‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 815 sur 1339 · AA. SS. Octobr., t. cit., p · texte numérisé non relu

AA. SS. Octobr., t. cit., p

b. AA. SS. ./un., t. Il, p. 476, sq.; 479-482.

6. Il faut distinguer entre sainte Justine de Nicomédie et celles de

Padouc (7 octobre) et de Trieste (13 juillet), pour ne pas parler et cinq ou six autres. Celle de Trieste fut aussi poursuivie par plusieurs amants, et décapitée après divers supplices.

7. Il peut n'être pas inutile cependant de faire observer que Martin de Vos et quelques artistes avec lui, emploient volontiers la cigogne et le lièvre comme symboles de la vie solitaire; peut-être parce que l'oiseau fréquente habituellement les lieux peu défrichés, et que la timidité du lièvre le fait fuir au moindre bruit. Ce serait alors une traduction de ce passage du psaume (liv, 8) : « Je me suis échappé au loin pour habiter la solitude. »

LIÈVRE. — LINGK.

d'une de ses petites pièces de vers qui sont souvent si heureuses; et le biographe du saint le raconte à peu près comme témoin oculaire1. Mais le grand évéque de Tours est tellement connu dans l'art d'une autre façon, que représenter ce fait, serait dépayser la dévotion populaire.

Saint Anselme de Cantorbéry (Cf. Apparitions de l'enfant Jésus, p. 55). On raconte de lui quelque chose de tout semblable : un lièvre poursuivi par les chasseurs s'était jeté entre les jambes de son cheval; et l'homme de Dieu arrêta sa monture pour ne pas ôter cet asile à la pauvre bête1. Comme les chiens s'arrêtaient et que cela prêtait à rire à quelques assistants, le saint homme dit : « Ne voyez-vous pas que c'est chose plus sérieuse qu'il ne vous semble? C'est là ce qui arrive à l'âme quand elle sort de la vie, et que les démons l'entourent pour lui interdire toute voie de salut. » Là-dessus il écarta les chiens, et vit avec plaisir le fugitif regagner ses bois.

Une autre fois le même saint fit des réflexions analogues sur la force des mauvaises habitudes, en demandant à un enfant de couper le fil qui retenait prisonnier un petit oiseau3.

Le B1 Albert de Sienne, camaldule; 7 janvier, 1181. Un jour qu'il travaillait dans la campagne, un lièvre qui était près de lui se laissa prendre; et plus tard le même animal, poursuivi par les chasseurs, se réfugia vers l'homme de Dieu qui le fit entrer dans sa manche, jusqu'à ce que les chasseurs fussent partis. Alors il lui laissa le champ libre pour regagner son gîte. On dit que comme ses confrères semblaient vouloir profiter de ce gibier, il leur répondit : Nous ne nous sommes donné aucune peine pour le prendre, et il ne nous a fait aucun mal, de quel droit nous l' attribuerions-nous*?

Les saints ont souvent montré leur affection, en pareil cas, pour les pauvres petites créatures de Dieu que l'homme s'amuse à poursuivre ou à tourmenter en manière de passe-temps, aussi aurais-je bien pu (ou même du) citer à cette occasion sainte Catherine de Suède (Cf. supra, p. 189). Ce qui en a été dit pour une biche ou une daine, appartient réellement à son histoire; mais je ne saurais affirmer si les imagiers du vieux temps avaient en vue l'un ou l'autre trait. On raconte donc que, comme elle traversait un bois pendant que son époux chassait, la daine pressée par les chiens se jeta vers notre sainte qui obtint congé pour cette charmante bête8.

La B"cOrinca, augustine; 10 janvier ou 18 février,

1310. Comme elle fuyait ses frères qui voulaient absolument la marier, un petit lièvre vint à sa rencontre, et lui fil trouver le chemin de Lucques où elle prit service avant de se faire religieuse'.

LINGK, DRAPERIE.

Un linge couvrant les mains élevées est un signe de respect qui persiste pendant plusieurs siècles dans l'art chrétien. Souvent les mains drapées ainsi portent une couronne, une offrande quelconque devant un personnage céleste, comme venant de la recevoir, ou pour demander permission de lui en faire hommage. Cela se voit assez fréquemment dans les mosaïques chrétiennes, et subsiste dans la miniature jusqu'à la fin du xii* siècle.

Mais ce qui dure jusqu'à la fin du moyen âge, c'est Abraham tenant des deux mains une draperie dont la capacité est assez vaste pour contenir une quantité de petites figures humaines qui représentent les âmes des justes placées là comme dans le vestibule du paradis. C'est la traduction du langage employé par l'Écriture sainte (Luc. xvi, 22, 23), lorsqu'elle dit le sein d'Abraham pour indiquer les Limbes où tout ce qui était morl en paix avec Dieu jusqu'à l'Ascension, attendait que le ciel fût ouvert aux hommes parN.-S. Jésus-Christ7. Mais certaines peintures grecques donnant le même attribut à Jacob et à Isaac, il semblerait que l'idée primitive dans cette peinture fût de représenter l'énorme descendance des patriarches8. Peut-être aussi la pensée primitive s'est-elle altérée avec le temps.

Fréquemment, et en particulier sur les tombeaux, on voit des anges enlevant vers le ciel, sur un linge étendu, l'âme du défunt. Cela ne veut pas toujours dire que la béatitude éternelle soit garantie aux âmes ainsi représentées ; mais l'Église, qui ne juge pas des choses cachées, aime à croire qu'un fidèle mort dans sa communion aura été reçu au séjour de la paix éternelle. C'est donc une pieuse consolation donnée aux survivants plutôt qu'une assurance, tant qu'il n'a pas été prononcé définitivement sur les mérites du personnage par un jugement public.

Les saints Hemeterius (Madir, etc.) et Celedonms, martyrisés à Calahorra-, 3 mars, vers 298. On rapporte qu'au moment de leur supplice, l'anneau de l'un et le linge (orarium) dont l'autre s'était servi pour essuyer la sueur

i. Sulp. Sever., Vita B. Martini, lib. II, cap. x.

2. AA. SS. ApriL, t. H, p. 883 (Eadmer, Vita B. Anselmi, libr. II, cap. m).

3. AA. SS., ibid. — 4 AA. SS. Januar., t. I, p. 403. C'était ne pas mal entendre les vrais titres de la propriété ! Le saint se voit avec le petit lièvre blotti dans sa manche, sur une belle gravure des patrons de Sienne exécutée par François Vanni.

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