PROCÉDÉ CLAUDE ET HESS
On sait que, dans les siphons d'eau de Seltz, la pression est comprise entre 6 et 12 atmosphères. Pour Tacétylène, si l'on ne veut pas dépasser une pression initiale de 10 atmosphères, on peut enfermer dans un récipient métallique relativement léger, ayant environ 1 litre de capacité, 250 litres d'acétylène dissous dans 1 litre d'acétone. D'où les conclusions suivantes: un réservoir de 20 litres peut alimenter, pendant 30 heures, en hiver, 20 becs de 10 bougies. Un récipient de 1 litre, placé dans une lampe portative, peut fournir, pendant 30 heures environ, une intensité de 10 bougies (1 carcel). Un litre de pétrole donne la même intensité pendant un temps un peu moins long (27 heures environ), coûte plus cher (0 fr. 60 au lieu de fr. 45, d'après le, tableau qu'on trouvera plus loin), et oblige à des manipulations désagréables. Dans les lanternes de voitures, on peut remplacer la bougie ou la lampe à huile par un récipient contenant 0,2 litre d'acétylène dissous (50 litres de gaz) et donnant environ 6 bougies pendant 10 heures. Un tube de 100 centimètres cubes peut alimenter pendant toute une nuit (10 heures) la lanterne d'un bicvcliste en donnant une intensité de 3 bougies environ.
L'utilisation du gaz dissous est extrêmement simple : il suflSt d'ouvrir peu à peu un robinet placé à la partie supérieure du récipient et communiquant avec les appareils à alimenter pour que le gaz se dégage sous forme de bulles ou par simple échange à la surface. On peut aussi se servir d'un détendeur. Le liquide épuisé,
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qui reste saturé pour la température ambiante, peut recevoir une nouvelle charge de gaz sous pression, aussi facilement utilisable.
Enfin, les précédents connus dans Tétude des matières explosives font penser que les caractères explosifs résultant de Torigine endothermique de l'acétylène sont, sinon totalement annihilés, du moins fortement atténués par le fait de sa dissolution dans un liquide inerte. Ainsi, MM. Claude et Hess ont pu maintenir indéfiniment, dans une solution d'acétylène dans Tacétone sous trois atmosphères, un fil de platine porté au rouge vif par un courant électrique.
Expériences de MM. Berthelot et Vieille. — Le seul reproche qu'on puisse faire à l'acétone, c'est que son point d'ébullition est peu élevé; il se trouve en eflfet à 56**. Il est possible que, pendant l'été, des bonbonnes remplies d'acétylène dissous se trouvent quelquefois portées à une température voisine de ce point ; il importait de savoir quelle valeur atteint alors la pression intérieure, et d'étudier plus complètement les propriétés explosives de la dissolution. C'est ce qui a été fait tout récemment par MM. Berthelot et VieilleV
Ces savants ont déterminé d'abord les pressions produites dans un récipient de 824 centimètres cubes, contenant 301 grammes ou 376 centimètres cubes, puis 315 grammes ou 394 centimètres cubes d'acétone, saturé d'acétylène à 15° sous des pressions initiales
l. Comptes rendus de V Académie des sciences, 1897.