‹ Carbure de calcium et acétylèneChapitre 59 sur 113 · PROPRIÉTÉS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

Au-dessus de 210*, on obtient Tacétylène disodé ou carbure de sodium

A partir de 210 à 220*, le premier corps se décompose en carbure et acétylène

Dans les mêmes conditions de température, le sodium attaque ce corps et le transforme en carbure

Ces réactions ne réussissent qu'avec certains tours de main. Ainsi, en faisant passer l'acétylène sur du sodium, convenablement chauffé, on n'obtient qu'une masse charbonneuse.

Pour préparer l'acétylène monosodé, on fait arriver le gaz, bien pur et bien sec, au centre d'un ballon contenant le sodium. Ce ballon est maintenu à la surface d'un bain d'huile, qu'on chauffe progressivement jusqu'à 180". Dès que le sodium commence à fondre, on agite et l'on continue jusqu'à la fin de l'opération, pour maintenir la température uniforme. On obtient ainsi une poudre blanche et bien homogène.

Pour avoir le carbure de sodium, on opère de même, mais on chauffe rapidement à 220° et l'on se maintient entre 220 et 230® ; l'acétylène monosodé se transforme ainsi en carbure C^Na*.

Ces deux composés se détruisent au contact de l'eau en reproduisant l'acétylène.

DE l'acétylène. 223

Le magnésium donne aussi un acétylure, mais moins facilement.

Enfin les carbures de calcium, de baryum, de strontium, dont nous avons indiqué plus haut la préparation et les propriétés, peuvent aussi être regardés comme des acétylures ; nous avons vu que le premier de ces corps a pris aujourd'hui une importance capitale pour la préparation de Tacétylène.

Action du fer, du nickel et du cobalt. — M. Berthelot, qui a obtenu le premier les acétylures alcalins dont nous venons de parler, a répété la même expérience avec le fer et n'a obtenu qu' « une destruction rapide de l'acétylène avec formation de carbures empyreumatiques, de charbon et d'hydrogène, sans production d'acétylure de fer ».

L'existence du nickel-carbonyle a conduit récemment MM. Moissan et Moureu à étudier l'action de l'acétylène à froid sur certains métaux, préparés de manière à les rendre très poreux.

On a choisi le fer, le nickel et le cobalt, qui ont été préparés au moyen de la réduction par l'hydrogène, à une température aussi basse que possible. L'acétylène est obtenu, dans un appareil de Kipp, à l'aide du carbure de calcium pur, obtenu au four électrique. On a ainsi un dégagement régulier de gaz, qu'on fait passer dans l'eau, puis dans la glycérine anhydre, et qu'on dessèche par le chlorure de calcium et par la potasse récemment fondue au creuset d'argent. Un robinet à trois voies permet de faire arriver brusquement

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le gaz sur le métal réduit, ^ qui est placé dans un tube rempli d'hydrogène et dans lequel on peut faire le vide.

« Dans ces conditions, aussitôt que l'acétylène se trouve en grand excès au contact du métal à la température ordinaire du laboratoire, une incandescence très vive se produit ; des fumées abondantes apparaissent dans le tube et viennent se condenser dans les parties froides de l'appareil . Si Ton ralentit la vitesse du courant gazeux, Tincandescence cesse pour se produire à nouveau dès qu'on l'accélère. »

Si l'on n'a pas réduit le métal avec soin et à une température aussi basse que possible, il peut arriver que la réaction ne se produise pas ; il suffit alors de chauffer légèrement un point quelconque du tube avec une lampe à alcool pour la provoquer. L'incandescence se propage ensuite de proche en proche.

L'expérience ne dure que deux ou trois minutes : il se forme bientôt dans le tube un abondant dépôt de charbon, qui l'obstrue complètement et arrête le courant gazeux; les points lumineux disparaissent aussitôt. Les résultats sont très nets avec le nickel et le cobalt, mais plus brillants avec le fer.

« La poudre noire, que l'on trouve tassée dans le tube, après l'expérience, est formée d'un carbone léger, dans lequel le métal est diffusé. Il rappelle le carbone ferrugineux étudié par Grunner, dans sa réduction des oxydes de fer par l'oxyde de carbone. Ce charbon dégage de l'hydrogène et laisse un résidu noir, ferru-

DE l'acétylène.

gineux. Cette substance ferrugineuse est d'autant plus riche en métal qu'elle se trouve plus près du fer réduit employé dans Texpérience.

« Les vapeurs assez denses, qui se produisent au moment de la réaction, peuvent être aisément condensées à l'aide d'un petit serpentin de verre entouré de glace. Le liquide ainsi obtenu est riche en benzine; cette dernière est accompagnée de tous les carbures qui peuvent se produire dans cette réaction et dont la formation a été magistralement étudiée par M. Berthelot. »

Tant que Tincandescence ne se produit pas, Tacétylène n'est pas altéré. Dès qu'elle apparaît, le gaz recueilli se compose au contraire d'hydrogène pur, ainsi que le montrent les analyses suivantes :

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