‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 97 sur 1339 · Calenda-. benedic'., 15 jnn · texte numérisé non relu

Calenda-. benedic'., 15 jnn

•2. Heussen, Datai', sacra, i, 27.

ARMES, ARMURE

sa vie dans l'état religieux où il se signala par son amour de la mortification. Cf. Armée, p. 70.

Saint Gérard de Brogne (Cf. Apparitions de saints, p. 61). Une enseigne de pèlerinage du xive siècle trouvée dans la Sambre ou dans la Meuse, offre cet abbé vêtu en chevalier et portant sur sa main gauche un petit modèle d'église. Pour qu'on ne se méprenne pas sur le personnage, outre que son nom est tracé en toutes lettres, ce chevalier tient une crosse. Ses deux états dévie successifs sont exprimés par cet artifice naïf.

Saint Sébalde ermite près de Nuremberg, et patron de cette ville; 19 août, v. 750. Outre le vêtement de pèlerin qu'on lui donne presque toujours, on lui conserve parfois quelque reste d'équipement militaire parce qu'il passe pour avoir été d'un sang illustre. L'on raconte même que le jour de son mariage il obtint de sa femme que l'un et l'autre conservassent de commun accord leur virginité. Puis il se rendit à Rome en pèlerinage, et alla vivre en solitaire dans la Kranconie.

Saint Robert , fondateur et abbé de la Chaise-Dieu ; 17 avril, 1067. Accompagné de gens vêtus en soldats, qui construisent une demeure. Cf. Constructions. Ces compagnons étaient des gentilshommes attirés par la sainteté de Robert qui vinrent se mettre sous sa conduite. II ne faut pas s'étonner si des artistes du xvie siècle ou des époques suivantes, assez peu jaloux d'archéologie, ont prétendu exprimer la gentilhommerie de ces pénitents par des culottes bouffantes et des vêtements à crevés pour faire comprendre que c'étaient des personnes covime il faut. On doit s'attendre à trouver çà et là nos armures de chevaliers remplacées de même par des collerettes , des justaucorps à la Henri III, et autres agréments de la toilette espagnole du xvi° siècle.

Saint Guillaume de Gellone , comte d'Orange (Guillaume au court nez ou au cornet), solitaire et bénédictin ; 28 mai,, v. 812. 11 passe pour un des seigneurs qui aidèrent Charles Martel à repousser l'invasion sarrasine venue d'Espagne, et l'on veut que son surnom lui soit venu de ce qu'il avait eu le nez écourté dans un combat; selon d'autres ce serait tout simplement une déviation du mot cornet (cor de chasse) dont la trace est demeurée dans les armoiries de la ville d'Orange; quoique le héros des chansons de geste puisse bien être un

Français du Nord ou même un Normand ', ce qui est un peu fort toutefois. Mais ses Actes du xi° siècle le donnent pour un disciple de saint Benoît d'Aniane, et fondateur du monastère de Gellone dans le bassin de l'Hérault2.

Saint Gerlaciik, ermite (Cf. Ane, p. 32 ; Arbre, p. 67). Revêtu d'une cotte de mailles en manière de cilice. On a vu ailleurs sa conversion et sa vie pénitente. Ajoutons seulement que selon la légende, saint Servais dont il visitait chaque jour pieds nus le tombeau, vint lui donner le viatique. On l'a représenté quelquefois en costume de prémontré, parce qu'il fonda un monastère de cet ordre pour des femmes.

Saint Dominique l'Encuirassé (Loricntus), bénédictin et pénitent; \k octobre, 1061. Revêtu d'une cuirasse ou d'une cotte de mailles, outre les chaînes de fer qu'il portait habituellement. Ce fut un modèle, et quasi un monstre de mortification. On peut le considérer comme un de ceux dont l'exemple a le plus recommandé dans l'Église l'usage des flagellations volontaires 3.

Saint Godefroi de Kappenberg, prémontré; 13 janvier, 1127. Une cuirasse près de lui, ou sous ses vêtements religieux. Converti par saint Norbert, il avait persuadé à sa femme de se faire religieuse, pour qu'ils n'eussent plus tous deux qu'à se donner entièrement à Notre-Seigneur. Il abandonna tous ses biens et son propre château aux prémontrés parmi lesquels il prit l'habit et mena une vie extrêmement austère. Comme fondateur, on lui met quelquefois sur la main une petite église canoniale '.

Saint Reinold (Rainald), bénédictin; 7 janvier, v. 960. L'armure peut indiquer qu'on le regarde comme appartenant à la race des Carlovingiens. Entré dans l'ordre de Saint-Benoît à Cologne, il fut chargé d'abord des plus bas offices et mourut de la main des ouvriers qu'il dirigeait pour le service du monastère.

Saint Guillaume de Malavalle, fondateur des Guillelmites; 10 février, 1157. Il est considéré comme un baron français retiré en Toscane pour y vivre inconnu : on en fait même un duc d'Aquitaine, ce qui adonné lieu à bien des confusions dans sa légende 5. On l'a mêlé par exemple avec un autre Guillaume comte de Poitiers qui, converti par saint Bernard, alla mourir à Compostelle. Le nôtre est souvent appelé saint Guillaume le Grand ; on le

1. Cf. Paulin Paris, Manuscrits français, t. III, p. 120, svv. ; 145, sv.; 169, svv. — Dozy, Becherches sur... l'Espagne, t. II, 3!H), 369-374. — Courtet, Revue archéologique, ix* année (octobre I8VJ), p. 330, sv.

S. AA. SS. Maii, t. VI, p. 811, sqq.

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