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CHAPITRE XXXII

RÈGLEMENTS ADMINISTRATIFS CONCERNANT LA PRÉPARATION ET L'EMPLOI DE L'ACÉTYLÈNE.

Rapport présenté par M. Vieille au Conseil d*hygiène, le 17 juillet 1806, sur la préparation et l'emploi du gaz acétylène pour l'éclairage. — Ordonnance concernant l'emploi des réservoirs et appareils générateurs d'acétylène d'un dchit journalier inférieur à dix mètres cubes, à l'exclusion des lampes portatives. — Circulaire de la Préfecture de Police. — Rapport présenté par M. Vieille au nom de la commission dite « de l'acétylène » et approuvé par le Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine dans sa séance du 8 janvier 18117,

Bapport présenté par M. Vieille au Conseil d'hygiène, le M juillet 1896, sur la préparation et l'emploi du gaz acétylène

pour l'éclairage

Monsieur le Préfet,

Par votre lettre du 6 mai 1896, vous m'avez communiqué deux demandes d'autorisation et deux rapports du Service d'inspection des Etablissements classés concernant la fabrication du gaz acétylène pour l'éclairage, et vous m'avez invité à soumettre au Conseil de Salubrité un rapport sur la question de savoir s'il n'y aurait pas lieu de classer, soit par assimilation, soit par un décret spécial, dans la nomenlature des établissements dangereux, insalubres ou

incommodes, la production de l'acétylène pour Téclairage et Texistence d'un gazomètre contenant ce gaz.

Dans le cas où une simple ordonnance de police, analogue à celle qui concerne les carburateurs, serait jugée préférable, vous m'avez demandé de déterminer les dispositions indispensables à la sécurité publique qu'il conviendrait de prescrire.

Le Conseil d'Hygiène a désigné, dans sa séance du 5 juin, sur la demande de votre délégué, une Commission composée de MM. Troost, Schutzenberger, Moissan, Riche, Michel Lévy, Bunel et Vieille, en vue d'étudier les questions complexes soulevées par votre dépêche précitée.

Suivant le désir exprimé par le Conseil, MM. Chaperon, ingénieur en chef à la Compagnie des chemins de fer de Lyon, Dumont, ingénieur des services techniques et de l'exploitation de la Compagnie de l'Est, Girard, chef du Laboratoire municipal de chimie, Ogier, chef du Laboratoire de toxicologie, Bordas, sous-chef au Laboratoire de chimie, Bezançon, chef de la 2° Division et Drujon, chef du 4® Bureau, ont été adjoints à ladite Commission.

L'application de l'acétylène à l'éclairage est de date toute récente : elle résulte, en effet, du progrès de l'industrie électrique et des beaux travaux de M. Moissan relatifs à la production industrielle du carbure de calcium. Ce produit, obtenu aujourd'hui à bas prix, donne l'acétylène par une réaction d'une extrême simplicité consistant à traiter le carbure par Teau.

D'autre part, le pouvoir éclairant considérable de Tacétylène permet d'obtenir la lumière avec une dépense de gaz à Theure dix à quinze fois moindre que celle d'un bec de même puissance alimenté par le gaz d'éclairage ordinaire.

Dans ces conditions, il a été possible de concevoir de petites installations, pour ainsi dire individuelles, destinées à éclairer un établissement particulier, tel qu'un atelier ou un magasin.

Ces conditions de production et d'emploi restreintes et spéciales au gaz acétylène ne permettent pas, dans l'opinion de la Commission, d'assimiler de pareilles installations aux fabrications de gaz d'éclairage et de chauffage pour usage particulier, prévues par le décret du 3 mai 1886 et dont l'importance est beaucoup plus considérable.

Aussi la Commission a-t-elle été d'avis qu'il y avait lieu de distinguer deux catégories d'installations d'éclairage à l'acétylène :

1** Celles qui correspondent à un débit journalier de plus de 10 mètres cubes, pour lesquelles l'assimilation à des fabrications de gaz d'éclairage et de chaufiFage pour usage particulier ne paraît pas discutable ;

2° Les installations comportant une production journalière inférieure à 10 mètres cubes, dont une ordonnance de police réglementerait les dispositions indispensables à la sécurité publique.

Le projet de cette ordonnance est joint au présent rapport. Les mesures de sécurité qui y sont prescrites

SUR LA PRÉFARATION ET L'EMPLOI DE l' ACÉTYLÈNE. 383

sont basées sur les données d'expériences, malheureusement très incomplètes, que la Commission a pu réunir sur ce sujet. Il y a donc lieu de regarder ces prescriptions comme essentiellement provisoires et révisables au fur et à mesure que Texpérience aura mis en évidence des inconvénients pratiques qui ne sauraient être établis à priori.

Les dangers que peut présenter l'emploi de l'acétylène pour l'éclairage sont de diverses natures. Ils peuvent être rattachés à la toxicité du gaz, à son aptitude à former des mélanges explosifs avec l'air et enfin à ses propriétés explosibles, résultant de son caractère endothermique.

En ce qui concerne la toxicité, la Commission estime que les faits antérieurement connus, les expériences récentes de M. Gréhant et les observations personnelles de ses membres, autorisent à penser que l'emploi de l'acétylène présente des dangers d'intoxication plus faibles que ceux qui résultent de l'emploi du gaz d'éclairage ordinaire et que par suite les précautions do ventilation admises dans les locaux éclairés au gaz sont suffisantes pour écarter tout danger. Ces précautions ont été prescrites dans le projet d'ordonnance joint au présent rapport.

En ce qui concerne l'aptitude à la formation de mélanges explosifs avec l'air, l'acétylène présente des causes de danger sensiblement supérieures à celles que comporte l'emploi du gaz. Il résulte, en effet, des expériences de M. Le Chatelier que les limites de com-

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bustibilité de ces mélanges varient de 2,8 pour 100 à 65 pour 100, tandis qu'elles sont de 6 et 28 pour 100 environ pour le gaz d'éclairage. Parmi les mélanges à proportions variables, en nombre illimité, qui s'étendent depuis le gaz pur jusqu'à l'air pur, il y a donc trois fois plus de chance environ de rencontrer un mélange explosif dans le cas de l'acétylène que dans le cas du gaz d'éclairage.

Il résulte d'expériences signalées à la Commission que le mélange à 3 pour 100 doit être considéré comme franchement explosif et que les pressions des mélanges correspondant à la combustion complète sont respectivement :

De 6 kilogrammes pour le mélange à 15 pour 100 de gaz d'éclairage et d'air ;

Fît de 8 kilogrammes pour le mélange à 7,8 pour 100 d'acétylène et d'air.

C'est pour tenir compte de ces causes de danger que la Commission a introduit dans le projet d'ordonnance des conditions rigoureuses, relatives à la ventilation des locaux renfermant les appareils générateurs d'acétylène et à l'élimination des produits usés.

Il y a lieu de redouter, en effet, dans les appareils à production continue, des défauts de fonctionnement automatique susceptibles d'entraîner des dégagements de gaz accidentels et, dans les appareils discontinus à gazomètre, la diffusion du gaz à travers le liquide obturateur, diffusion facilitée par la grande solubilité de l'acétylène. C'est en raison de cette solubilité que la

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