ÉTOILE
Disons d'abord que, malgré la coutume moderne du blason, l'étoile des artistes chrétiens n'a presque jamais un nombre de rais impair. Le Pentalpha des anciens ou des sorciers (appelé quelquefois,pe»Uagramm«), sur lequel il y aurait beaucoup à dire si c'était notre tâche3, et l'étoile à sept pointes, appartiennent aux rêveries astrologiques Ou aux signes de ralliement des sociétés secrètes. Elles n'ont donc rien à faire avec les sujets chrétiens.
Les rois Mages seront facilement reconnus à l'étoile qui les guide vers l'étable de Bethléem. Des peintres du xve siècle ont tracé dans cet astre un petit enfant emmaillottéquisemble,duhaut du ciel, appeler les prémices des gentils. Mais nous n'avons pas à suivre ces pieuses pensées dans toutes leurs applications. Le texte de l'Évangile4 suflit à faire comprendre ces représentations par un enfant chrétien.
Saint Swibert (Suitberlus) évêque régionnaire, apôtre de la Westphalie et de la Frise; 1 mars, 713. Une étoile
sur sa main, ou quelquefois dans la volute de sa crosse; on la met aussi sur sa poitrine. Il pourrait venir à l'esprit de quelque symboliste, que ce soit un emblème de sa prédication ; car l'Écriture sainte emploie le symbole de l'étoile pour désigner soit une postérité nombreuse, soit l'éclat des docteurs qui ont guidé les fidèles dans la voie de Dieu". Mais on rapporte que sa mère, enceinte de lui, vit une étoile éclatante qui dardait ses rayons sur la France septentrionale et la Basse-Saxe*. Il était un des compagnons de saint Willbrord, et fut sacré évêque par saint Wilfrid d'York pour aller répandre l'Évangile dans l'ancienne patrie des Anglo-Saxons. Parfois, mais assez rarement, on lui met sur la main une petite église pour indiquer qu'il fonda le monastère de Kaisers werth.
Saint Éloi, évêque de Noyon (Cf. Clieval, p. 209). On vit à sa mort son âme monter au ciel sous la forme d'une étoile qui représentait une croix rayonnante (comme serait, je suppose, une étoile à huit rais).. Mais je n'ai pas remarqué que ce récit ait fixé l'attention des artistes, si ce n'est lorsqu'on veut représenter toute la légende du saint, comme dans un vitrail, par exemple.
Saint Bruno (Cf. Branche, d'arbre, p. 146; etc.). On trouve quelquefois six étoiles formant nimbe autour de sa (ête, et une septième sur sa poitrine. C'est l'emblème des fondateurs de la Chartreuse. Saint Hugues évêque de Grenoble avait vu dans un songe sept étoiles qui le guidaient vers un lieu désert de son diocèse (la Chartreuse), où il lui sembla voir que Dieu se faisait élever une maison. Le lendemain, le sens de cette vision s'expliqua au saint évêque, quand il vit venir Bruno avec ses six compagnons pour le prier de les aider à se retirer du monde.
D'autres fois, c'est saint Hugues de Grenoble (Cf. Confession, p. 240) qui voit tomber à ses pieds les sept étoiles; indication de la part qu'il prit au premier établissement des Chartreux, lorsque les compagnons de saint Bruno vinrent le supplier de les accueillir dans son diocèse.
Saint Nicolas ûe Tolentino, ermite de Saint-Augustin (Cf. Bras, p. 148; etc.). Une étoile apparut plusieurs fois au-dessus de ce saint, et se montra sur son tombeau après sa mort7. En pratique on place cette étoile soit sur la poitrine du saint, soit au-dessus de sa tête. Voir la gravure au verso.
Souvent on le peint avec le vêlement de son Ordre couvert d'un semis d'étoiles d'or (Cf. p. 361). Quant au costume d'Augustin, que certains artistes s'avisaient de ne point lui donner, ou de modifier, il est intervenu une
1. Calendar. bemdict., 9 mai. Le récit contemporain dû à Thomas de Cantimpré mérite d'être lu dans les AA. SS. Mail, t. I, p. 434. Malheureusement notre saint a été oublié dans les tables générales de cette grande collection.