ENCLUME. — ENCRIER
tique dans le Lyonnais, il avait été forgeron en Forez où une petite ville porte encore son nom *.
Saint Adrien, martyr; h mars et 8 septembre, 290. Rien dans sa vie n'a que faire avec le métier de forgeron,
et il n'est pas môme sûr que l'enclume ait servi -à son supplice. 11 était officier supérieur dans l'armée romaine au temps de Maximien Galère ; et pour avoir confessé Jésus-Christ, il eut les membres brisés. Le moyen âge semble avoir supposé généralement que ce fut sur une
enclume, et au moyen d'un marteau ; bien que ce pût être avec une barre de fer sans autre appareil, ou sur un billot. On place quelquefois près de lui un lion, par où je crois que l'on a prétendu symboliser la magnanimité*. Certes la mort de ce saint fut rude; et soit à raison de sa force d'âme, soit à cause du supplice de la roue fort analogue au sien (crurifragium) , les bourreaux l'avaient pris pour patron. Cependant plus d'un autre martyr aurait pu être caractérisé par le lion , à aussi bon droit. Cette vigueur exceptionnelle dont la pensée paraît avoir suggéré un emblème spécial, me semble se rapporter surtout à sainte Natalie, femme de saint Adrien. Celle-ci, en animant son mari au martyre, et le soutenant dans ses premières épreuves, avait déjà mérité de lui ce témoignage : « Tu es une femme bénie, qui sais prendre à cœur les vrais intérêts de ton époux et l'aimer comme il le faut. » Mais quand il fut question de la dernière torture, Natalie sollicita pour son mari la faveur de souffrir le premier, de peur que la vue des souffrances endurées par ses vingt-trois compagnons ne vînt à ébranler son cœur. L'ayant obtenu , elle étendit elle-même les jambes du «aint pour qu'elle? fussent brisées par les bourreaux ; après quoi elle lui dit : « Pendant que tu respires encore, serviteur de Dieu, donne ta main aussi pour être digne de celui qui nous a précédés dans la voie des souffrances. » 11 le fit, et mourut ainsi sous les yeux de sa femme qui ne manqua pas de dérober une main du martyr pour la conserver précieusement.
Par une sorte de confraternité avec les bourreaux, les geôliers avaient pris aussi saint Adrien pour leur patron ; et c'est ce qui fait qu'on le voit çà et là représenté avec des clefs, comme allusion à ce patronage.
Plusieurs fois aussi saint Adrien porte une épée; parce que, après lui avoir brisé les os, on lui trancha les extrémités des membres. Mais une hache rappellerait tout aussi bien ce supplice.