Ibid., p
5. Je ne sais si l'un de ces radicaux se retrouve dans la fameuse grotte de Covadonga , d'où les vieux chrétiens espagnols prétendent s'être élancés pour reconquérir leur patrie sur les Maures.
(i. Calendar. benedict., 25 mart. — AA. SS. Mari., t. III, p. 501, sq.
7. Cf. Rader, Davaria sancla, t. III. — Les Bollandistes (Octobr., t. I, p. 51, sq.) trouvent que cette façon de chevaucher a travers l'Italie et de se présenter dans la capitale du monde chrétien, ne
soit venu de Grèce, fails qui ne sont pas bien établis. Mais on peint fréquemment près de lui une ourse avec son ourson. D'après diverses légendes 3, cela signifierait qu'il fut découvert dans sa solitude par un veneur du roi de France (Dagobert, dit-on), qui poursuivait un ours; ou que la bête ayant dérobé le manteau du sainl homme pour abriter son petit, saint Guilain retrouva le vêlement, qu'il cherchait, sans que l'animal défendît son butin. On ajoute même que ces bêtes farouches abandonnèrent la forêt. Les Bollandistes font remarquer4 qu'un biographe belge du saint ne dit rien de ces circonstances merveilleuses; et l'on peut bien croire que la représentation de cet. animal à côté de l'ermite est tout uniment une indication topographique. Nous savons que le lieu appelé maintenant Saint-Ghilain, fait partie de défrichements qui remontent à l'érection de l'abbaye; et qne son ancien nom était Ursidongus, comme qui dirait tanière de l'ours'. Ne serait-ce donc pas un simple souvenir de l'ancienne forêt remplacée, grâce aux moines, par une ville qui se groupa autour du monastère?
Saint Humisert, abbé de Maroilles (Cf. Anges, p. 39; Cerf). Né en Hainaut, il fut élevé parmi le clergé de Laon. De retour en Belgique, il accueillit saint Amand qui se rendait à Rouie, et l'accompagna dans ce voyage. C'est alors qu'on lui prête la même aventure qu'à saint Corbinien, à saint, Maximin de Trêves, à saint Éloi, à sainl. Martin de Vcrtou, à saint Marin de Dalmatie,etc. c On le peint donc aussi suivi d'un ours bâté.
Saint Bomedius ou Rcmedius (Cf. Oiseaux, p. 588). Il passe en Tyrol pour avoir été comte de Thaur; et les gens du pays mettent sur son compte une édition nouvelle du récit déjà répété pour saint Humbert de Maroilles entre autres. Afin de n'en pas faire tout simplement un égal de ceux qui lui ressemblent par cet endroit, les Tyroliens disent que la monture du saint homme ayant été mangée par un ours, le pèlerin enfourcha la bête vorace et fil son entrée à Rome dans cet équipage7.
Saint Columban de Luxeuil, abbé (Cf. Auréole, soleil , p. 98). Venu d'Irlande en Austrasie avec plusieurs de ses compatriotes, il y fonda entre autres l'abbaye de Luxeuil ; puis porta sa règle irlandaise jusqu'en Suisse et en Lombardie, où le monastère de Bobbio conserva longtemps le souvenir de sa science et de ses vertus un peu rudes. L'ours que l'on représente souvent à ses côtés me paraît êlre un souvenir de ce qu'il fit pour la foi dans le
semble pas très-conforme à l'humilité dont le saint homme faisait d'ailleurs profession.
Une hymne publiée par M. Mone (Hymni... medii a>vi, t. 111, p. 489), dans laquelle saint Bomedius semble confondu avec saint Rémi, ne renferme du reste pas grand' chose sur la légende de l'un ni de l'autre. Aussi pourrait-elle bien appartenir à n'importe lequel des deux. C'est le cas de faire observer que les Bollandistes (AA. SS. Octobr., t. I, p. 52-55) réfutent Tartarotti qui veut que les deux saints ne soient qu'un seul personnage. Mais à la même occasion, notre légende dos oiseaux (Ibid., p. 51, sq.), et autres, sont assez maltraitées. Nous avons donné le récit populaire, sans le garantir.
OURS
Jura et dans les Alpes. Aussi les auteurs qui ont voulu y voir un fait purement historique ont-ils varié dans leurs explications. L'un raconte qu'il se retira dans une caverne d'où il chassa un ours malgré le droit du premier occupant1, comme saint Sabas de Palestine l'avait fait pour un lion (supra, p. 512). Cf. Ermites.
Ses biographes' racontent de lui une autre histoire d'ours arrivée à Luxeuil. Le saint homme aurait trouvé dans la forêt un cerf tué par les loups; et déjà un ours qui avait probablement chassé les meurtriers, se mettait à lécher le sang avant de passer outre. L'abbé lui intima de ne point toucher à la peau, dont les religieux avaient besoin pour leurs chaussures. L'ours, qui ne savait probablement pas comment s'y prendre pour arriver à la viande sans gâter cette peau, s'en alla moins grognon que ne semblait le comporter sa déconvenue; et les religieux vinrent dépouiller sans encombre la bête morte. Il n'est pas dit si l'animal congédié eut droit de toucher ensuite à la chair; mais il semblerait que oui, car des oiseaux réunis pour se régaler du cerf n'osèrent pas approcher de ce festin qui paraissait leur être abandonné.
On pourrait se croire autorisé par ces variantes à chercher la véritable origine dans un symbole qui prétendrait rappeler les fruits de sainteté que l'homme de Dieu avait fait produire à des régions désertes et sauvages. Mais il faut pourtant accorder une valeur historique positive au témoignage authentique de contemporains.
Saint Gerold de Feldxirch (Cf. Ermites, p. 381). Nous avons dit qu'il fut trouvé dans son ermitage à l'occasion d'un ours que poursuivait un seigneur. Le saint reçut des champs pour bâtir un monastère, et garda l'ours à son service comme manœuvre \
Saint Martin de Vertou abbé, après avoir été solitaire ; 24 octobre, v. 604. Il a été gratifié de la même merveille que nous avons déjà vue pour saint Corbinien, saint Guilain, saint Humbert de Maroilles, saint Poppon (pour un loup), saint Romedius, etc., etc. Un ours ayant dévoré l'âne qui portait le bagage de saint Martin et de son compagnon pendant leur voyage, le saint obligea l'animal carnassier à remplacer la bête de somme4.
Saint Marin de Dalmatie, ou de Rimini (Cf. Ciseau, p. 223). Un ours ayant mangé l'âne du saint homme, fut mis par lui en réquisition pour continuer les services de la pauvre bête qu'il avait croquée*. Ne serait-ce pas une manière de dire qu'il fixa son séjour sur une montagne solitaire?
Saint Avenus de Troyes (né en Rerry), solitaire après avoir été disciple de saint Loup; 4 février, v. 540. On rapporte que sa bonté rassemblait les animaux autour de lui, sans aucune crainte, et sans que jamais les bêtes les plus farouches lui causassent de mal. On place souvent près de lui un ours et des oiseaux pour exprimer son empire sur les créatures vivantes.
Saint Florent de Norcia, moine; 23 mai, vers 547. Saint Grégoire* rapporte que plusieurs de ses brebis s'étant égarées, le serviteur de Dieu confia les autres à un ours qui, pendant l'absence du berger, conduisait le troupeau et le défendait contre toute attaque.
Saint Viants (Viance, Vincentianus), solitaire en Limousin; 2 janvier, v. 730. Ce saint n'a pas eu de bonheur avec la postérité : nommé à peine par Manillon (AA. SS. 0. S. B., Sxc. 111, p. 1, p. 404) qui avait cependant sa biographie ancienne entre les mains, et complètement omis par Le Cointe qui avait prêté ce manuscrit à Mabillon, il est renvoyé par les Bollandistes (AA. SS. Jul., t. V, p. 304) à une seconde édition du mois de janvier. Mais M. Ferdinand de Lasteyrie me met sur la voie d'un miracle représenté par la châsse du saint, et qu'il explique d'après, une traduction française de la biographie primitive. Je suivrai son récif. Saint Viance disciple de saint Ménélé (ou Méléré), étant mort à Rouffiac, son corps fut transporté vers une église récemment bâtie sur les bords de la Vézère. Deux bœufs traînaient le char; et dans un moment d'arrêt, l'un d'eux fut dévoré par un ours. Cela devait rendre malaisé le reste du trajet. Cependant l'évêque Rustique de Limoges (saint Rustique peut-être) ordonna d'amener l'ours et de l'atteler en place de sa victime. Sur quoi, le voyage continua sans autre difficulté jusqu'au lieu de la sépulture. Si cet évêque est saint Rustique, le prodige peut tourner à son honneur; au fond, la châsse de saint Viance semble supposer que c'est un effet des mérites du mort. Une inscription (Sainsmacnsa) qui embarrasse M. Ferdinand de Lasteyrie, pourrait bien n'être que les mots Sains Viants (ou Vianx), mal disposés par l'émailleur trop peu attentif à son programme.
Saint Eustache martyr (Cf. Cerf, p. 184; etc.;. On le voit souvent dans les représentations anciennes, près d'un ruisseau qu'il traverse à grand'peine; tandis que sur les deux rives, un loup et un ours (d'autres disent un lion) emportent chacun de leur côté l'un des enfants que le saint avait laissés sur le bord de l'eau 8. Cela s'est
1. Longueval, Histoire de l'Eglise gallicane, livre VIII, A. 590. S. AA. SS. O. S. B., t. H, p. 16.