Espafta sagrada, t. Mit, p
« Kcco nivem glacialis hyethl Ingerit. il tegit omna lohiol; Mombra tegit simul Bulall»' Ai»' jacentia suh gelido, Palliuli viro linlin'li. •
Regressus nec distulit, Sed TrajeMum transtullt Sedem pra>sulattls.
Furtum clavis edidit, Quant fur homo cdndidlt, Avilira volata*.
Etc.»
nid.
NIMBE
des évangiles apocryphes ', qui désigne même l'arbre où nichèrent les oiseaux. C'était un laurier, sous lequel Anne était venue s'asseoir pour épancher ses chagrins devant Dieu; et la vue de cette famille d'oisillons lui rend encore plus amère la douleur de n'avoir pas eu part aux joies de la maternité. Aussi exprime-t-elle sa plainte en paroles qui ne sentent pas trop le verbiage.
NIMBE
Tout en faisant profession de ne pas m'engager dans cet ouvrage sur le terrain de ce qui peut s'appeler haute archéologie, j'ai pourtant besoin çà et là d'indiquer certaines origines dont la preuve ne peut trouver place en pareil travail. le n'affirmerai rien que je ne tienne pour vrai (avec quelques preuves, si je ne me trompe), et je donnerais volontiers mes raisons si le gros volume que voici en laissait le loisir. Mais des dissertations spéciales sur bon nombre de sujets que traverse notre route, conduiraient à être interminable; et l'on peut m' accorder, ce semble, d'après des travaux antécédents, que je ne recule pas devant les citations (même accumulées) lorsque je les crois à leur place. Ici, ce serait sans fin, si l'on voulait saisir l'occasion aux cheveux; et tant d'occasions se présentent dans un livre comme le nôtre, qu'il faut se tenir en garde contre l'entraînement de l'érudition. Il s'agit de mettre en lumière ce qui dans la vie des saints a particulièrement fixé l'attention des peuples, et d'exposer les faits d'où est né ce choix. On conviendra que c'est une tâche fort suffisante, et qu'il serait exorbitant de vouloir appuyer sur les accessoires. Prenons donc comme simple éclaircissement toute considération générale, et courons au plus pressé dès que le nécessaire est dit en ces matières de pure information qui doivent faciliter l'entente du principal sujet.
Le nimbe, pour couper court aux détails qui seraient oiseux ou traînants dans le travail actuel, est un ornement honorifique dont les chrétiens ne sont pas les inventeurs. Réduit à l'état de cercle (ou si l'on veut, de disque) qui environne la tête d'un personnage, il semble avoir eu son point définitif de départ dans les contrées
où la civilisation grecque des Macédoniens confinait au despotisme de l'Inde. On l'y voit donné à des rois par cette Asie servile à la fois et emphatique qui divinisa de bonne heure le pouvoir humain , comme pour masquer et motiver ses bassesses quotidiennes. L'époque chrétienne montre le nimbe circulaire conservé à des personnifications de provinces, de villes, du soleil et de la lune, sans doute parce qu'elles avaient été divinisées autrefois. Mais pour les vivants qu'il s'agissait de faire ressortir comme personnes vénérables par l'autorité ou
une dignité quelconque, nous voyons de bonne heure et assez longtemps leurs têtes entourées d'un nimbe carré*. On a pu s'en apercevoir déjà (sous le titre Épiscopat, p. 374) dans la reproduction d'une peinture exécutée à l'époque de saint Grégoire le Grand. En voici un autre exemple, emprunté au moyen âge par les Bollandistes3.
1. Protevangel. Jacobi Minoris, cap. m (éd. Thilo, p. 180-191 ).
Une prose (Mater matris Domini), dans les vieux Missels de Liège (1499) et d'Autun (1530), témoigne de cette légende, tout en ne parlant guère que de saint Joachim parmi les bergers (Cf. Berger, p. 133, etc.) :
■ Anna diu sterilis Apud Deum humilis Propter virum anxia ; Qui turbatus nimmm Triste per eloquium Datum ad altaria,
Propter verba prœsulis Juxta vicem exulia Pugit ad ovilia ; Quem cselestis nuntius Pulcher et propititis
Blanda per etoquia Solvit a miseria.
Per exempla veterum Cor ferons, et miserum Reducens ad gaudia Veraci prophetia ;
Confortant Et monstravil Quod Mariam Bgregiam Gigneret ex te, pia. Etc. »
2. Ce n'est pas que l'empire grec n'ait longtemps continué dans
l'art les apothéoses païennes des grands dignitaires, conformément au style de chancellerie qu'il avait hérité de la Rome impériale. L'Occident tenait beaucoup moins à ces traditions serviles. Mais je ne rédige pas une monographie du nimbe avec interprétation des faits particuliers qui dérogent à la théorie générale; et l'Église latine est mon principal objet. Cf. AA. SS. August.,t. I, p. 186*. — Steph. Borgia, De cruce veliterna, p. 52. Buonarroti, Vetri, p. 62; etc., etc. M. V. Didron en a donné plus d'un exemple dans son Iconographie... de Dieu, p. 54-59.
3. AA. SS. Maii, t. VII, p. lxxiv. — Quant au mot indimnus pour indignus (dans l'estampe, et probablement dans l'original aussi) c'est une erreur si facile à corriger que je ne sais si cela méritait la peine d'être signalé au lecteur. Mais profitons, avec les Bollandistes, de cette occasion pour faire voir que. le xie siècle représentait encore les évêques barbus. Quant au pallium (orarium, homophoriwn), il n'est pas aisé de reconnaître ici ce qu'il y avait de différence à cette époque entre les évèques latins et ceux de l'Église grecque.
NIMBE
C'est un évêque Aribert, ou Héribert (de Milan), qui s'était fait représenter offrant à Dieu l'église bâtie par lui sous le vocable de saint Denys son prédécesseur, et sur lequel je n'ai pas ici à m'étendre autrement1. 11 suffit d'avoir constaté l'usage du quadratum, qui ne semble pas avoir dépassé le xme siècle-, et de faire voir dans un monument assez ancien cette vieille coutume de placer un petit modèle d'église sur la main de son fondateur. L'unique remarque qui peut être utile à ce propos, c'est que le caractère de l'art roman, germanique ou byzantin, est bien reconnaissable dans ce petit édifice où la coupole et ses clochers s'associent avec quelque lourdeur, mais non sans majesté. On serait tenté d'y voir une petite sobor des Slaves orthodoxes (c'est-à-dire schismatiques, pour le moins) *.
Le nimbe polygone (hexagone souvent), par une sorte de compromis, semble avoir été employé sur la fin du moyen âge pour les personnifications, afin qu'on ne les prit pas pour des personnes réelles ; mais l'exemple n'en est pas fréquent, et pourrait bien avoir conquis très-peu d'étendue soit dans le temps, soit dans l'espace.
Quant au nimbe circulaire, le plus ancien et le plus usité, sa véritable forme aux bonnes époques est déterminée par un coup de compas dont la pointe fixe serait placée à la racine du nez, tandis que l'autre atteindrait en bas la clavicule. Ainsi le cou se trouve compris dans le cercle, qui dépasse très-sensiblement le front par en haut; et quand le personnage est vêtu, la partie inférieure du disque touche à peu près sa robe au-dessus de la poitrine. Vers le xve siècle (et quelquefois avant), on trouve des manuscrits entiers où le point de centre s'élève jusqu'au niveau du sommet des sourcils ; en sorte que la courbure inférieure passerait sur le menton, ou même entre le menton et les lèvres. Ainsi le coun'est plus compris alors dans V nimbe, tandis qu'il s'y trouvait tout entier dans le système précédent. Ce surhaussement, introduit par le désir de faire du nouveau, fut encore exagéré plus tard, et réussit encore moins à devenir gracieux. Ce sont des fantaisies dont l'étude a peu d'importance pour nous, bien qu'elle ait son utilité comme indice chronologique.
Ce que l'on a nommé nimbe crucifère est-il bien réellement timbré d'une croix, ou seulement de trois rayons qui indiqueraient la sainte Trinité? Problème bon pour ceux qui ont du loisir. L'affaire importante est que
1. On se tromperait donc beaucoup en prétendant y voir saint Héribert de Cologne, et l'église de Dcutz fondue par lui.
1. Dieu me garde d'envenimer les blessures de l'Église ! Mais qu'est-ce que cette prétention A' orthodoxie arborée comme exclusivement par des peuples chez lesquels la science tliéologique Joue un rùlc si mince depuis des siècles , et qui se garde bien de prendre In mot d'ordre ecclésiastique ailleurs qu'à la police temporelle ou dans les dictées de l'entraînement national? La France, sans être un modèle tout il fait idéal, a trouvé de nombreux martyrs pour tenir tète a la Constitution civile du clergé, volée par une assemblée populaire. Or il ne s'agissait pas là de foi, si ce n'est dans
ce nimbe se donne aux seules personnes divines et parlant à la main droite qui représente souvent Dieu le Père (Cf. Main divine). Ce nimbe trifide, ou crucifère, si l'on veut (en un mot le nimbe divin), ne se voit guère comme forme obligatoire avant le xnc siècle; mais à partir de là, son usage est constant; et toutes les fois qu'il est donné à d'autres qu'à l'une des trois personnes divines (y compris la colombe qui représente le Saint- F.sprit, l'Agneau qui porte les péchés du monde s, et la droite céleste dont nous parlions il n'y a qu'un instant), c'est une bévue d'artiste malavisé, à moins que ce ne soit une finesse. Sur les bords du Rhin , je ne sais plus où, quelque peintre a représenté un mendiant ou voyageur besoigneux dont la tête est entourée d'un nimbe divin ; mais c'est évidemment afin de nous faire entendre que N.-S. Jésus-Christ se tient pour fait à lui-même le traitement qu'aura reçu le pauvre*.
Les trois demi-diamètres (je parle du moins de ce qui est visible ordinairement) dans le nimbe divin , commencèrent par n'être que des bandes plus ou moins larges tracées sur la direction correspondante aux deux lignes qui suivraient les yeux et le nez. Ces bandes, souvent ornées de pierreries (ou comme on dit, gemmées) s'épatèrent plus tard vers la circonférence; et comme leurs extrémités se rapprochaient quelquefois beaucoup, des maladroits crurent que la croix du nimbe était formée ,par les intervalles qui séparaient ces bandes; en sorte que la croix (si c'en était une) aurait élé oblique au lieu d'être droite5. Sur ce faux patron plus d'une image a été taillée, se taille même encore çà et là par des artistes inattentifs ou inintelligents.
Ces considérations générales ont leur valeur, si on les prend avec la mesure dont il faut toujours tenir compte en affaires où l'usage a précédé les formules réglementaires. Qu'on ne leur attribue donc pas une valeur absolue pour toute époque. Le nimbe divin ne prend guère place, comme prescription bien acceptée, avant le vme siècle; et encore se contente-t-on alors du nimbe tout simple pour une' personne divine, en le retranchant aux saints qui figurent dans la même scène. Voici (p. 577) un verre à feuille d'or gravée qui montre Notre-Seigneur sans nulle subdivision du disque où sa tête est enserrée'.
Ailleurs, vers ces époques reculées , Jésus-Christ ne porte même aucun nimbe lorsqu'il paraît seul. Il est donc
des conséquences médiates. D'où viendrait donc le prétexte do reléguer l'Église latine, en masse, dans l'hétérodoxie? On peut voir que ce n'tst pas uous qui sommes les plus provocateur».
3. Toutefois, pir une sorte de délicatesse peut-être, attendu qu'il n'agissait uniquement de symboles, la colombe et l'agneau n'ont pas toujours le nimbe divin. J'en dirai encore un mot tout à l'heure.