‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 909 sur 1339 · AA. SS. M., t. V, p · texte numérisé non relu

AA. SS. M., t. V, p

5. L'histoire du musicien se trouve aussi attribuée à quelque pèlerinage de la sainte Vierge. Cela n'aurait-il pas son excuse dans

un article du P. Giunpcnberg {Allas Marianus , n° cmlvh| qui, n'ayant point de documents au sujet d'une ancienne image miraculeuse de N.-D. à Vlierbeek, se rabat sur une chapelle voisine dédiée à sainte Wilgefordc 1 Nous y gagnons du moins d'apprendre que cette sainte avait été nommée Eulrojiie dans un bréviaire des Chartreux, outre la synonymie indiquée déjà (p. 121).

MUS1QUK.

personne, on s'expose déjà suffisamment par la seule expression d'un doute; et il faudrait des preuves tout à fait décisives pour prononcer entre les contendants. Je me borne donc, tout en mentionnant le fait réclamé par les dévots de sainte Wilgeforde, à laisser voir ma partialité pour l'origine toscane de ce récit. Comme ce n'est d'ailleurs qu'une narration épisodique dans les histoires de sainte Liberata, il peut assurément suffire que nous l'ayons indiquée, sans la raconter tout au long dans les moindres détails que lui prête la poésie populaire.

M. Aglaûs Bouvenne a publié en 1866 (dans la Revue de l'art chrétien, t. X) un petit mémoire qui renferme plusieurs détails curieux sur les représentations de notre sainte; et il n'omet pas le fait que nous venons de rappeler.

J'ai quelque souvenir que ce genre de représentation aura été appliqué en Périgord à saint Silanus, dont il a été question p. /186.

Sainte Cécile de Rome, vierge et martyre (Cf. Anges, p. 42 ; etc.), est bien connue comme patronne des musiciens. Aussi les chanteurs, instrumentistes, et luthiers avaient-ils choisi le 22 novembre comme leur fête de corporation. Sans vouloir le moins du monde ébranler cette vieille (ou plutôt pas trop vieille) dévotion célébrée par le génie de Raphaël, disons pourtant que le talent musical de sainte Cécile n'est pas très-établi comme fait historique. La véritable origine de son patronage pour les musiciens n'en vaut pas moins, pour être un peu détournée. La voici écrite dans le Bréviaire, sans qu'il faille se donner beaucoup de mal pour l'éclaircir.

L'Office de cette illustre martyre est un de ceux qui sont demeurés fortement empreints du caractère primitif puisé dans les Actes contemporains (ou très-peu s'en faut). Si l'on avait maintenu cette source liturgique , le Bréviaire formerait un précieux musée de la littérature chrétienne; avec la trace fidèle de chaque âge qui nous aurait légué ses souvenirs dans leur forme première, et par des fragments authentiques sans retouche '.

Les antiennes donc, et les répons, qui forment pour ainsi dire la trame générale dans l'Office de sainte Cécile, racontent ses actions, ses paroles et les pensées qu'elle adressait au Ciel sur les derniers jours de sa vie.

Poussée par ses parents à prendre un époux, malgré le vœu qu'elle avait formé de demeurer vierge, Cécile laissait la noce se célébrer, tout en demandant à Dieu du fond de son coeur, qu'il lui donnât le moyen de main-

tenir sa résolution. Comme dit la première antienne de Laudes : « Pendant que les instruments de musique retentissaient, Cécile chantait vers le Ciel, du fond do l'âme, disant : Qw mon cœur se conserve sans atteinte.

pour que je n'aie pas compté en vain sur vous*. » Les instruments de musique étant exprimés par le mot latin

1. On n'a guère conservé intégralement sous cette forme, que les Offices de saint Clément pape, de sainte Cécile, de sainte Agathe, de sainte Agnès, de sainte Lucie, de saint Martin et de saint André. Les liturgies modernes, beaucoup trop prônées par la Franrc, avaient banni quantité de souvenirs locaux qui nous gardaient le parfum des vieux témoignages et du sentiment éclos près de la tombe encore fraîche des serviteurs de Dieu. Cela (on peut s'en douter) ne veut pas dire que j'adresse précisément des félicitations à ceux qui, reve-

nant au Bréviaire romain, ont négligé nos vieilles sources pour le» Propres des saints de chaque diocèse. Pins d'un Chapitre françai» avait comme sous la main des matériaux précieux en ce genre, et n'a pas eu l'air de s'en douter. Je crois même savoir que la congrégation romaine des rites en a témoigné parfois sa surprise.

2. Breviar., 22 novembr. : « Cantantibus organis Cavilia Domino decantabat, dicens : Fiat cor meum immaculatum, ut non confundar. »

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