher sa brebis perdue, et la ramena, dit-on, si bien à Dieu par sa bonté, qu'il l'éleva plus tard à l'épiscopat. Le fait se retrouve dans la Légende dorée 5 d'après les vieux auteurs.
Saint Léon II pape, embrassant un pauvre, Cf. Mendiants.
Saint Jacques le Majeur (Cf. Coquille, p. 252 ; etc.), embrassant au moment de mourir celui qui l'avait conduit au supplice. 11 le baptisa, et tous deux furent décapités ensemble °.
Saint Pierre évêque d'Alexandrie et martyr (Cf. Apparitions de Notre-Seigncur , p. 53). Avant de livrer sa tète an glaive il voulut embrasser le bourreau qui allait le décapiter. On ajoute qu'après la décollation , son corps resta droit quelque temps, comme si le saint eût continué à prier pour ses persécuteurs.
Saint Ubalde, évêque de Gubbio; 16 mai, 1160. Embrassant un homme du peuple qui s'est jeté à ses genoux. Un maçon repris par le saint évêque le poussa brutalement dans une fosse pleine de mortier; et comme le peuple indigné de ce grossier traitement voulait faire payer à l'ouvrier son insolence, saint Ubalde tira de danger celui qui l'avait insulté d'une façon si indigne. 11 l'emmona dans son palais, voulant lui-même, disait-il, en
. 1. Itader, Havaria sancta, t. II.
2. l'iombs historiés, t. 1 (1802, Corporations de méiicrs), p. 131), 138,130, 134, 130, 128.