FOUR ET FOURNAISE
11 n'est plus besoin, après l'article que nous avons consacré au mot Bœuf, de revenir sur les saints ou saintes qui ont été mis à mort au moyen d'un taureau de bronze rougi par le feu. Mais four et fournaise peuvent former un chapitre unique, puisque le four à chaux a servi d'instrument de mort pour bien des martyrs. D'ailleurs les artistes ne sont pas toujours très-attentifs à nous faire reconnaître s'il s'agit d'un simple four de boulanger ou de tout autre foyer plus ou moins concentré sous une voûte. Pour obvier à divers prétextes de confusion, nous avons déjà mentionné plusieurs cas de fournaise dans le chapitre intitulé Bûclier; en sorte que nous serons presque dispensé de signaler cette fois autre; chose que les fours proprement dits.
Nous avons donné place aux trois Hébreux de la fournaise (Ananie, Misaël et Azarias; ou Sidrach, Misach et Abdenago) sous le titre Bûcher (p. H9). Mais leur histoire, racontée par les livres saints (Dan. m, 1-100), a étt'si souvent reproduite dans les bas-reliefs chrétiens des premiers siècles, que l'on ne sera pas surpris de la voir figurer ici encore sous une formé plus particulièrement appropriée à l'intitulé du présent article. Comme précédemment, je mets à profit l'une de ces nombreuses sculptures (trop souvent mutilées) qui se rencontrent dans la France méridionale; et qui, attribuées aux Aliscamps d'Arles, montrent quelle opinion nos pères avaient de ce musée chrétien , dispersé depuis des siècles. S'il
1. On l'honore comme martyre, quoiqu'elle soit morte dans lu prison où le gouverneur Dacien Tarait tait charger de fers, se pn>posantde la soumettre à de nouvelles torture) lorsqu'il reviendrait d'une tournée en Lusitanie.