Paciaudl, De eu/lu S. Joannis Baptistœ, p. .180, sq
i. Un livre où bien des artistes ne songent guère à chercher des renseignements, et qui pourrait leur être utile, est l'Imitation traduite en vers par P. Corneille. Dans les éditions françaises de petit format l'on trouve un certain nombre de gravures dont l'exécution est généralement asseï médiocre, mais dont l'invention ouvrirait jour sur bien des sujets similaires qui font chercher trop souvent, comme on dit, midi a quatorze heures. La rédaction générale de l'imitation prête assurément fort peu a la peinture; et cependant celui qui a dirigé la composition des dessins adoptés par les imprimeurs de
Corneille a su trouver des faits qui rendront sensible plus d'un enseignement formulé dans le livre en manière d'axiomes philosophiques. Ainsi, pour faire entendre ce verset (livre I, chap. xvn) : « Tu es venu pour obéir, non pour commander, » on a représenté Carloman occupé à servir dans la cuisine du Mont-Cassin. La plupart des autres estampes sont ainsi empruntées à des traits de l'Écriture sainte ou de l'Histoire ecclésiastique, qui rendent palpable une doctrine présentée sous forme abstraite par l'auteur du livre. De même encore Charles-Quint, se faisant célébrer la messe des morts dans le monastère de Yuste, traduit aux yeux et accompagne cette sentence : « Heureux qui a toujours devant ses regards l'instant où il lui faudra mourir ! »
M Eli.
MESSE
saint Narcisse à Girone. Mais le nôtre ne semble pas avoir été dans les Ordres , et fut jeté à la mer où Dieu lui conserva miraculeusement la vie. En mémoire de son immersion dans la mer, il est honoré par les Catalans pour obtenir de la pluie; et une vieille coutume locale exigeait que, dans les processions faites à ce dessein, la tête du martyr fût plongée dans l'eau ou du moins arrosée copieusement1.
Les saints Édèse et Apphianus [jEdesius, etc.) de Lydie, martyrs; 8 avril, 30ù.. Ils furent tous deux jetés à la mer*.
Saint Mesmin (Maximin), abbé de Micy près d'Orléans; 15 décembre, 520. On raconte qu'il apaisa par ses prières une tempête qui menaçait d'engloutir les grains destinés à son monastère, avec les hommes qui montaient la barque chargée de cette provision. Mais si l'on veut s'en tenir à l'histoire vraie, ce devait être sur la Loire et non pas sur la mer.
Saint Siméon de Trêves, reclus; 1 juin, 1035. On l'a représenté nageant dans la mer, pendant que d'un vaisseau voisin on lance des flèches contre lui. 11 s'agit du Nil, à vrai dire, et le saint se dérobait à des pirates3; mais les artistes ont transformé ce fait en une scène .maritime, pour donner carrière à leur imagination.
Saint Pierbe Gonzalez (san Telmo), dominicain (Cf. Feu, p. /ill). Comme il a supplanté en beaucoup de lieux saint Érasme qui était avant lui l'un des grands patrons de la marine parmi les Latins de la Méditerranée, on le représente fréquemment marchant sur les eaux. Sainte Marie de Cerveu.on, religieuse de la Merci; 19 et 25 septembre, 1290. Elle est peinte par les Espagnols, en Catalogne surtout, marchant sur les eaux pour secourir ceux qui l'invoquent pendant la tempête. On la donne pour la première religieuse de son Ordre (1248), et l'on raconte que dès le temps de sa vie, elle sauva plus d'un vaisseau en danger de naufrage *. Aussi la célébrité de son patronage la fait appeler Maria de socos (ou Maria socos), qui semble être une forme populaire du nom espagnol ou catalan correspondant à Marie du secours (Marie secourable, si l'on veut).
Les Espagnols l'ont représentée fréquemment avec le costume de son Ordre, tenant d'une main un lis et sur f autre un petit navire qui rappelle la protection de cette sainte souvent éprouvée par les matelots.
MESSE
Les mots Aulel, Calice, etc., répondront à plus d'une question dont on viendrait peut-être chercher la solution sous le titre actuel. Mais nous ne saurions omettre ici la petite scène connue sous le nom de Messe de saint Grégoire, dont voici une reproduction d'après une vieille gravure sur bois.
Dire quelle en est précisément l'origine assignable dans un fait bien authentique de la vie du saint pape, ce n'est pas chose très-facile ; et je m'efforcerai tout à l'heure d'en indiquer plusieurs sources probables, à défaut d'une seule qui soit certaine. Mais ce petit tableau était devenu tellement caractéristique de saint Grégoire le Grand (Cf. Ange, Colombe, p. 239 ; etc.), que les Franciscains l'avaient adopté pour sceau de leur province des Philippines dont le titre était Province de Saint- Grégoire 8.
La composition semble annoncer que le peintre qui a fixé ce type n'est pas antérieur au xve siècle. C'est alors
1. Cela se trouve mentionné, avec plusieurs autres pratiques, par \ illanueva (Viage literario... t. XIV, p. 09,87 et 282, sg.; etc.). Quant aux Actes et souvenirs historiques du saint, on peut consulter les Bollandistes {August., t. I, p. 22-29), ou VEspafla saçrada (t. XUH, p. 279-295; 506-512). Ce dernier ouvrage cite de vieilles séquences qui sont bien le modèle de l'amphigouri à la façon du vm* siècle, et auprès desquelles les complaintes catalanes (Goigs) de S. Feliu ( sic ) sont da la poésie toute pure, ou du moins une littérature limpide. Exemple :
« Ab una mola sogàt Dins lu ait mar vos llansàren; Por los Angels deellivràt
En presô vos desgollàren.
Lo Tyrà resta vençut,
Y vostra ditxa complida. Etc. i»
2. Menolog. grœc, t. III, p. 40.— AA. SS. April., t. I, p. 740, sq.