‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 612 sur 1339 · Vitt des saints île la Bretagne, p · texte numérisé non relu

Vitt des saints île la Bretagne, p

ERMITES

ou portant un pauvre lépreux, qui se trouva Être Notre- Seigneur Jésus-Christ lui-même1.

Saint Patrocle, ermite en Berry. Cf. Croix à la main, p. 283. A vrai dire, quand les artistes lui ont mis en main cette croix dont nous avons parlé ailleurs, c'était une allusion à un fait de sa vie, plutôt qu'une représentation où l'on se piquât d'exactitude matérielle.

Saint Fiacre, ermite en Brie (Cf. Bêche, p. 129; etc.). On le peint souvent au milieu des plates-bandes d'un potager. Mais une représentation qui était jadis fort populaire doit être rappelée ici, parce qu'elle explique pourquoi le saint était invoqué contre les hémorroïdes, qui avaient reçu par suite de cela le nom de mal Saint-Fiacre. D'après la légende, l'homme de Dieu, mandé par l'évêque de Meaux (saint Faron) auquel il avait été déféré comme magicien, attendait qu'on l'introduisit. Il s'assit à la porte sur une pierre qui servait de banc, et qui sembla s'amollir sous lui; en sorte qu'elle en conserva l'empreinte. Les malades allaient s'y asseoir pour obtenir la guérison. C'est pourquoi l'on voit souvent le saint assis sur cette pierre, d'un air triste ; parce que saint Faron paraissait lui retirer sa confiance.

Saint Vulmbr (ou Wilmer), abbé de Samer près de Boulogne (Cf. Arbre, p. 67). 11 s'était initié à la vie religieuse dans l'abbaye de Hautmont près de la Sambre ; et devenu prêtre, il alla vivre dans une forêt sans aucune ressource. Des disciples voulurent partager sa retraite. Comme des gens charitables lui apportaient quelquefois de quoi vivre, il imagina de suspendre près de sa cellule une planchette accompagnée d'un petit maillet. De cette façon, au.lieu de cris d'appel qui auraient troublé le recueillement de ses moines, on n'avait qu'à s'annoncer par la percussion de cette espèce de cloche économique'.

Saint Wendeun (Cf. Berger, p. 134). H .est ordinairement représenté au milieu de ses troupeaux, parmi lesquels il se forma de bonne heure à une vie de prière, avec l'aide de Dieu.

Saint Saloiion (Solomon, ou Salamon),roi de Hongrie; 28 septembre, v. 1080. Sauvé de la mort dans une bataille, après avoir été prisonnier quelque temps chez ses ennemis, il alla vivre en solitaire dans l'Istrie. C'est ce qui fait que près de lui on place des armes et une couronne, pour indiquer la profession et les honneurs qu'il avait quittés.

Saint Utho solitaire, puis abbé de Metten; 3 octobre, v. 828. Charlemagne, qui le trouva dans la forêt en chassant, lui donna des terres pour construire une abbaye' (Cf. Baptême, saint Gamelbert, p. 119).

Saint Robert de la Chaise-Dieu. Cf. Construction, p. 250.

Saint Gualfard (Cf. Cercueil, p. 182). On peint quelquefois près de lui une barque qui traverse l'Adige; parce qu'il s'était retiré sur les bords de ce fleuve pour y vivre inconnu. Il y fut découvert par des gens qui naviguaient sur la rivière. A cette occasion, ramené à Vérone, il résida désormais près d'une église de cette ville. Dans son ermitage, il porte communément une sorte d'armure, ou cotte de mailles qui lui servait comme decilice.

Saint Venant d'Artois (Cf. Êpèe, p. 369). L'épée qu'on lui donne pourrait bien indiquer non-seulement sa mort violente, mais la profession militaire (noblesse) qu'il avait quittée4.

Saint Ephrem, docteur de l'Église; 1 février, v. 374. (Cf. Costume ecclésiastique, p. 262). On l'appelle souvent Ephrem le Syrien, quoiqu'il fût né en Mésopotamie, et qu'il ait habité assez longtemps Édesse; mais il écrivait en langue syriaque. 11 avait débuté par passer plusieurs années dans la solitude, où il fut le compagnon et l'ami de saint Abraham de Chidane dont il a raconté la vie.

Saint Gui de Ravenne, abbé de Pomposa; 31 mars ou 2 avril, 1046. 11 s'étaitmis d'abord.sous la conduite d'un solitaire nommé Martin (ou Marin) qui vivait près de Ravenne \ Aussi peint-on quelquefois ces deux solitaires réunis, et s' entretenant ensemble. Devenu abbé de Pomposa, il eut son propre père et son frère sous sa conduite.

Saint Hospice, reclus (Cf. Chaînes, p. 191).

Saint Guthlac (Cf. Anges, p. 40; etc.) prêtre, anachorète en Angleterre dans l'île de Croyland. 11 eut à soutenir dans son ermitage, de rudes assauts contre l'enfer. Les anges l'assistèrent contre ces ennemis de Dieu ; et l'on raconte qu'il y fut aussi encouragé par saint Barthélemi envers lequel il professait un culte spécial*. Au milieu de ses épreuves, et dans son isolement presque farouche, il était si endurant pour les animaux que les oiseaux se réunissaient volontiers autour de lui, et nichaient comme par préférence dans son voisinage. Saint Wilfrid, qui l'avait visité dans son désert, est parfois représenté s'entretenant avec notre ermite.

Saint Gunther moine de Niederaltaich , et solitaire; 9 octobre, 1045. Communié par un évoque à ses derniers moments. Lié de parenté avec plusieurs princes d'Allemagne, il ne se contenta pas de prendre l'habit monastique sous la règle de Saint-Benoit; le désir de n'être en relations qu'avec Dieu lui fit demander l'autorisation d'aller vivre dans le Nordwald, sur les confins de la Bavière et de la Bohême. La mort l'atteignit à Dobrawoda, l'une des stations de sa vie anachorétique qui avait duré

1. Vin des saints de la Bretagne, p. 030. — Cf. AA. SS. Octobr., t. VIII, p. *74, sqq.i «9, etc.

i. Surit», 30 Jul. — Je croii que ce moyen d'appel est encore employée par les soldats sur les frontières militaires d'Autriche.

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