FEMME
On doit bien s'attendre à ne pas voir ici toutes les saintes femmes, mais seulement les saints personnages près desquels une femme est souvent représentée sans que son intervention s'explique tout d'abord. En conséquence, il n'y aura point place en cet endroit pour les femmes délivrées de la possession du démon, guéries de quelque maladie ou ressuscitées ; recevant l'aumône, présentant leur enfant, etc.
Rappelons aussi ce qui a précédemment été indiqué sous le mot Allégories, pour exprimer les personnifications du monde, de la discorde, des vertus même ; tentatives où je n'ai garde de dire que les artistes aient eu habituellement la main heureuse. Aussi ne prétends-je
t. AA. 86. Oetobr., t. VII, p. 915, sq ; 923.
point m'étendre sur ce genre d'inventions qui n'a pas toujours réussi à des hommes tels que Giotto et Raphaël. Par exemple, une vieille estampe montre saint Bruno, tournant le dos à une femme richement parée; ce qui peut rappeler sa fuite du monde, ou la pratique de son Ordre qui n'admet pas les femmes, même dans l'église du monastère. Mais lès moines celtiques pratiquaient la même exclusion avant lui.
Saint Georges, martyr (Cf. Cheval, p. 211; etc.). Pendant qu'il fond, la lance en arrêt sur le dragon, une jeune fille est souvent agenouillée près de là comme attendant de lui son salut. Cela s'explique communément par un usage que l'art grec avait emprunté à l'antique, personnifiant les villes et les provinces par une femme. Près de saint Georges, ce serait la Cappadoce qui attend de lui sa délivrance , c'est-à-dire sa conversion au christianisme. La Notice des dignités de l'empire reproduit fréquemment ce symbolisme quand il s'agit d'indiquer les provinces tributaires, et le haut moyen âge latin n'avait pas encore laissé perdre tout à fait cette tradition. Mais peu à peu les Grecs seuls la maintinrent; en sorte qu'il peutêtre utile d'en donner un exemple emprunté à l'art byzantin, pour