FENÊTRE
Le moyen âge indique souvent la captivité (comme pour saint Jean-Baptiste) ou la réclusion volontaire, par un guichet grillé qui laisse apercevoir le saint personnage renfermé dans la cellule ou le cachot. Mais c'est là une indication générale dont je ne tiendrai pas compte ici. Son application sera facile d'après ce que nous venons d'en dire, lorsqu'on aura occasion de rencontrer une peinture de ce genre.
Saint Cauxte, pape. Cf. A'S. précipités, etc.
Saint Nicolas, évêque de Myre (Cf. Aumône, p. 92, etc.). C'est par la fenêtre qu'on lui fait déposer chez le père pauvre la dot des trois filles, comme nous l'avons montré précédemment, p. 145, etc.
Saint Bernard de Menthon (Cf. Démon, p. 309; etc.). S'échappant par la fenêtre du château de son père (dans le Genevois), pour éviter un mariage qu'on voulait lui faire contracter.
Saint Thomas d'Aquin (Cf. Auréole, p. 98; etc.), se faisant descendre par une fenêtre, pour échapper aux importunités de sa famille qui voulait l'empêcher de vivre en Religion.
Sainte Barbe, vierge et martyre (Cf. Artillerie, p. 86; Calice, etc.). Il est comme de fondation que la tour qui la caractérise soit percée de trois fenêtres , ni plus ni moins. On en verra l'explication sous le titre Tour.
Mais il peut être bon de donner dès maintenant la réduction d'une statuette en bois, flamande si je ne me trompe, qui montre les trois fenêtres. Les mains de la sainte y sont brisées; et je n'ai pas voulu suppléer les attributs que l'artiste ancien lui avait fait porter (ciboire, épée ou toute autre chose). Il s'agissait de la tour avec ses trois fenêtres; et en cela on ne pourra pas m' accuser d'avoir prêté au modèle, cette partie étant restée intacte.
FERS AUX PIEDS ET AUX MAINS. Cf. Captifs, Chaînes, etc.
FEU
Écartons d'abord ce qui doit se chercher naturellement sous les mots Bûclier, Charbons ardents, Gril, Fournaise, Four et Incendie. Ainsi nous n'aurons affaire cette fois qu'à ce qui peut être regardé comme un simple foyer, ou à une flamme isolée. Encore ne faut-il point s'attendre à trouver ici les brasiers des autels païens dont il a été question ailleurs.
Saint Victorin évêque d'AmIterno (dit-on), et martyr;
Sainte Barbe.
5 septembre, sous Trajan. Les critiques ne sont point d'accord sur son épiscopat, et les artistes risquent beaucoup d'embrouiller l'histoire de son martyre. Car si la couleur ne vient pas à leur aide, on peut prendre pour des flammes la vapeur sulfureuse qui l'enveloppe. C'est que, suspendu d'abord la tête en bas sur des eaux thermales, il fut ensuite décapité2. Mais comme vapeur et fumée se ressemblent un peu, j'ai cru devoir donner place ici à cette torture.
Saint Grégoire 11, évêque d'Agrigente; 23 novembre, vers 560. Sa vie a été mêlée de plusieurs fables; mais on s'accorde à dire qu'il fut accusé d'incontinence. Ayant
1. Portug. Monum. Hist., Script., t. I, p. 85, 81. Februar., t. III, p. 109, sq.
Cf. AA. SS. 2. Hagiolog. italic, t. H, p. 101. Cf. AA. SS. Seplembr., t. II,
p. 4M4M; 498, etc.
FEU
porté du feu dans son vêtement (comme saint Brice de Tours), il confondit les calomniateurs l.
Saint Wilubald, évêque d'Eichstaedt; 7 juillet, v. 786 (Cf. Familles saintes, p. 402, sv.; etc.). Jetant un écrit dans le feu'. Appelé par saint Boniface pour coopérer à la conversion des Saxons et des Frisons, il peut avoir dans le cours de ses prédications employé l'épreuve du feu (si usitée chez les peuples germaniques) pour convaincre les païens ; mais je ne vois point ce fait dans les récits contemporains de sa vie.
Saint Brice évêque de Tours, disciple de saint Martin. Cf. Charbons ardents, p. 202 ; etc.
Saint Turibe (ou Toribe, Tur ibius), évêque d'Astorga; 16 avril, v. 460. Accusé d'un crime énorme par le diacre qui avait espéré être évêque à sa place, le saint s'en justifia en portant du feu dans son rochet (dit la légende); et fit ainsi le tour de l'église, sans que le vêtement indiquât la moindre tache de brûlure 3.
Saint Brieu, évêque régionnaire (Cf. Dragon, p. 317 ; etc.). Une flamme ou colonne de feu parait sur sa tête pendant qu'il recevait la prêtrise 4.
Saint Cuthbert, évêque de Lindisfarne (Cf. Ame, p. 29; Berger). Comme il gardait encore les troupeaux, dans sa jeunesse, la mort de saint Aïdan lui fut révélée par la vue d'une colonne de feu qui montait vers le ciel.
Saint Pierre Igné (Igneus) de l'ordre de Vallombreuse, et cardinal-évêque d'Albano; 8 février, v. 1088. Son surnom lui vient de ce qu'il traversa publiquement un bûcher, pour convaincre de simonie l' évêque de Florence5. Ce dernier s'en vengea cruellement sur les moines de Vallombreuse; mais finit par reconnaître son intrusion et mourut pieusement dans un cloître, après avoir été déposé de l'épiscopat.
Quant à notre saint, au sujet duquel le P. Bollandus6 ne se trouvait pas suffisamment renseigné en 1657, il a été inscrit depuis ce temps-là au martyrologe romain et mentionné très-affirmativement par le docte cardinal Lambertini dans son grand ouvrage sur les béatifications et canonisations (libr. IV, P. h, cap. v; et cap. xvm, § 16).
Saint Procope martyr, a Cêsarée de Palestine7; 8 juillet, v. 302. De vieilles gravures le montrent jeté dans un grand feu. On raconte en effet qu'il fut précipité au milieu des flammes, mais sans nul dommage, si ce n'est pour les bourreaux; aussi le saint ne périt-il que par l'épée".
Saint Antoine le Grand ermite, ou plutôt abbé (Cf. Bè- 'lailles, p. 132). Souvent on voit près de lui des flammes
qui semblent sortir de terre, manière de rappeler la maladie (feu Saint-Antoine) que les Antonins faisaient profession de soigner*.
Saint Antoine, »bh*.
Saint Benoit, moine ou ermite en Campanie; 23 mars, e siècle. Nous savons par saint Grégoire le Grand que
1. Cf. Hagiotog. Italie, t. H, p. 300. — H. Pirri Sicilia sacra (éd. Ant. Mongitore), 1. 1, p. 093, sq. — Morcelli,.Sancfi Gregoriill Agrig.. tibri, p. xxiii, sqq.j xciii-xcviii, c-cix, etc.