FONTAINE ET SOURCE JAILLISSANTE
Le grand nombre de saints qui passent pour avoir fait sourdre des fontaines, donne lieu de penser qu'il y a làdessous un fond de symbolisme souvent tourné par la
suite en fait historique qui en serait la traduction. Nous avons vu (Cf. Agneau, Eau, Fleuves du Paradis terrestre) que la doctrine évangélique avait été figurée de bonne heure par quatre ruisseaux destinés à se répandre sur la terre entière, pour abreuver les hommes*; et bien des textes de l'Écriture sainte où il est question de sources, sont interprétés de la sorte par la tradition chrétienne. Rappelons en outre que le baptistère porte le nom de fonts (fontes) dans le langage chrétien ; et que l'administration du baptême étant jadis réservée aux évêques, l'érection de fonts baptismaux emportait l'idée de l'établissement d'un siège épiscopal, c'est-à-dire d'une chrétienté (diocèse). Cf. supra, p. 338, note 6.
On a prétendu expliquer ainsi un monument des premiers siècles où Moïse frappant le rocher pour désaltérer les Israélites dans le désert (Exod. xvn, 1-7. — Num. xx, 1-11) serait remplacé, dit-on, par la figure de saint Pierre. Cela est absolument possible, mais je ne suis pas bien assuré du fait lui-même.
Ces considérations qu'il serait facile de développer, mais dont il est aisé de voir la portée sans plus de détails, conduisent à penser qu'une source jaillissante a souvent paru la forme palpable la plus appropriée pour désigner la première prédication du christianisme, ou son triomphe dans une contrée idolâtre (Cf. Ancre, saint Clément pape, p. 29, sv.; etc.)'.
1. On y roit le vase à traire (trayoire, mulctrale, mulctrum, etc.), le chien, la syrinx, et le divin berger qui paît son troupeau.
ï. Les image» de tous les Saints de l'année (Paria, 1636), 13 novembre.