‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 615 sur 1339 · Theodoret., De vitis PP., lib. IX, cap. ut · texte numérisé non relu

Theodoret., De vitis PP., lib. IX, cap. ut

ERMITES

barbares. Comme nous l'avons dit, nulle caractéristique bien nette ne le distingue entre les autres solitaires; mais on pourrait le peindre versant des larmes, parce que c'était un don qu'il avait reçu du Ciel ; ou enfoncé opiniâtrement dans la lecture et la méditation, malgré les visites1 qu'on prétendait lui faire, car il était intraitable sur ce point. Le graveur flamand des Monumenta... anachoretarum aura sans doute dirigé son burin d'après quelque inspiration malicieuse, quand il représente S. Arsène croisant les jambes durant sa lecture. On raconte en effet que le saint avait pris cette habitude d'homme sans gêne à la cour byzantine; et que l'abbé imagina de le réprimander indirectement sur ce défaut de modestie, en faisant imiter l'attitude d'Arsène par un autre moine. Le saint se reconnut dans la correction publique donnée à son compagnon.

Saint Caluppan, prêtre et ermite. Cf. Caverne, p. 179.

Saint Gall, abbé (Cf. Aumône, p. 93; Ours). On lui donne quelquefois un bourdon de pèlerin, pour indiquer ses longs voyages depuis l'Irlande jusqu'en Suisse1.

Saint Aimé solitaire, puis abbé de Remiremont (Cf. Argent, p. 68; Corbeau). On le peint aussi arrêtant par sa prière la chute d'un rocher que le diable, dit-on, voulait précipiter sur lui.

Saint Gilles, solitaire et abbé. Cf. Cerf, p. 186, sv.; Saints auxiliaires, etc.

Saint Ivan, ermite en Bohême (Cf. Cheval, p. 212). Comme il passe pour le fils d'un prince dalmate, une couronne près de lui indique parfois sa haute naissance. Des diables qui l'entourent annoncent aussi les assauts qu'il eut à repousser dans sa retraite, où l'enfer ne le laissa pas en paix.

Saint Siméon, reclus a Trêves; 1 juin, 1035. Né en Sicile, il fit ses études à Constantinople ; et la piété le conduisit dans la Palestine. Là, disciple d'abord d'un solitaire, puis moine à Bethléem et près du Sinaî, on l'en<voya en Occident où il mourut dans une tour qui lui servait d'ermitage sur une porte de Trêves. On pourrait donc, ce semble, lui donner les insignes de pèlerin; quoique les artistes ne semblent pas avoir adopté ce parti.

Saint Zoêrard. Cf. Arbre, p. 68.

Les saints Romain etLupicw (Cf. Démon, p. 310). Le second ne doit pas être confondu avec un saint reclus du même nom, qui est indiqué par saint Grégoire de Tours comme ayant porté longtemps une lourde pierre sur ses épaules*.

Saint Dominique l'encuirassé (Cf. Armes, Armure, p. 74). On lui met ordinairement en main une discipline, pour le motif que nous avons indiqué ci-dessus.

Saint BnuNO, instituteur des Chartreux (Cf. Branche d'arbre, p. 146). Les Chartreux, comme plusieurs Camal-

dulcs, unissent à la fois la vie solitaire et la vie commune, à la façon des anciens Pères du désert que nous appelons Cénobites pour les distinguer des ermites proprement dits; mais leur fondateur avait tant de goût pour le silence et la solitude complète, qu'il se retira dans la Calabre après avoir quitté Rome où le pape Urbain II l'avait appelé. Dans cet isolement absolu, il ne demandait qu'à être oublié de tout le monde, lorsque le comte Roger le découvrit en chassant dans la forêt.

Saint Guillaume de Gellone (Cf. Armes, Armure, p. 74). Je ne me souviens pas de l'avoir vu représenté avec le cornet (olifant) qui s'est conservé dans les armoiries d'Orange, et qui semble un souvenir des paladins camarades de Roland. Mais cela doit se rencontrer quelque part, et j'en laisse la recherche (avec l'interprétation) aux doctes archivistes qui font si bien valoir l'enseignement de notre École des Chartes. A eux d'éclaircir ce qu'il y a d'historique et de poétique dans les écrits latins et français que nous a laissés le moyen âge sur ce pieux guerrier.

Le Bx Nicolas de Flue (Cf. Buisson, p. 152). On lui donne communément une stature très-élevée. 11 avait été l'un des champions de la Suisse dans la lutte pour l'indépendance; et sur ses vieux jours, il intervint plus d'une fois pour arrêter les causes de guerre civile.

Saint Marin diacre, tailleur de pierre. Cf. Ciseau, p. 223.

Saint Merry, abbé (Cf. Cha'mes, p. 191). Sans être réellement ermite, il finit cependant ses jours à Paris (près du Paris d'alors) dans une cellule où il prétendait se dérober aux honneurs que lui avait attirés sa vertu.

Saint Benoît de Hongrie, martyr-, 1 mai, ixe siècle. 11 avait été compagnon de saint Zoérard près de Trentschin; et des voleurs, comptant trouver chez lui des trésors, le précipitèrent dans le Waag après l'avoir étranglé. Son corps fut retrouvé dans le fleuve au bout d'un an, à l'occasion d'un aigle qui, près de la rive, tenait ses yeux fixés sur l'endroit où le cadavre était engravé.

Saint Dominique de la Calzada (Cf. Coq, p. 251). 11 s'était donné la tâche d'ouvrir un chemin aux pèlerins de Saint- Jacques à travers la Rioja, qui était devenue déserte depuis les incursions des Maures*. C'est précisément ce que l'on voulait faire entendre par le pont et la ville fermée de murailles, qui se voit sous ses pieds dans le petit monument historique reproduit déjà.

t. Rufln.,D».wH.PP.,lib.IHiapudRosweyde,p.506 511,52i,etc. 3. AA. SS. Octohr., t. VU, p. 86e, *qq.t 874, 885-894.

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