‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 696 sur 1339 · FOUR ET FOURNAISE. — FOURCHE ET TRIDENT · texte numérisé non relu

FOUR ET FOURNAISE. — FOURCHE ET TRIDENT

ses nombreux miracles, on cite un enfant tiré vivant du four où il s'était endormi, et qui avait été chauffé sans que l'on songe.lt au petit malheureux*.

On pourrait aussi à toute force, rappeler en cet endroit l'extase du même saint, peinte par Murillo (musée du Louvre, n° 550 bis). On y voit les anges occupés autour des fourneaux, tandis que le saint cuisinier oublie sa.besogne dans ses entretiens avec Dieu. Mais ce n'est même pas une des nombreuses circonstances que détaillent communément les images populaires de sa légende. 11 fallait peut-être la dévotion de Philippe II à ce thaumaturge espagnol pour que Murillo y regardât de si près; à moins qu'il ne s'agisse par hasard du B. Salvador d'Horta (Cf. Cuisine, p. 303; Jardin, etc.) méconnu parles auteurs du livret. Du reste je n'ai pas réussi à bien lire les vers espagnols inscrits au bas de la peinture.

Le B1 Jacques l'Allemand (d'Ulm), dominicain; 12 octobre, U91. Comme il était peintre-verrier, on le représente près d'un four à vitraux; non pas seulement pour indiquer l'art qu'il exerça dans son Ordre, mais aussi afin de rappeler l'obéissance qui lui fit un jour abandonner la cuisson de ses peintures pour se rendre à l'appel d'un supérieur*. Dieu permit que le feu suspendît son action jusqu'au retour du saint religieux. On le peint aussi parfois une croix à la main à cause de sa dévotion pour la Passion de Notre-Seigneur, et peut-être aussi parce qu'il chassa le démon par un signe de croix.

Sainte Aure (Aurea), abbesse a Paris; /j octobre, 666. L'heure arrivant de sonner le repas pour ses trois cents religieuses, et la sainte, voulant voir où en était la fournée de pain, trouva que le four était encore allumé. Afin de hâter l'affaire, elle entra dans le four, dit-on, et le vida des charbons ardents sans employer d'autre instrument que ses mains. Comme elle ressortait sans nulle atteinte ni en son corps ni en ses vêtements, la cloche qui sonnait, rassembla toute la communauté ; en sorte que la merveille fut immédiatement connue du couvent tout entier.

Sainte Austreberte (Cf. Ane, p. 32). Près d'un four qu'elle bénit, ou dans lequel on la voit plonger le bras. Chargée de la boulangerie, il lui fallait enfourner sans délai, lorsque pour nettoyer le four, elle se trouva ne pouvoir se servir de son balai qui avait été brûlé. Pour ne pas perdre de temps pendant que le four était chauffé, elle fit le signe de la croix et monta elle-même dans le four pour le balayer avec les manches de sa robe ; puis sortit comme si de rien n'était, de sorte que personne ne pouvait s'en apercevoir *.

Cette légende se rapproche singulièrement de celles

que l'on vient de voir au sujet de sainte Aure et de saint Paul de Verdun. Ajoutons qu'un fait tout semblable est attribué à saint Guillaume de Gellone (saint Guilhem du désert), qui mourut le 28 mai, 812; et qui est souvent confondu avec saint Guillaume de Malavalle. Cela est également attribué à saint Donat4, moine de l'ordre de Monte-Vercine (17 août, 1198).

Ce prodige du reste peut remonter bien plus haut encore; car on trouve un récit pareil dans la vie de saint Saras, abbé (Cf. Ermites, p. 385). Mais il s'agissait là du boulanger de la communauté, qui avait mis dans le four ses vêtements percés par la pluie, et qui s'en souvint trop tard lorsque la flamme roulait déjà sous la voûte. Sabas apercevant l'inquiétude et la honte qui travaillait ce frère, s'en fit expliquer la cause; et alla retirer le vêtement, après s'être muni du signe de la croix5.

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