EMPEREURS
Qu'il s'agisse ou non d'un empereur canonisé, ici peut revenir ce qui a été dit de la couronne impériale (Cf. Couronne, p. 265, sv.). Souvent on a donné aux empereurs, du moyen âge surtout, le gldbe surmonté d'une croix. C'est pour rappeler les textes du droit romain où les Césars se déclarent maîtres du monde*. Mais nous n'avons évidemment pas à rechercher les insignes archéologiques de la dignité impériale qui peuvent convenir à diverses époques; les artistes ne s'en sont pas toujours mis en peine, et nous donnons des explications pour les monuments existants plutôt que des principes pour ceux qu'il s'agirait d'exécuter à l'avenir. Si l'artiste était du moyen âge , il aura représenté de son mieux ce qui lui semblait la pratique contemporaine. Si l'œuvre estpostérieure à la renaissance, la fantaisie quelconque s'y sera mêlée avec une certaine connaissance d'archéologie puisée n'importe à quelle source. Aussi à cette époque les empereurs du xie siècle prendront des airs de Césars à la façon des médailles, tout comme les Césars romains revêtaient au moyen âge les airs de saint Henri II ou de Frédéric Barberousse. Si les peintres ou les sculpteurs sont byzantins, ce sera le costume et les insignes usités à Constantinople vers le même temps.
Le globe impérial, c'est-à-dire surmonté d'une croix, était beaucoup mieux placé dans la main de Notre-Seigneur ou du Père éternel; mais enfin le moyen âge y voyait une indication de la dignité impériale, de
sorte qu'il est bon d'en tenir compte dans la pratique.
Constantin le Grand, que les Grecs honorent comme saint*, est souvent représenté avec sa mère sainte Hélène.
Saint Ambroise, évêque de Milan (Cf. Abeilles, p. 19, sv.), arrêtant devant l'église l'empereur Théodose pour lui interdire l'assistance à l'office s'il ne faisait pénitence des rigueurs funestes qui avaient amené le massacre de Thessalonique*.
Saint Tiiaiiaise (oul'araise, Tarasius), patriarche de Constantinople; 25 février, 806. On l'a quelquefois représenté apparaissant en songe à Léon l'Arménien et donnant l'ordre de le tuer. Ce songe se vérifia bientôt par la mort de l'impie Léon, qui fut remplacé sur le trône par son assassin Michel le Bègue.
On pourrait bien du reste peindre saint Tharaise adressant des reproches à Constantin VI, dont il blâma plus d'une fois les désordres.
Saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne (Cf. Démon, p. 307; Église sur la main, etc.). On le voit assez [fréquemment ayant près de lui un enfant qui porte la couronne impériale. Vénéré par Henri de Bavière , le saint fut chargé par lui de présider à l'éducation de ses quatre enfants : Bruno depuis évêque d'Augsbourg, saint Henri qui fut plus tard élu empereur, Gisèle qui épousa le roi de Hongrie, et Brigitte qui mourut abbesse à Ratisbonne. Saint Wolfgang les appelait souvent, par une sorte de plaisanterie prophétique : l'évêque, l'empereur , la reine et l'abbesse B.
Saint Gunther (Gunlharius, etc.), évêque de Ratisbonne; 31 décembre, 938. On le peint, simple moine, présentant un soulier à l'empereur Othon le Grand. Cf. Soulier.
S. Lucien d'Antioche, prêtre et martyr; 7 janvier, 312. On raconte que l'empereur Maximin.qui l'avait fait saisir, craignant l'air vénérable et l'éclat extraordinaire de son visage, ne voulut l'admettre en sa présence qu'en faisant tendre un voile devant lui6.
Saint Chrysogone, martyr; 2/i novembre, sous Dioclétien. Mandé par l'empereur, il protesta devant lui ne vouloir servir que le Dieu suprême. 11 fut décapité, et l'on jeta son corps à la mer. On lui donne quelquefois des vêtements de grand seigneur, parce que Dioclétien promettait de l'élever en dignité s'il renonçait à Jésus- Christ 7.
Saint Jean anachorète, en Egypte; 27 mars, 39/|. Il
i. Surins, 4 novcmbr., $ 3. — Ungaricœ sanctitatis indicia, n° 3.
2. In 1. .IX, $ 4, ad 1. Rhod. Et puis il y avait au moyen âge ce vers léonin passé à l'état d'axiome (pour l'Italie et l'Allemagne ) :
« Homa ctput mundi régit orbis fra-na rotundi. »
3. Cf. C. Cavedoni, Antiche stauroteche..., ap. Memorie di religione... (di Modena), série III, vol. V (18i7 ), p. 50.
Brautii Martyrol. poeticum, 21 maii :
* Jure colunt Constantinum sacra teropla beatum,
Per quem stat toto cultus in orbe sacer. »
4. Cf. Souvenirs de l'ancienne Église d'Afrique, p. 3*2, sv.— Labus, Fasti délia Chiesa, 4 di aprile.