ÉQUERRE
Il y aurait fort à dire pour développer dignement ce langage de l'Écriture sainte qui nous montre l'Église, c'est-à-dire tous les fidèles , comme formant un temple ou un palais dont la pierre angulaire est Jésus-Christ3. Les patriarches et les prophètes, avec les apôtres, en forment les assises fondamentales * ; sur quoi doivent s'adapter tous les autres matériaux vivants, se prêtant chacun de son mieux au plan divin pour l'unité et la solidité de tout l'édifice s. Mais les apôtres sont aussi les architectes , ou du moins les maîtres ouvriers de cette construction ; et ce symbolisme semble avoir dicté l'ancienne légende de saint Thomas apôtre (Cf. Édifices, p. 331). Aussi était-il jadis le patron des tailleurs de pierre, et ce sont eux qui signent son vitrail à la cathédrale de Bourges8. En conséquence on lui mettait volontiers en
main, soit une règle et une éqnerre, soit l'une ou l'autre. Cependant l'équerre est surtout donnée à ceux des apôtres dont le genre de mort est mal précise ou sans caractère saillant; de la sorte on s'épargne l'embarras de leur attribuer un instrument de martyre qui prêterait à controverse, et ne déterminerait pas bien le personnage. Tels sont, ça et là, saint Jacques le Mineur, saint Jude (ou Thaddée), mais surtout saint Matthieu; ce dernier, apparemment pour avoir cumulé les titres d'apôtre et d'évangéliste, sans toutefois atteindre au rang élevé que saint Jean (le Théologien, comme disent les Grecs) a toujours tenu dans l'Église.
ERMITES
On a vu aux mots Cabane , Chapelet , Bâton , etc. , que les solitaires peuvent être plus ou moins caractérisés par quelqu'un de ces attributs généraux. Pour marquer l'isolement et le dénûment des ermites, on les peint aussi agenouillés devant une croix grossière formée de branchages assemblés sans art. La barbe et la chevelure incultes annoncent aussi leur séparation du monde , et plusieurs artistes ont imaginé de faire songer à leur abstinence en plaçant près d'eux des racines (raves, etc.) qui indiquent la frugale nourriture de gens étrangers à toutes les aises de la vie. Quelquefois on fait intervenir dans le paysage, des animaux farouches ou venimeux. Ce n'est pas seulement une désignation de lieux peu fréquentés par les hommes, on y aura cherché quelque allusion à ce que dit l'Évangile en parlant du désert où Noire-Seigneur passa quarante jours '.D'autres signes généraux se comprendront sans que je les énumère tous, si le peintre a pris soin de consulter le bon sens, qui ne doit jamais être séparé de l'art. C'est ainsi qu'on leur