FOURCHE ET TRIDENT
Groupons sous ce titre divers instruments qui ont quelque rapport de forme sans en avoir beaucoup pour l'emploi. Les brasseurs, par exemple, pour remuer le malt, se servent d'un outil qui ressemble souvent à un trident ou à une fourche dont les dents seraient traversées par des bâtonnets formant une sorte de grille. Cela s'appelle en Allemagne Brauer-Gabel (fourche de brasserie); en France, fourchet ou fourcher (mots plus connus des paysans et des brasseurs que des lexicographes), vague ou broussoir (brassoir?). La forme ci-jointe ap-
partient au moyen âge parisien, comme le montrent les fleurs de lis, la date 1488, et la trouvaille de la pièce dans le lit de la Seine*. Là, il faut convenir que cet outil ressemble médiocrement soit à une pelle ajourée, soit à une fourche ; et j'avoue être trop peu au courant de ce qui concerne l'intérieur d'une brasserie, pour décider si les vagues du méreau parisien sont encore en usage quelque part, ou appartiennent seulement à l'archéologie de la profession. Mais la Flandre étant particulièrement compétente en fait de bière, nous allons donner la vraie forme qu'elle attribue à cet instrument quand elle le place entre les mains du patron de la corporation.
Ce patron est saint Arnould (Arnou, Arnoud, Ar-
1. Voir la pièce de Lope de Vega, intitulée S. Diego de Alcala, art. II (t. IV, p. 526, dans l'édition de Ribadeneira).
2. Surins, // octobr. Cf. Melloni, Atti.. . degli uomini illustri in santild... in Botogna, Parte II, t. III, p. 241.