De ceremon. i
ARMES, ARMURE
çà et là dans le langage ecclésiastique '. L'office grec le répète surabondamment*. Il ne faut donc pas s'étonner si nous avons à citer comme armé de pied en cap plus d'un saint dont il ne serait pas facile de donner Y étal de service séculier.
Cela dit, on comprendra beaucoup plus facilement pourquoi nous éprouvons quelque doute sur l'attribution de divers martyrs à la légion Thébaine. La Suisse et la Haute-Italie, l'Allemagne même, peuvent bien avoir profité de la célébrité de saint Maurice pour ranger parmi ses soldats plusieurs saints qui avaient souffert une mort violente à quelque distance du Valais.
Nul ne compte sans doute voir ranger parmi les gens d'armes tous les saints qui se peuvent voir ainsi représentés quelque part. Outre qu'il en est plus d'un qui m'aura échappé, je ne me propose guère d'énumérer ici que ceux dont l'armure est à peu près tout l'attribut caractéristique , ou chez lesquels ce costume se mêle à quelque autre désignation d'une manière inattendue (comme pour certains ermites, par exemple). Ainsi des rois ou princes du moyen âge, même très-guerriers, ne figureront pas dans cet article s'ils ont d'autres marques distinctives adoptées par les artistes. De même saint Georges, tout patron qu'il était de la chevalerie, est bien plus caractérisé par son dragon que par l'armure et le cheval qu'on lui donne cependant presque toujours, mais qui le confondraient avec beaucoup trop d'autres.
Ajoutons que sous ce chef, comme sous celui des armées (batailles), on pourra bien ne pas rencontrer certains personnages qui se trouveront à l'article Bannière (étendard). C'était le moyen de diminuer des groupes où la recherche serait devenue fatigante pour n'être pas assez limitée; cependant il est des saints qui paraîtront sous ces diverses rubriques , soit parce que je ne me serai pas assez surveillé dans le classement, soit afin de faciliter la réponse aux questions qu'un observateur peut s'adresser dans ses doutes.
Saint Paul apôtre, parfois représenté en officier romain lorsqu'il est terrassé sur le chemin de Damas. Est-ce parce qu'il était censé conduire des soldats pour s'emparer des chrétiens? Cf. Épèe, etc.
Saint Maximilien, évêque de Lorch; 12 octobre, 283 ou 303. Guidant les fidèles dans un combat contre les troupes romaines. Je n'ai pas à démêler si sa légende est bien authentique ; le fait est qu'on lui a prêté le dessein de défendre sa patrie (Cilly en Styrie) contre les édits de Numérien ou de Dioclétien qui voulaient étouffer le christianisme. Le saint, chassé de sa
1. Hymn. vespertin. Breviar. moiarab. , ap. Daniel, Thesaur. hymnolog., t. I, p. 142 :
m Manu« perarmet spe% filles, Lumbot valent crux obtegat, Ciogamur anie apihtus.
2. Le* saints y sont traités d'onXitai, de irpauurai ; on dit de
ville épiscopale, aurait encouragé ses concitoyens à résister ouvertement au gouverneur du Norique. S'agissait-il d'un ordre donné aux habitants de vider les lieux pour se replier en deçà des nouvelles frontières que l'empire espérait mieux défendre s? et le peuple fidèle préférait-il le risque de vivre parmi les envahisseurs barbares au danger de voir sa foi se perdre sous les lois païennes? Les dévastations longtemps subies par cette contrée nous ont fait perdre les Actes de saint Maximilien, le plus clair est que cet évêque périt par l'épée. Ce peut bien avoir été après des reproches adressés publiquement au gouverneur romain ; mais le peuple chrétien du temps passé ne se scandalisait pas trop de songer qu'un pasteur avait pu prendre les armes avec son peuple pour défendre la foi. Les ducs de Bavière du xvie siècle, qui s'honoraient d'être champions de l'Église, n'avaient pas peur d'un nom (Maximilien) où le zèle pour l'Évangile semblait puiser quelque chose d'un peu rude. Cf. Armée, ci-dessus, p. 69.
Saint Martin de Tours (Cf. Apparitions de Noire-Seigneur, p. 5/i). Souvent, sans lui donner aucune marque de la dignité épiscopale, on se contente de le représenter en soldat, à cheval au moment où il coupe son manteau pour le partager avec un pauvre. C'est ce qui fait l'objet du contre-scel (un peu fruste) ci-joint, déjà publié
par la Revue archéologique* et qui provient du prieuré de Bollène dans le diocèse d'Orange.
Saint Aubin, évêque d'Angers-, 1 mars, 5Zi9. Je le trouve plusieurs fois revêtu d'une armure, ou avec cet insigne près de lui, pour exprimer qu'il avait renoncé aux honneurs du monde en adoptant la vie monastique. Cf. Aveugles.
Saint Arnoud, évêque de Metz; 18 juillet, v. 640. Une armure sous sa chape épiscopale. Ce doit être une indication de sa haute naissance et de la vie qu'il avait menée avant son épiscopat. Il est considéré comme ancêtre des
saint Lucien ( 15 octobre) ôn).oi; eùoi6eia; ai Owpaxioa;... Si j'avai>pris la peine d'en noter les variations, surtout quand il s'agit d'un vrai guerrier, l'on me trouverait a bon droit insupportable. Celui qui en voudra un échantillon, peut consulter l'Office de saint Théodore sTpxrr)) irr); au mois de juin.