‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 865 sur 1339 · MANTEAU · texte numérisé non relu

MANTEAU

Des saints et des saintes se voient assez souvent revêtus d'un large manteau qui enveloppe quantité de petits personnages groupés de la sorte autour de la figure principale comme sous un abri. Ces espèces de clients sont tantôt les compagnons d'un saint dont la gloire domine le souvenir de tous les autres (comme saint Maurice pour toute la légion Thébaine, ou sainte Ursule pour la multitude de vierges massacrées avec elle) , ou ses protégés (comme autour de la tres-sainte Vierge les pèlerins et les dévots quelconques qui se recommandent à son patronage), ou près d'un saint fondateur les disciples de l'Ordre qui lui doit son origine. C'est ainsi, par exemple, que les Ursulines établies par sainte Angele Merici (27 janvier, 1540) sont parfois peintes sous le manteau de sainte Ursule qu'Angèle leur donna pour patronne.

Ces indications générales pourront absolument suffire pour donner la clef de bien des cas que nous n'aurons plus besoin de mentionner par le menu. Sur un fondement beaucoup plus historique un artiste pourrait faire une belle composition en représentant le saint Columba des Hébrides (9 juin, 597) qui couvre de son manteau la petite armée de saint Oswald, au moment où ce prince venait recouvrer le trône de ses ancêtres '.

Saint Martin, évêque de Tours (Cf. Apparition de Notre- Seigneur, p. 54; Aumône, etc.). Au sujet de l'aumône qu'il fit au mendiant d'Amiens, il est bon de remarquer qu'il s'agit d'une espèce de manteau militaire nommé chlamyde , et que les jeunes cavaliers n'avaient que cette ressource pour s'envelopper durant un hiver plus rude que de coutume*.

Saint Goar prêtre (Cf. Auréole, rayons, p. 99). Comme nous l'avons dit, on rapporte le même prodige de divers saints qui auraient suspendu , soit leur manteau, ou tout autre objet à un rayon du soleil par inadvertance.

Saint Raymond de Pennafort, dominicain (Cf. Clef, p. 228; Eau, etc.). Le roi d'Aragon voulait l'empêcher de quitter le port de Majorque et avait défendu aux marins de prendre à bord le saint homme. Celui-ci, n'ayant de recours qu'en Dieu, s'agenouilla sur la plage pour invoquer l'aide du Ciel. Puis, étendant son manteau sur la mer, il s'embarqua de la sorte et parvint à Barcelone'. On le représente communément se servant de son bâton en cette circonstance, comme d'un mat auquel est at-

tachée une partie du manteau qui se gonfle en manière de voile pour l'aider à voguer sur la mer.

Saint François de Paule, fondateur des Minimes (Cf. Chiffre, p. 220, sv.), passe pour avoir traversé de la même façon le détroit de Messine, parce qu'il n'avait pas d'argent pour payer son passage 4.

On raconte la même chose du B1 Albert d'Ogna (Cf. Colombe, p. 242) qui, refusé par les bateliers du Pô, employa le même moyen pour gagner l'autre rive. Des gens du voisinage ayant vu cette merveille et voulant publier la sainteté du pieux paysan , l'homme de Dieu leur enjoignit de n'en rien dire jusqu'à sa mort.

Saint Jules prêtre, patron de l'île d'Orta (Cf. Construction, p. 249). On lui prête aussi la traversée du lac d'Orta, sur son manteau5; et dans la même province (qui n'est pas la seule) on a donné le même attribut à plus d'un saint, en quoi il est permis de soupçonner un peu d'émulation entre divers pays qui n'auront pas cru devoir souffrir que leurs patrons fussent inférieurs à ceux du voisinage.

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