LIVRE
Les prophètes peuvent donc avoir en main, soit un livre, soit un rouleau. Aussi M*r Georges Millier, décrivant les sculptures de Saint- ■^^p^'MfS MathiasàTrèves, croit reconnaître IsaIe dans un personnage dont la main gauche tient un livreouvert qu'il montre de la droite, et sur lequel est écrit M. ria. 11 y voit une allusion à la prophétie1 : « Une vierge concevra. » Mais les prophètes auront leur article à part.
Saint Jean l'Évancéliste au Calvaire, est ordinairement à gauche de la croix et tenant un livre, pour rappeler ce qu'il dit lui-même en parlant du côté de Notre - Seigneur, percé par la lance (Joann.
« Celui qui le dit , l'a vu. >> Parfois, comme dans la crosse gravée ici*, on a mis également un livre entre les mains de la sainte Vierge, qui se tient en face de l'Évangéliste ; mais cela ne se voit guère avant le xiv« siècle , et
I. I». vu, 14 : « Ecce virgo concipict et paiïet fllium. » On a vu (p. 516) une Annonciation où N.-D. tient un livre.
- Ella eut conservée h la calliédrale de Meli, et le P. Arthur
semble être une invention des artistes, qui ont cru mieux équilibrer ainsi leur composition. C'est une raison d'assez peu de var-/y>~]§5^. leur, et qui ne
paraissait pas fort déterminante aux bonnes époques.
On voit même saint Jean , au Calvaire, sans livre (surtout vers le xie siècle ) ; et c'est l'occasion de rappeler, ce que l'on ne saurait trop dire, quel'art occidental se permetunecertaine libertédans la représentation des scènes les plus graves , tandis que les Grecs, au contraire, semblent souvent se faire scrupule de modifier la moindre circonstance dans le programme reçu. Chez nous, le livre même de la sainte Vierge à l'Annonciation (où elle serait censée méditer la prophétie d'Isaïe) , ne se voit que ça et là, témoin la crosse du Louvre' que donne la p. 523. Les animaux évangéuques sont ordinairement représentés avec un livre, qui est l'Évangile écrit par le saint que chacun d'eux rappelle.
Si les évêques portent de droit cet attribut, comme ministres-nés de la parole divine, on comprend sans peine que les apôtres aussi l'aient souvent reçu quand ils ne sont pas peints dans une action spéciale qui exclue presque nécessairement ce souvenir symbolique. Je n'ai donc besoin de citer aucun apôtre ni évoque à ce sujet, puisque cela va de droit, si quelque circonstance de leur vie ne fait intervenir cet attribut avec une signification toute particulière. Cependant on peut rencontrer des peintures où l'un d'eux sera représenté avec un livre pour motifs puisés ailleurs que dans leur fonction pastorale. En ce cas, la façon de porter ou de consulter ce volume indiquera souvent que ce n'est pas l'indice d'épiscopat. J'en donnerai tout à l'heure divers exemples. Sans sortir encore des données générales qui peuvent éclairer tout un groupe de faits, disons que les docteirs
Martin l'a donnée dans son mémoire sur les Crosses {Melangts à Arihéolog., t. IV), avec lo n" 138.