‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 570 sur 1339 · Cf. Orsi, Istoria ecclesiastica, t. II, p. 97, sgg · texte numérisé non relu

Cf. Orsi, Istoria ecclesiastica, t. II, p. 97, sgg

SAINTS AVEC DES ENFANTS

petit enfant qui tient une palme ; et parfois, pour mettre le spectateur sur la trace d'un de leurs noms, sainte Palladie est distinguée par un bouclier qui rappelle apparemment Pallas (ou Bellone) de l'antiquité classique'.

Sainte Sophie avec ses trois filles Foi, Espérance ei Charité*; 1 août, v. 120. Ces noms étranges au premier coup d'œil, et qui pourraient faire supposer une intention symbolique , s'expliquent pourtant sans trop de peine. Notre-Seigneur Jésus-Christ , qui est la Sagesse éternelle incarnée3, étant désigné bien des fois dans l'Écriture sainte sous le nom de Sophia (Sapientia), il n'est pas malaisé de comprendre qu'une mère ainsi nommée ait eu l'idée de désigner ses trois filles par le nom des vertus théologales que le Saint-Esprit met dans le cœur des chrétiens. Quoi qu'il en soit, ces trois jeunes filles paraissent avoir été décapitées sous Adrien dans un âge encore tendre, puisqu'on ne donne guère que douze ans à l'aînée. La sainte mère, après avoir pieusement recueilli les corps de ses trois enfants, mourut près de leur tombeau 4. Aussi ne faut-il pas confondre l'une de ces filles avec sainte Foi d'Agen, qui mourut martyre et dont le culte s'est répandu bien au delà de sa patrie.

Sainte Prisque, vierge et martyre (Cf. Aigle, p. 25; Épêe, etc.), sainte Agathe (Cf. Ciseaux, p. 22/i; etc.), et sainte Agnès (Cf. Agneau, p. 23, sv.; etc.). paraissent avoir souffert le martyre à l'âge de treize ou quatorze ans; et par conséquent, peuvent figurer parmi les enfants saints.

Sainte Paule, veuve; 26 janvier, /|04. Visitant, avec sa fille sainte Eustochium , les saints lieux de la Palestine et particulièrement Bethléem. Elle s'y bâtit une cabane et fit construire un hospice pour les pèlerins de Jérusalem. Saint Jérôme, témoin de ses vertus, s'est chargé de les transmettre à la postérité.

3° Saints représentes avec des enfants.

Abraham conduisant son fils Isaac pour le sacrifier 5. Le patriarche, dans cette circonstance, porte ordinairement un couteau et du feu (Cf. Encensoir, p. 346, sv.; etc),

et son fils est chargé du bois, que le moyen âge figure volontiers par une espèce de croix r'.

En outre, on le voit souvent portant en son giron de petites figurines dont il sera question à l'article Jugement dernier.

Les prophètes Eue et Elisée. Lorsque l'on représente l'un d'eux ressuscitant un enfant, il est facile de les confondre, parce que l'ensemble de l'une et l'autre scène n'a rien qui aide à les distinguer bien clairement7. La plupart du temps on voit l'homme de Dieu près de monter sur le lit où le petit cadavre est étendu '.

Le prophète Elisée se voit aussi au moment où des enfants l'insultent comme il se rendait à Béthel, et l'on aperçoit alors deux ours qui viennent les mettre en pièces9.

Saint Nicolas, évoque de Myre (Cf. Aumône, p. 92; Cuve, etc.). On a déjà vu la célèbre légende des trois petits enfants ressuscites par le saint homme, à ce que dit la tradition populaire. Ce récit ne remonte pas bien haut, ce semble; et, comme je l'ai dit, je le soupçonne d'être un rajeunissement de l'histoire des trois officiers arrachés au dernier supplice que Constantin voulait leur faire subir10. Au fond, l'histoire des petits enfants sortant du saloir est beaucoup plus répandue dans l'Occident que chez les Grecs, qui honorent toutefois le grand évêque de Myre d'une façon toute particulière.

La représentation de ce prodige que nous donnons ici forme l'une des faces d'un plomb historié'1 émis par quelque confrérie parisienne.

Ailleurs on voit saint Nicolas ramenant à des parents leur fils qu'ils croyaient noyé. Ce serait tout un récit à faire ; mais comme on n'en trouve pas souvent la reprétation isolée, contentons-nous d'en avoir dit un motet de citer l'endroit où nous l'avons exposé ailleurs ".

Saint Blaise, évêque et martyr (Cf. Carde, p. 178; Chandelier, etc.). Il a souvent été peint touchant le cou du petit

1. A vrai dire, cela se trouve dans quelques gravures, mai» les principaux hagiographes n'en font à peu près nulle mention. Cf. Menolog. grœc.,1. III, p. 111. — AA. SS. Mali, t. V, p. 435, sqq.

2. Menolog. grœr., t. I, p. 40. Quoique sainte Sophie fût italienne, les Grecs ont traduit les noms de ses trois filles par les mots Pistis, Elpis, et Agape. Il se pourrait bien d'ailleurs que, même dans une famille italienne, elles eussent reçu (aussi bien que leur mèrc| des noms tirés de la langue grecque, qui était connue de toutes les personnes instruites.

3. Le mot Sophia, dont l'abus a été fréquent chez les giiostique*, n'appartient pas moins au vrai langage de l'Ancien Testament et du Nouveau. Mais l'Église latine s'en est servi beaucoup plus modérément, depuis que les hétérodoxes en avaient fait comme un mot de passe. L'Église grecque s'y est tenue davantage, et je ne saurais l'en féliciter. Cf. Mélanges d'Archéologie, t. I, p. 127-149.

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