Revue, 2e année, n» partie.' 1840), p. te», sv
ARMES, ARMURE
Carlovingiens; on prétend même qu'il avait été maire du palais d'Austrasie. Non content d'avoir abandonné la vie séculière en se séparant de sa femme qui entra dans le cloître, il quitta plus tard l'épiscopat pour mourir en solitaire dans les Vosges. Cf. Poisson, etc. Saint Arnoud, évêque de Soissons; 15 août, 1087. On
le représente comme le précédent, parce qu'il avait été guerrier (en Flandre) avant d'embrasser la vie monastique dans l'abbaye de Saint-Médard. Mais il est distingué du saint Arnoud de Metz par le choix que les bras-
seurs ont fait de lui comme patron de leur métier, ce qui lui vaut un attribut spécial. Cf. Fourche, etc.
Saint Erphon, évêque de Munster; 9 novembre, xi» siècle. Hollar le représente avec une cuirasse sous sa chape; et je suis trop mal renseigné sur la vie de ce saint pour expliquer cette gravure d'une manière satisfaisante. Je supposerai que l'artiste a voulu exprimer ainsi le pouvoir temporel des évêquesde Munster; à peu près comme dans le blason des princes évoques, on voit la crosse et l'épée accompagner l'écu. On prétend même que Jean Visconti, archevêque et seigneur de Milan au xive siècle, ne célébrait point l'office sans faire placer l'épée sur l'autel, afin de bien constater qu'il réunissait les deux pouvoirs.
Saint Rosende (Rudesindus), métropolitain de la Galice. Cf. Église, Épèe.
Saint Landelin, abbé de Crespin en Hainaut; 15 juin, v. 686. L'armure que l'on place près de lui indique probablement non pas tant sa noblesse que le métier de brigand (ou si l'on veut de pillard, à la façon des gentlemen de grandes routes), qu'il exerça pendant plusieurs années. Ce n'est pas qu'il n'eût été élevé près de saint Aubert évêque de Cambrai , mais les mauvaises compagnies l'entraînèrent dans une vie de désordres et de violences. Enfin il retourna pleurer ses péchés auprès du saint évêque, et devint le fondateur de plusieurs abbayes •.
Saint B avon, ermite et moine (Cf. Arbre, p. 67). Comme marque de sa noblesse on lui donne volontiers en Flandre, soit une armure, soit un riche costume, et une grande épéenue à la main. Les habitants d'Harlem, dont il était le patron, aussi bien que de Gand, tiennent qu'il s'est montré ainsi dans une apparition 2. On lui met aussi sur le poing gauche un faucon, en signe de seigneurie; et l'on ne lui refuse pas même le sceptre, ce qui est bien un peu fort. Mais Bavon est le Rolland des Flandres, sauf que son époque est antérieure à celle du paladin français, et que personne n'a prétendu en faire un martyr. Du reste les Belges le tiennent pour incomparable, témoin ce vers (qu'ailleurs on a détourné pour d'autres saints) :
« Ante périt mundus veniat quam Bavo secutidus. »
Depuis cinq ou six siècles l'usage a quasi prescrit de lui donner une toque panachée, avec un long manteau de prince; et parfois un livre indique sans doute les méditations auxquelles il se livra dans sa retraite après avoir distribué ses grands biens aux pauvres.
Saint Guibert, abbé de Gembloux; 23 mai, 962. Armure près de lui et instruments de pénitence. 11 avait fait la guerre au service de l'empereur Othon ; et quoiqu'il eût vécu chrétiennement dans le monde, il voulut finir