‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 864 sur 1339 · MAMELLES, SEIN MUTILÉ · texte numérisé non relu

MAMELLES, SEIN MUTILÉ

Ce supplice a été infligé mainte fois à des femmes chrétiennes par la férocité des juges idolâtres ; tantôt cette mutilation était opérée avec des instruments tranchants, tantôt on y employait la pression violente d'un coffre dont le couvercle s'abattait pour déchirer les chairs en manière d'étau.

Quelques saintes seulement sont représentées avec les traces de cette barbarie, ou dans l'acte de la subir; et les artistes y ont employé, soit des cisoires, soit des tenailles, ainsi que je l'ai fait observer sous le titre Cisea'Mc.

La plus célèbre parmi les saintes torturées de la sorte est sainte Agathe (5 février, 251), l'une de ces illustres vierges chrétiennes dont il est fait mémoire au Canon de la messe.

Son Office dans le Bréviaire, mentionne à plusieurs reprises, et le tourment qu'elle subit et l'apparition du prince des apôtres qui vint la guérir dans sa prison1. Le plus souvent on la représente portant ses deux seins sur un plateau, mais parfois aussi on la voit livrée aux bourreaux dans le moment de cette torture. rachées. Ce peut être un indice de son martyre2?

Sainte Geneviève, p. 5-18.

Les saintes Basilisse et Anastasie. Cf. Mains coupées, p. 537.

Sainte Kébronie, vierge et martyre à Sibapolis en Syrie;

25 juillet, sous Dioctétien. Elle faisait partie d'une communauté de cinquante vierges chrétiennes présidée par une de ses tantes; et jeune encore , elle attira par sa beauté les regards du gouver- / Jf ^ neur qui, ne pouvant la faire consentira sa passion, la soumit à des tourments atroces.

Après avoir été battue de verges, elle eut les pieds, les mains et les mamelles coupées. Les bourreaux furent fatigués plutôt qu'elle, et ses supplices se terminèrent par la décapitation.

On attribue également la même torture à Sainte Calliope (8 juin, sous Dèce), qui eut en outre pour couche dans la prison des têts de pots cassés; à sainte Christine (Cf.

Flèches, p. Ù15, sv; etc.), et même à sainte Barbe. Mais, à vrai dire, sainte Agathe et sainte Fébronie sont à peu près les seules parmi nous autres latins, dont ce soit la caractéristique ordinaire.

Sainte Macre (Macra), martyre a Fîmes près de Beims; 6 janvier, v.

290. Elle passe pour avoir été tenaillée cruellement, puis brûlée avec des charbons ardents, parce qu'elle refusait d'adorer les idoles. D'anciennes représentations allemandes et champenoises lui donnent (comme à sainte Agathe) un livre qui porte ses deux mamelles coupées ou ar-

1, Les saints Pères ont vanté à l'envi la glorieuse martyre de Catane. Rappelons du moins ce qu'en dit saint bamase :

t Fortior hœc trucihusque viris, Torta mamilla docet patulo.

Kxposuit sua membra flagris. Deliciœ cui carcer erat,

Pectore quam fuerit valido Pastor ovem Petrus hanc recréât. Elc

Cf AA. SS. Februar., 1. 1, p. 595-656.— Breviar. gothicum, sanrtorale, ad vesperas :

« Tu nunc demum martyr acrius Pectoris papilla tollitur

Afficeris verberibus; Castumque corpus tunditur.

Magnus sed Christi senior Disrumpit claustra carceris Reddit papillam integram Curatque omnia vulnera.

Nam montis Minai incendium Cursu dum rapidissimo

Ad urbem pronum fleotitur, Claret puellœ meritum.

Tune e sepulcro martyris Plebs sacrum vélum deferunt, Cujus pi a prœsentia Eitinguit moi incendia.

Etc. >

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