MUSIQUE
voyons l'Irlande adopter la rote (hruoth, etc.), devenue harpe dans ses armoiries (Cf. Patrons, Irlande)? A la vérité, notre saint ayant relevé le vieux sanctuaire de Glastonbury si cher aux chrétiens bretons, il a pu passer parmi les siens pour avoir sanctifié le bardisme.
Du reste l'étude du monocorde , qui entrait dans les scjH arts libéraux comme base de la théorie des tons et de l'harmonie, a pu faire donner la harpe à plusieurs savants hommes du haut moyen âge. Ainsi l'on prétend que saint Dunstan (Cf. Anges, p. 37; etc.) est çà et là représenté avec une harpe ou lyre quelconque.
Saint Papiinuce abbé, s'entretenant avec un musicien ambulant (un jongleur, comme disait le moyen âge). J'ai raconté (sous le titre Anges, p. 38; etc.) la pieuse fantaisie qu'eut le saint homme de savoir ce qu'il valait, et'comme quoi il fit ainsi la connaissance d'un chanteur qui gagnait sa vie à. faire de la musique par les rues1.
Nos bons aïeux , pour rendre plus reconnaissable le métier du musicien de carrefour, lui donnent une vielle comme gagne-pain. La représentation provient d'une Légende dorée traduite en français, qui était cotée (il y a vingt ans, à la bibliothèque royale) mss.
fr. 7331. Mais il peut être bon d'avertir que, dans la miniature, on voit assez clairement cinq cordes à l'espèce de vielle maniée par l'honnête chanteur des places publiques.
Saint Philémon d'Egypte, musicien aussi (8 mars, ou \k décembre; sous Dioclétien)', a été représenté en Allemagne avec une musette. C'est qu'il était célèbre à Antinoé comme excellent joueur d'instruments, et probablement même comme acteur comique. Un clerc nommé Apollonius, ne se souciant ni d'abjurer le christianisme, ni de souffrir la mort, changea d'habits avec le mime qu'il avait payé pour aller sacrifier à sa place. Venu devant le juge, P.hilémon se sentit pris d'une belle générosité, et voulut maintenir tout de bon son rôle de chrétien. En somme il ne mourut pas seulement martyr, mais convertit son juge avec les gardes; et piqua d'honneur Apollonius", qui avait prétendu se dérober à la persécution. L'histoire, telle que la raconte Métaphraste 9, mérite d'être lue au long; car elle est beaucoup trop abrégée dans les Menées ou le Ménologe grec.
Entre les circonstances du martyre de notre saint Philémon, les artistes ont peint quelquefois le moment où
il fut condamné à être passé par les armes; et l'on voit les flèches des soldats se détourner de lui , ou même rebrousser chemin vers ceux qui les lancent.
Ailleurs un violon désigne le musicien qui passe pour avoir donné une sérénade à une image de sainte Wilgefoiwe (ou Liberala), dont j'ai parlé à l'article Barbe, p. 121. Les lîollandistes ont consacré deux gravures à ce souvenir curieux d'un prodige que se disputent divers lieux et diverses dévotions4. J'en reproduis une ici pour
S."WTLGI,TÔRTI5,a/wiiBJER4X4. qiuvnJBclya à depctlcn curu, OtriCOMMEBMncmùwm.Kuiù T'ortun." ' filia.pcst\a Xpo ipmJ-ojuc.dcfarmarirocajitt.neaiAmnjii ad nu/rtias expeur etur, ata m subito promma dli barba, (xcrcuvjef.pro Xpnasia 7tcly: eu JliicU* aûfctsiosu, Çufi cdv^ffdr.-mir^uUsh^e^cJarlsjija. •L hoc mrcr tattmttfwd jim.uUâirum.JpjtujO[tkaroedi ciausdam cm mortem damnati. atn ad patrocinivm. Culs ctm/iiftcntû.Jnrun Lcnham îmrus oerca. amenua exeuffirat, déclarant • 2/tdt Martyroloq: jiâjrt: et Molaa; ad Vjtia<rd.
S S F g, ZeuttaU. Hu.l/1
la singularité du fait, tout en maintenant ce que j'ai avancé ailleurs sur la probabilité de quelque confusion entre notre singulière sainte et le célèbre crucifix de Lucques 6. Cependant, comme la sainte n'a pas toujours été peinte barbue, on peut lui avoir appliqué ce qui se racontait d'un pèlerinage à la sainte Vierge. J'ai déjà fait remarquer, à propos de saint Dominique de la Calzada (Cf. Coq, etc.), que certains miracles sont tiraillés d'une contrée à l'autre par le patriotisme qui s'allie avec la dévotion. En pareils cas, si l'on ne veut se brouiller avec