Garrucci, Velry..., tav. IX; et p. 30, sg
2. Dans les Vitraux de Bourges (pi. xx-xxm), les premiers seuls portent le nimbe (pi. xx) et les autres en sont dépourvus, C'est donc
un peu vite au sujet du nimbe. On a donc dit tout à l'aise, sur la foi de guides mal assurés, que les sainls de l'Ancien Teslament ne se peignaient pas avec le nimbe. I.a preuve du contraire est dans notre volume où les Prophètes des portes de Saint-Paul-ciÊra-muros sont tous nimbés-. Mais il reste une excuse à ceux qui pensèrent pouvoir établir ce fait comme généralement observé. C'est que bien des personnages de la Bible ne figurent pas pour eux-mêmes dans les vieilles peintures chrétiennes. On pourrait même énoncer que leur rôle habituel y est symbolique pour élever la pensée du spectateur vers celui dont ils étaient le type dans le dessein de Dieu. Dès lors Jésus-Christ, fin de la loi ancienne (Rom. x, h; etc.), les efface par sa venue où se réalisent les promesses; et ce qui était symbole se trouve relégué dans l'ombre. C'est encore pourquoi l'emblème du Bon Pasteur, quoique emprunté à l'Évangile, ne reçoit à peu près jamais le nimbe, même dans sa forme la plus simple3.
Cependant l'Agneau divin est souvent nimbé, ou distingué par quelque signe équivalent; peut-être comme symbole particulièrement auguste. Mais ne nous abandonnons pas à la pente des épisodes, si excusables et si utiles qu'ils puissent être. Un ouvrage reste encore à faire sur maintes questions que nous devons écarter pour laisser place aux détails de la vie des saints.
On a parfois employé comme expressions synonymes, les mots auréole et nimbe, langage qui n'est pas conforme à la coutume liturgique. Les canonistes désignent assez ordinairement l'auréole par ces mots latins radiatum caput, et le nimbe par ces autres diadema circa caput. Or il est admis par la congrégation des Rites que le nimbe (diadema circa capul) doit être employé uniquement pour les saints; tandis que l'auréole (radiatum capul) distingue les bienheureux, c'est-à-dire ceux dont
deux choses que de formuler une loi, et d'en vérifier les bases historiques.