Hat. sacra, 1. cit
5. J'ai abrégé ailleurs autant que possible l'histoire des embarras du pape Vigile avec la cour de Constantinoplc, et les traits principaux de l'affaire des Trois chapitres. Vouloir l'expliquer ici, ce serait introduire un épisode qui conduirait bien loiu. Cf. Souvenirs de l'ancienne Église d'Afrique (1802), p. 229-240,
6. Un cadeau également creux dans son résultat est raconté par les biographes de saint Chrêmes, abbé basilien en Sicile (0 août, 1116). Le comte Roger passant près de l'Etna, notre saint pensa devoir quelque chose à un prince qui guerroyait si rudement les Sarrasins. Il appela donc les animaux des bois, qui se mirent à sa suite pour se rendre avec lui près du conquérant. Celui-ci, un peu étonné do pareil présent, demanda au donateur comment il s'y prenait pour réunir tout ce gibier. Peut-être comptait-il apprendre ainsi quelque nouveau procédé de chasse, mais le Normand fut joué par le Grec; car ce dernier, voyant qu'on s'enquérait de sa recette, se tourna tout bonnement vers son cortège. Donnant alors sa bénédiction aux bêtes qui lui avaient obéi jusque-là, il leur dit : On lie veut pas de vous. Sur quoi chacune d'elles prit lestement sa course vers la forêt. Cf. AA. SS. August., t. II, p. 174. — Hagiolog. Italie., 1. 11, p. 79.
7. D'anciens almanachs parisiens ne manquent pas de dire, au 17 octobre (jour de Saint-Cerboney) : « Toutes les paroisses et collégiales qui suivent le rit de Paris prennent leurs habits d'hiver. » La pratique de cette prescription a persisté jusqu'à nos jours.
8. Il n'est pas aisé de comprendre comment une ville construite au xn' siècle, et dont le nom rappelle Alexandre III (1159-1181;
OIE
abaisser un vol d'oies sauvages pour choisir parmi elles de quoi traiter un hôte auquel il ne pouvait rien offrir. Notre saint lombard est placé trop près de saint Martin (la Saint-Martin d'hiver) dans le calendrier, pour que j'aie à faire ressortir la fonction probable de l'oie auprès de l'un et de l'autre.
Saint Waast (Vàt), évêque d'Arras(Cf. Loup, p. 528). Sa fête se célébrant au commencement de février, l'oie qu'on lui fait rapporter par un loup pourrait bien être un signe des approches du printemps ; ainsi que nous aurons à le dire pour quelques saintes qui vont avoir leur tour. Ne serait-ce pas aussi un calembour fondé sur son nom où le W, dans les pays Wallons ( de même qu'en Flandre et en Angleterre), sonne comme s'il s'agissait d'une oief
Saint Wulstan, ou Wolstan, évêque de Worcester (Cf. Aveugle, p. 106). Guillaume de Malmesbury raconte que le saint (non pas encore moine) disant un jour la messe, sentit l'odeur d'une oie que l'on faisait justement rôtir à son intention dans la maison voisine de l'église pour lui offrir un repas convenable après l'office divin. L'homme de Dieu avait jeûné jusqu'à une heure assez avancée, ayant eu à expédier diverses affaires avant sa messe; et le fumet du rôti ne laissa pas de lui donner quelques distractions à l'autel, à cause de son estomac saxon. Mais le saint surmontant bientôt cette tentation de gourmandise, promit à Notre-Seigneur devant l'hostie et le calice qu'il venait de consacrer, que jamais plus il ne toucherait à pareille viande. Le reste de sa vie, sans jamais blâmer les autres qui n'avaient point fait la même promesse, il se donnait l'air de ne pas aimer ce genre de plat l.
Saint Ferréol [Ferreolus), soit l'évêque de Limoges, soit l'officier romain martyr qui est honoré à Vienne en Dauphiné (tous deux fêtés le 18 septembre), sont quelquefois accompagnés d'une oie ou de plusieurs. Rappelonsnous que le passage de ces oiseaux a lieu dans nos contrées vers la mi-septembre quand ils quittent le nord. Mais pour saint Ferréol, martyr, il peut y avoir eu l'intervention d'un jeu de mots comme j'en ai signalé plus d'un ailleurs (Cf. Calembour) dans le culte des saints. Les Actes de celui-ci* disent que, fuyant la prison où il avait été renfermé, il fut ressaisi par les païens vers l'Auvergne, sur le bord d'une rivière nommée Jaris ou
Jaira, que les commentateurs ne paraissent pas avoir encore identifiée bien certainement avec un des affluents de l'Allier. Or on sait que le mâle de l'oie s'appelle en français jars, et cet oiseau ne serait-il pas un artifice mnémotechnique pour rappeler le Heu où avait été pris notre saint ?
Saint Guennolé ( Guingalois , Guignolé , etc. , etc. ) abbé de Landevenec (Cf. Fontaine, p. 621; etc.). On lui attribue le miracle suivant. Sa sœur courant après des oies sauvages, aurait eu l'œil arraché, avalé même par un de ces oiseaux. Le saint y trouva remède en éventrant la bête pour retrouver l'œil de sa sœur et le remettre en place. De quoi ni la jeune fille ni l'oiseau ne se trouvèrent plus mal par la suite qu'avant l'accident. Ce récit breton ' a un air si étrange, que j'aime beaucoup mieux l'interpréter sans l'admettre tel quel. Saint Guennolé est fêté le 3 mars ; et l'oie de fève, comme on dit, arrive du midi en Ecosse au commencement de mars pour s'éloigner sur la fin d'avril. L'oie sauvage proprement dite s'y abat au lieu de sa ponte, vers le commencement d'avril. 11 y a donc, selon la température variable des automnes et des printemps, ou selon l'espèce des diverses oies, motif pour rattacher leur passage à plusieurs saints disséminés entre septembre et novembre ou février et mars •. Ajoutons que dans nos climats, quelques-uns de ces oiseaux trouvent moyen de passer absolument l'hiver çà et là; ce qui devait être bien plus fréquent lorsque la population était moins dense, et le régime des eaux moins modifié par les progrès de la culture.
Sainte Wéréburge vierge, fille d'un roi des Merciens etabbesse; 3 février, v. 700. Sa légende raconte que comme elle était dans son domaine de Wedon, une des habitations royales du Northamptonshire, une nuée d'oies sauvages s'abattit sur ses champs. Avertie de cette invasion qui menaçait gravement la récolte, la jeune princesse dit au paysan qui lui en apportait la nouvelle, d'amener la bande d'oiseaux5. Là-dessus, allant trouver les oies, cet homme leur dit : « Venez-vous-en vers ma maltresse, et vous trouverez à qui parler. » En vertu de cette injonction , les pauvres animaux s'en allèrent très-piteux jusqu'à la cour du château sans qu'aucun songeât à prendre son vol. Arrivés là, ils poussèrent de grands cris comme pour obtenir qu'on leur
chef de la Ligu» lombarde, aurait eu des évèques quatre cents ans avant sa fondation. Laissons cela aux Boilandistes futurs, et disons qu'il s'agit d'un vieux siège ligurien transfère & la cité Alexandrine. Cf. Hagi'olog. italic, t. II, p. 283.