‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 565 sur 1339 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

1° Enfant Jésus.

Ce qui se rapporte à ce titre a déjà figuré précédemment sous le mot Apparition (p. 55, svv.) , etc. ; car il n'est sûrement pas besoin de signaler ici saint Joseph, la tres-sainte Vierge, le saint vieillard Siméon et' sainte Anne peut-être, qui ont porté Notre-Seigneur enfant pendant sa vie mortelle. Souvent, surtout depuis la Renaissance, on a peint le petit saint Jean-Baptiste avec Notre-Seigneur enfant; mais je ne puis réussir à trouver cela sérieux. Nous rappellerons pourtant saint Christophe (Cf. Arbre, p. 65; etc.), parce qu'on pourrait rencontrer quelques représentations où l'enfant qu'il porte sur son épaule ne serait pas trèsclairement caractérisé comme une apparition miraculeuse. Le petit monument que nous en présentons a été publié par M. Forgeais, dans les plombs des corporations de métiers '. Mais ce sujet sera plus amplement traité sous le titre Géant.

2° Enfants saints.

Il est peut-être bon de rappeler ce que nous avons dit sous le titre Ame (p. 29), de la petite figure nue que Ton voit sortir de la bouche des mourants dans des milliers de monuments exécutés durant le moyen âge. bien des fois aussi cette petite figure est isolée de façon à devenir moins intelligible.

Ce sera, par exemple, l'âme d'un saint qui est introduite au ciel par les anges, ou plusieurs âmes justes reposant dans le giron d'Abraham, etc. Ailleurs^ et il ne me semble guère l'avoir vu plus d'une fois , un saint porte son âme debout sur sa main étendue devant Dieu ; ce qui veut dire, avec le Psalmiste % : « Mon âme est toujours entre mes mains et je n'ai pas perdu de vue votre loi. »

Après ces observations, l'on risquera moins de con-

fondre la représentation d'une âme avec la ligure d'un saint enfant.

Donnons place d'abord aux saints Innocents, qui ont été les premiers martyrs du Nouveau Testament ; et faisons observer qu'entre les mains des soldats qui les massacrent , un regard inattentif ou inexpérimenté peut les confondre avec le jugement de Salomon (III Reg. m, 16- 28) cherchant à reconnaître la vraie mère entre les deux femmes qui se disputent un enfant vivant.

Donnons-en au moins un exemple, si rude qu'il soit, d'après les portes de la cathédrale du Puy exécutées au xi« siècle. J'emploie un dessin fait pour M. Adrien de Longperrier, lorsquil y a vingt ans, une notice de lui signalait l'usage des caractères arabes (tracés ou imités à peu près) dans les monuments occidentaux » ; surtout comme bordure, à l'imitation des caractères coufiques. Pour nous, c'est la scène empruntée à l'Évangile qui appelle ici notre attention.

L'inscription latine tracée au-dessus et au-dessous des deux tableaux, et relative aux mages, dit :

« Maetat, ab uberibus raptos, sine lege tyrannus. Pande, Sion, puerum cujus jam vidimus astrum. »

Les portes étant destinées à être peintes, le sculpteur pouvait se contenter de tracer une silhouette brusque avec très-peu de relief. Du reste on ne voit pas ici le soldat tenant un enfant par un pied comme pour le fendre en deux parties égales, ce qui rappellerait davantage le jugement de Salomon.

Quoique le moyen âge et l'antiquité chrétienne aient honoré beaucoup les sept frères martyrs qu'on appelle communément les sept Machabées *, je ne me souviens pas que la mort de ces glorieux enfants et de leur généreuse mère ait occupé les anciens artistes. Que si l'on en rencontre la représentation, le récit tracé par l'Écriture sainte pourra servir à les faire reconnaître.

L'Église a vu se reproduire plus d'une fois dans son sein l'héroïsme de cette mère et de sa famille; mais

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