FEMME
que l'œil du lecteur le moins expérimenté ne soit pas trop surpris lorsqu'il rencontrera quelqu'une de ces personnifications dont nous avons perdu l'habitude.
Un coffret émaillé grec, dont j'espère donner plus tard la description complète, représente l'entrée de l'enfant Jésus en Egypte de la façon que montrait notre p. /|07 .
La femme coiffée d'une couronne sensiblement ton rrelée, est la personnification de la contrée qui accueille avec joie le Sauveur du monde.
Cela pourra servir à l'intelligence de nombreux monuments plus ou moins analogues1.
Saint Wicterp évoque d'Ausbourg (18 avril, 656), apparaissant à la bienheureuse Herluque (v. 11£i2). Quoiqu'il ne s'agisse que d'une apparition, plusieurs estampes représentent ce fait de manière à faire croire que les deux personnages étaient contemporains. Quant aux détails de ces visions qui se renouvelèrent plus d'une fois, on peut consulter les Bollandistes (AA. SS. ÂpriL, t. II, p. 555, sq.). Çà et lh saint Wicterp lui montre Notre- Seigneur couvert de plaies, ou bien un prêtre qui dit la messe ; c'était pour l'engager à fuir les mauvais prêtres.
Saint Calliope de Cilicie (Cf. Croix, SS. crucifiés, p. 289). Sa mère l'embrasse sur la croix, et meurt de joie en baisant le cadavre de ce martyr dont elle voit le bonheur assuré à jamais par une si belle fin.
Saint Symphorien, martyr a Autun; 22 août, v. 178. Jeune encore, comme on l'entraînait au supplice hors de la ville., sa mère du Jiaut des murailles l'encourageait à savoir mourir pour Dieu, disant : « Élève ton cœur, mon fils; pour pareille cause, la vie ne se perd point, elle se transforme*. »
On peut avoir rencontré quelque image où saint Pancaire (Pancharius) martyr (19 mars, v. 302) reçoit les reproches de deux femmes. Mais c'est un artifice du peintre pour faire entendre que la conversion de ce favori de Dioclétien fut causée par les remontrances d'une mère et d'une sœur chrétiennes qui avaient appris au loin son apostasie récente. Les lettres qu'il reçut à cette occasion le firent rentrer en lui-même; et quoique l'un des grands dignitaires du palais à Nicomédie , il ne balança pas à maudire publiquement sa défection. Aussi eut-il la tête tranchée sans grand délai \
Saint Fbobert (Frodobertus) abbé, près de îroyes ; 8 janvier, fin du vu* siècle. On l'a représenté enfant sur les genoux de sa mère, parce qu'il lui rendit la vue en traçant un signe de croix sur ses yeux *.
1. Le même programme, mais exécuté d'une manière bien moins intelligente, se retrouve dans le Ménnloge grec de Grotta-Ferrata, au 20 décembre (t. II, p. 50).
2. Ruinart, Acta linctra martvrum. C'était de là sans doute que les liturgies. françaises avaient pris cette expression de la prérace pour les messes des morts : « Tuls enlm Rdelibus, Domine, vita mutatur non tollitur, etc. » On le rappelait dans une prière à notre saint, que le P. A. Martin a transcrite d'un manuscrit d'Angers i
i Qui juvenculu» antiquam Chriito paris Miiatm; Capita truncandua fidem aiieren» catholicam,
Saint Didier, évêque de Vienne (Cf. Bâton, p. 127). Parlant avec autorité à une reine. Son martyre fut causé par la fureur de Brunehaut dont il avait blâmé l'alliance incestueuse, et dont il avait engagé le fils à se marier. De quoi la mère conçut une colère étrange, craignant de perdre son ascendant sur ce jeune prince s.
Saint Sébastien de Rome, martyr; 20 janvier, 288. Officier dans la garde de l'empereur Dioclétien, il fut arquebuse par les soldats qui le laissèrent baigné dans son sang. Une pieuse veuve nommée Irène, pensant peut-être ne recueillir que le corps du martyr, trouva qu'il respirait encore et lui rendit la santé à force de soins.
Saint Martinien, ermite. Cf. Dauphin, p. 306.
Saint Albert de Sicile, carme (Cf. Apparition de l'enfanl Jésus, p. 57). Chassant par sa bénédiction le diable qui s'était présenté à lui sous la forme d'une femme 6. Aussi voit-on quelquefois des pieds d'animal paraître sous la robe de cette prétendue visiteuse.
Saint Fiacre (Cf. Bêche, p. 129, sv.; et 295) et avec la Becnaude (ou baguenaude), femme qui l'avait accusé de sorcellerie auprès de saint Faron évêque de Meaux.
Cette légende populaire a été trèssuffisamment expliquée , pour ce qu'elle vaut, dans les Plombs historiés de M. Arthur Forgeais ' auquel je dois ma petite gravure.
Saint Thomas d'Aquin, de l'ordre de Saint-Dominique (Cf. Auréole, soleil, p. 98), mettant en fuite avec un tison une femme impudente qu'on avait introduite chez lui.
Saint Théotonio, fondateur des chanoines réguliers de Sainte-Croix à Coïmbre (Cf. Croix, p. 284). Dans une collection de saints du mois qui me paraît due à des chanoines réguliers d'Allemagne, je le vois interdisant à une princesse l'entrée d'une maison religieuse. 11 s'agit là de la reine de Portugal, qui prétendait pénétrer dans les bâtiments claustraux de Sainte-Croix. Le saint lui dit que la règle seule régnait dans ce couvent d'hommes consacrés à Dieu, et qu'une femme ne pouvait y entrer que morte. Malgré toutes les instances de la reine, Théotonio aima mieux encourir sa colère et son indignation que de se désister.
L'homme de Dieu montra la même fermeté en plusieurs occasions. La mère du roi Alphonse 1", étant venue à l'église de Viseu un samedi, fit dire au prieur qu'elle
Impetra, Symphoriane, mihi reo veuiam.
Tibi ilum mactandus vadis Chriato grata hoatia, Mater ait, atana in porta : Mi nate, ne dubita ; Vita tibi non aufertur, aed paratur gloria, etc. >