‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 669 sur 1339 · AA. 88., Le., p · texte numérisé non relu

AA. 88., Le., p

5. AA. 88. Octobr., i. VII, p. 171-173. La sainte elle-même dit :

une flèche à la main, le plus souvent. Elle porte aussi d'ordinaire une couronne, à cause de la réputation qu'on lui a faite d'être fille d'un roi de la Grande Bretagne. A ce titre, et à cause du grand nombre de ses compagnes dont elle était comme le chef par sa dignité, elle porte souvent un grand manteau dont les pans sont ouverts et abritent celles qui ont partagé son martyre. La ville de Cologne s'aperçoit dans le voisinage; et le paysage se complète par des vaisseaux où l'on voit quelquefois un pape. C'est queMa légende fait faire à sainte Ursule un singulier pèlerinage à Rome, d'où elle serait revenue par eau, avec le pape (qu'on appelle Cyriaque) jusqu'à Cologne *. Sainte Ursule tient aussi un drapeau dans plusieurs peintures, comme ayant conduit au martyre un nombreux bataillon d'élues. Elle est honorée dans beaucoup d'endroits, surtout en Flandre et en Pologne, comme protectrice des mourants; sans doute à cause de l'échange qu'elle fit des noces auxquelles on l'envoyait, contre la gloire du ciel.

Sainte Victoire de Cordoue , martyrisée avec Son frère Aciscle-, 17 novembre, sous Dioclétien. Elle fut percée de flèches, après divers autres supplices.

Sainte Thérèse, réformatrice du Carmel (Cf. Cœur, p. 235 ; etc.). Une flèche enfoncée dans son sein par un ange 8. Son Ordre célèbre uhe fête spéciale en souvenir de ce prodige, sous le nom de Transfixion.

FLEURS

Mettons d'abord de côté le lis, qui dans l'art populaire a une signification spéciale, et auquel nous donnerons un article à part. Toute autre fleur que le (il et la rose trouvera sa place ici.

Saint Narcisse, évêque de Jérusalem; 29 octobre, 212. Je le trouve portant un bouquet à la main. Serait-ce trois fleurs de narcisse , en manière d'armes parlantes (rébus si l'on veut) •; ou trois chardons par allusion aux trois calomniateurs qui ayant voulu le perdre, furent punis d'une manière exemplaire par la Providence 7? A la suite de rjuoi l'homme de Dieu fut rappelé dans son Église qu'il avait abandonnée pour se retirer dans la solitude.

Je ne sais si je me serai trompé en croyant reconnaître un nénuphar parmi les attributs groupés autour d'une image de saint Jean Népomucènb. Ce pourrait être une

< Con el golpe fui herld» ; Y aur.au* la herida ea toorUl, Es un dolor mur desigual :

Es tnuerts que causa vida. •

6. Ce Jeu de mots a été trouvé appétissant en Allemagne, pour saint Narcisse d'Aosbouso (Dturn. Pa»at>., 15S1; 7 août) :

• Gloriosa. . . Christl martyr ArTni Quai p«r flarm paradai iirtttoêum PrsMulem Narcissuni, divinitut medicsU. EU. »

7. Euseb. ÊccJ. hisL, VI, 9.— Suriu», S9 octobr. Aussi a-t-on représenté quelquefois à ses pieds les trois calomniateurs : soit morts, soit renversés par une punition subite.

FLEURS

allusion au miracle de la clarté qui fit reconnaître son corps dans les eaux de la rivière où il avait été précipité. Cf. Éloile, p. 390.

Le B1 AngePorro, servite. Cf. Jardin.

Saint Jean de Citta-di-Penna. Cf. Évèque, p. 401.

Sainte Dorothée de Césarée en Cappadoce, vierge et

martyre; 6 février, 30/». Une corbeille de fleurs et de fruits à la main; ou près d'elle, un ange qui porte un panier de fleurs. J'en donne la représentation d'après une peinture exécutée dans la sacristie d'Aix-la-Chapelle avant que le goût italien de la Renaissance eût gâté la bonhomie des peintres allemands.

Un greffier du tribunal (nommé Théophile) qui l'avait entendu parler du paradis de son époux, la pria par dérision, lorsqu'on la conduisait au supplice, de lui envoyer quelques fruits de ce séjour délicieux. La vierge le lui promit; et le railleur s'en divertissait avec ses pareils, lorsqu'un jeune homme d'une beauté céleste se présenta

FLEURS

devant lui au nom de Dorothée, avec un panier de fleurs et de fruits. Théophile, surpris, ouvrit les yeux à la lumière de l'Évangile et souffrit le martyre. Par suite de cela, et comme pour abréger la représentation, on couronne de fleurs la sainte elle-même; d'autres fois on lui met en main un bouquet de roses, ou dans son giron un plat, un panier, etc., garnis de fleurs et de fruits1.

Ce souvenir dominant a fait presque oublier de peindre le martyre de la sainte, qui fut brûlée avec des torches (à un poteau ou sur le chevalet) et décapitée.

Les mêmes circonstances, à peu de choses près, sont données à Trieste comme ayant accompagné le martyre de la vierge sainte Justine (13 juillet, m* siècle) et la conversion de saint Zenon qui mourut martyr au même lieu *.

Sainte Elisabeth de Portugal (Cf. Aumônes, p. 95). C'est à elle, disent les Espagnols et non pas à sa grand* tante (celle de Hongrie) qu'appartient le fait des fleurs portées dans son giron. Le roi de Portugal (Denys) son mari 'était un peu plus rude que le landgrave de Thuringe; et l'on comprend facilement qu'avec un époux souvent trèspeu affectueux, la reine éprouvât quelque frayeur d'une interpellation subite. On raconte donc que la sainte portant dans son tablier des pièces d'argent destinées aux pauvres, fut rencontrée par le prince qui voulut savoir ce qu'était un fardeau qu'elle semblait vouloir cacher. Elisabeth sachant qu'il n'approuvait guère ses libéralités, et ne se souciait pas de la voir souvent parmi les gueux, répondit qu'elle portait des fleurs. Dans le fait , Denys ayant voulu vérifier ce qui en était, ne trouva pas autre chose. Or, dit-on, c'était pendant l'hiver*.

La même chose est racontée de sainte Zite (Cf. Clef, p. 229; Cruche), qui portait dans son tablier des morceaux de pain pour les pauvres.

Sainte Casii.de, vierge; 9 avril, v. 1080. Elle était fille du prince mahométan qui commandait à Tolède, et portait en cachette de la nourriture aux prisonniers chrétiens, lorsque survint son père qui voulut savoir de quoi elle était chargée. La jeune fille ne fut pas la moins surprise lorsqu'en ouvrant les plis de son vêtement, elle n'y vit plus que des fleurs. Frappée.elle-même de ce pro-

dige qui la tirait d'embarras , elle prit la résolution de se faire baptiser; après quoi elle vécut longtemps dans la solitude *.

Saint Diègue d'Alcala5, sainte Vébene, sainte Hosi.eline*, sainte Rose de Viteiibe7, une sainte Mathie servante d'un boulanger à Troyes (dit-on), et plus d'un autre encore, ont dans leurs histoires des faits tout semblables. Ce peut être l'occasion de rappeler une légende an*alogue attribuée à saint Jean de

OTTOSeMOSGK

Biudlington chanoine régulier, pour qui des pains se changèrent en pierres afin de déguiser une aumône à des yeux malveillants. La Bavière aussi raconte le même trait d'un saint homme (Othon Sémoser) qui était portier à Frisingue et dont voici la pierre sépulcrale dessinée par le P. Arthur Martin ». Cf. Pain.

D'ailleurs des faits du même genre se retrouvent plus d'une fois dans la vie des serviteurs de Dieu.

Saint Louis de Toulouse, par exemple (Cf. Fleurs de lis, p. 81; roses), encore enfant dérobait volontiers de la nourriture pour la distribuer aux pauvres gens. Un jour le maltre-queux alla se plaindre au roi Charles de ce que le jeune prince venait de lui emporter un chapon sous son manteau, selon son ordinaire. Le père arrêta l'enfant au passage, demandant à voir ce qu'il portait en cachette. Quand il fallut en venir à la vérification, le petit Louis tira de dessous sa cape un beau bouquet de fleurs. Ce n'était pas de quoi le quereller; mais la vo-

i. Le vieux bréviaire de Wûrabourg {Cologne, 1575, in-8", p. 570), et celui de Passa» (Venise, 1521) racontaient ainsi ce tait dans les antiennes rhythmiques des premières vêpres de la sainte :

i Paradisi de viridario Quem, mortis cum salario,

Roua miltis notario; Cœli jungis sacrario. Etc. •

Pull, parmi les répons de matines (p. 579) : i Dum mense rebruarto Bt relinquunt idolorum

Rom* in onrio (capiutnioï panario?) Cultum, dum regem crelorum

Cum frundibua notario l'ra-dicat Theophilus.

Delert, et mata cœlica; Christum qui persequebatur,

clamai in bivio (fora?) platea) : Lupua in agnum mutatur;

Fortis Deui Dorothée Dorotheam comitatur

Un doua dat angelica. In fide neophytus.

Oranai gentea properat*. Contristatus est prafectus

Jesum Christum amorale. Regni, senba dura electua

Mu^ti credunt pairanorum, Psctus est calholicus; etc. s

L'Allemagne, dan-* d'antres mincis (de Frisingue, d'Ulrecht, etc.),

célèbre aussi le même prodige avec des expressions plus ou moins heureuses. Cf. G. M. Neale, Sequenl., p. 112, sq.; et Monc, t. III, p. 273-281. Etc. " S. Rrautii Marlyrolog. poeticum :

■ Mittito poma lui sponsi roihi, dixit, ab horto, Zeno jocans ; misaa sindone martyr obit. »

3. AA. SS. Jun.. t. II, p. 492. Mais en Tlturinge on prétendait avoir un monument élevé sur le lieu où la scène s'était passée pour la sainte duchesse (Elisabeth de Hongrie).

4. Cf. Ferreras, A. 1075. — Mariana, Mat., libr. IX, rop. m. Etc.

5. Lopo de Vega en a fait une scène de son S. Diego di Alcala (Comedias escogidas por D. Eug. Hartienbusch, t. IV, p. .M).

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