MUSIQUE. — NAVETTE
organa, l'usage s'est introduit de donner un orgue à sainte Cécile, comme si elle l'eût touché elle-même, Non pas que l'Oflice dise réellement cela, mais enfin il y était absolument question d'orgues (organa).
Après tout, ce n'est pas grand abus si l'on apprend ainsi aux musiciens que, dans les fêtes et surtout dans le service divin, il est bon que leur cœur s'unisse au son des instruments; et comme on le voit en bien des cas, il y a plus d'un patronage qui est choisi avec de moindres motifs que celui-ci.
Quant à l'orgue, s'il s'agissait de faire de l'archéologie à ce propos, on aurait beau jeu à montrer d'après les textes et les monuments que l'époque de sainte Cécile pouvait le connaître. Raphaël le savait ou non, peu importe. Une pensée plus profonde l'occupait, je pense : celle d'exprimer la musique religieuse. Aussi peint-il la sainte en extase tandis que l'orgue est en ses mains, et que des instruments de rhythme ou de mélodie profanes sont épars à ses pieds.
Mais quoi qu'il en soit, cet orgue avec son clavier sous les doigts de sainte Cécile est devenu comme une caractéristique populaire imprescriptible. On s'en est donc servi pour faire reconnaître saint Pascal 1er, pape (14 mai, 824), auquel la sainte apparut afin que sa basilique fût relevée '. Ce n'est pas que la trace de cette église eût été perdue; elle subsistait encore, menaçant ruine; et l'on ne s'y intéressait plus guère, parce que les reliques de la célèbre martyre passaient pour avoir été enlevées en Lombardie. Retrouvés alors , ses précieux restes firent revivre le culte de la glorieuse sainte.
Il n'est sûrement pas besoin de faire observer que des instruments de musique peuvent paraître dans la représentation de divers autres saints. Plus d'un artiste en a mis entre les mains des serviteurs de Dieu qui ont passé leur vie à garder les troupeaux; parce qu'un pâtre ou berger emploie fréquemment ainsi ses loisirs. C'est alors le plus souvent un flageolet, hautbois, etc.; ou une cornemuse. Cf. Flûte.
Plus d'un saint aussi se voit écoutant un concert que lui donnent les anges. Tel est par exemple saint François d'Assise récréé par une musique céleste pendant qu'il était malade ; et saint Céadda ( Chad ) évêque de Lichtfield (2 mars, 672), que les chants des anges invitèrent au bonheur éternel, sept jours avant sa mort.
De même, sainte Romule (23 juillet, vie siècle), louée par saint Grégoire le Grand*, fut accompagnée par un choeur de bienheureux au moment de sa mort.
MUSULMANS. Cf. Croissant, etc.
MYRORLITES'. Cf. Baume.