LION
LIS
elle lit tomber par ses prières l'idole qu'on voulait lui faire adorer. Exposée aux lions, qui l'épargnèrent, elle fut décapitée *.
Sainte Marie l'Égyptienne (Cf. Chevelure, p. 213; etc.), enterrée par des lions ', comme saint Paul ermite.
Une Bse Gertrude, abbesse des Prémontrées d'Altemberg sur la Lahn (13 août, 1297), était 011e de sainte Elisabeth de Hesse. Un lion représenté sous ses pieds par le sculpteur de son tombeau, pourrait absolument faire allusion au blason de Hesse ou de Thuringe'. Mais voici comme on l'explique d'après l'histoire de la sainte4. Elle avait reçu de Dieu un don tout particulier pour bannir la discorde de son monastère; mais un jour qu'elle ne pouvait réussir à réconcilier deux de ses religieuses, il arriva qu'un lion du Landgrave vint à rompre sa chaîne et à s'échapper au grand effroi de tout le monde. Gertrude, pour faire honte aux cœurs aigris qui n'avaient point voulu se rendre à ses remontrances, appela le terrible animal; et celui-ci, obéissante ses ordres, vint se coucher à ses pieds 5.
LIS
S'il s'agissait de la fleur de lis, qui a pu être un lis dans l'origine, mais qui est devenu pièce de blason , c'est chose que nous pouvons renvoyer à l'article Ai-moiries. Disons pourtant, si l'on veut, que saint Louis de Toulouse porte généralement une chape fleurdelisée sur un vêtement de franciscain (Cf. supra, p. 468, sv.); et rappelons que plusieurs saints dont on a voulu exprimer la haute naissance en les rattachant à la maison de nos rois, sont peints cqmplaisamment avec des fleurs de lis semées sur leurs manteaux6.
Mais il n'est vraiment question ici que de la fleur proprement dite, et elle suffira bien pour un article de quelque dimension. Comme elle est généralement ad-
mise |iour emblème de virginité, on la voit très-fréquemment portée par les saints qu'a glorifiés cette vertu.
L'ange Gabriel au moment de l'Annonciation , et souvent même en mémoire de la mission qu'il remplit alors auprès de la très-sainte Vierge, porte une tige de lis (Cf. Anges, p. 34; et planche du tableau de Sévastopol, jointe à la page 33). C'est qu'il fut chargé de déclarera Marie que la maternité divine serait le couronnement de sa virginité7.
Tel est le motif qui a guidé l'artiste du moyen âge dans l'exécution d'une crosse (Cf. p. 516) copiée au Louvre par le P. Arth. Martin*. Mais il ne faudrait pas prendre ce programme pour si impérieux, que l'on fût sûr d'avance de le voir réalisé dans toutes les représentations du même mystère. L'art chrétien, aux époques de la plus grande maladresse , ne s'est pas immobilisé dans des formes tellement stationnaires que l'on n'y trouve çà et là une certaine liberté d'esprit*. Le siècle avec ses usages y est bien ordinairement pour quelque chose ; mais le sculpteur ou le peintre ne se tient guère pour enfermé dans une formule absolument infranchissable. Toutefois entre les pieuses curiosités qu'amènerait l'étude des diverses peintures anciennes de l'Annonciation, je ne voudrais pas garantir l'importance de celle que met en saillie M. Helmsdœtfer, quand il dit avoir vu le lis de l'archange Gabriel privé d'anthères. Il se peut assurément, que les préoccupations botaniques n'aient pas été poussées jusqu'à une minutie scrupuleuse par tous les vieux artistes. Mais de quelque omission dans un détail qui n'altère point l'aspect de la fleur, n'allons pas jusqu'à induire des intentions de symbolisme superfin qui relégueraient Linné parmi les plagiaires, afin de mieux exalter le moyen âge.
Saint Joachim et sainte Anne, pour figurer l'immaculée conception de la sainte Vierge, ont été peints assez souvent affrontés (Cf. Embrassement, p. 344, etc.), comme
1. AA. SS. Januar., t. H, p. 184-187. - Hagiolog. ila!., i, 40.