PREMIER CAS
A. Tissu de soutien. — Dans les préparations I le tissu de soutien est en quantité presque équivalente au tissu néoplasique. Il se montre à un faible grossissement sous l'aspect de travées de lissu conjonctif ordinaire, travées irrégulières par leur volume et leur forme, anastomosées de facon à figurer des mailles dans lesquelles sont logés les nids parenchymateux (fig. 1). Coupées sous tous les angles, ces travées ont une surface de section arrondie ou ovalaire, plus ou moins grande, à contours irréguliers, parfois déchiquetés ; mais leur calibre reste toujours relativement faible.
Sur la même préparation, un peu plus loin, les travées coupées en long, presque parallèles, émettent des arborisalions latérales et terminales très déliées ; elles sont bien
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vascularisées, chaque ramification possède son capillaire. En cet endroit les portions de tissu parenchymateux sont prépondérantes et apparaissent sous la forme de tubes pleins, tandis que tout à l'heure elles avaient une disposition lobulée.
Les bords de la charpente conjonctive sont en certains points entamés par les cellules néoplasiques, en d’autresils sont tout à fait droits et rectilignes.
L'élément cellulaire est très abondant (fig. 1) : une infinité de petits fuseaux noirs, minces, noyaux des cellules conjonctives, dénotent une vive réaction de la part du tissu de soutien. Très serrées sur les bords des travées, où cellules et faisceaux conjonctifs forment comme des stratifications, les cellules fixes prennent dans les points nodaux des travées leur aspect habituel étoilé ou onduleux.
Avec l'objectif 7 et l'immersion on remarque que les cellules conjonclives, malgré l'augmentation du nombre, ont conservé leur structure normale, de même que les cellules endothéliales des fentes lymphatiques et des capillaires sanguins. L'élément fibrillaire conjonctif et les fibres élastiques ont leur apparence habituelle.
Sur les bords des travées conjonctives les cellules néoplasiques du parenchyme sont tantôt régulièrement alignées, tantôt elles rongent ces bords en quelque sorte, et les envahissent: on voit alors des cellules carcinomateuses s'avancer par files parallèles dans les intervalles des faisceaux conjonctifs dont les détails de structure s’effacent à leur approche, tandis que les fibres élastiques se pelolonnent, figurent de petits blocs et ne disparaissent que lentement au milieu des cellules nouvellement survenues, Il existe
NIRES
dans la charpente des zones d'infiltration néoplasique plus ou moins étendues, mais relativement peu nombreuses. Partout, au contraire, on peut rencontrer des lymphocytes ou des polynucléaires, mais pas en quantité supérieure à ceux qu'on rencontre au voisinage de tout parenchyme néoplasique non infecté.
Dans les préparations I a, où l’envahissement carcinomateux s’est fait avec une violence extrême, il reste peu de tissu conjonctif ; il apparaît morcelé en petits îlots, au milieu des masses cellulaires proliférantes ou dégénérées.
B. Parenchyme. — Le parenchyme donne l'impression de boyaux épithéliaux logés exactement dans les intervalles de la charpente. Il ne faut pas se laisser tromper par l'apparence papillomateuse de certaines arborisations conjonctives pourvues d’un revêtement néoplasique à plusieurs assises ; c’est un artifice de préparation dù à la rétraction des tissus par l'alcool : des fissures se sont produites aux endroits les plus mous, c’est-à-dire précisément dans le milieu des tubes épithéliaux dont une moitié est restée attachée à chacune des travées voisines.
La plus faible lentille permet de distinguer trois variétés de cellules carcinomateuses (hématoxyline-van Gieson) :
1° Cellules bleu clair, grandes ;
2° Cellules bleu violet, foncées, plus petites ;
3° Cellules jaune orange clair tirant sur le violet, et figurant un quadrillage, pareil à celui des culs-de-sac des glandes sébacées.
Nous décrirons ainsi trois types cellulaires et pour plus de rapidité nous les désignerons dans la suite souvent par les seuls mots : cellule type 1, cellule type 2, etc, Mais le
fait que nous séparons ici nettement trois Lypes ne peut faire préjuger de rien; on verra qu'ils n'occupent pas des territoires toujours distincts, mais se mêlent entre eux, l’un ou l'autre étant prépondérant, et que même de l’un à l’autre il existe des formes cellulaires de transition.
a) Type cellulaire 1. — Avec l'objectif 4 on reconnaît ces cellules comme assez analogues aux grandes cellules ordinaires, arrondies ou ovales, des carcinomes glandulaires mous. Elles ne montrent aucune ordonnance spéciale marquant une tendance au groupement acineux, sinon peut-être dans le voisinage immédiat des points où subsiste du tissu thyroïdien (Ia). Elles se rangent côte à côte le long des travées conjonctives et conservent cet ordre sur une épaisseur de deux ou trois assises ; dans le centre des lobules elles sont placées au hasard et laissent entre elles des intervalles libres.
Objectif 7 el immersion. — Le protoplasma est presque transparent, les bords de la cellule ne peuvent se distinguer qu'avec les plus forts grossissements. Leur tailleest variable dans les limites d’un tiers de la dimension moyenne, quelques-unes sont énormes, rondes, transparentes comme une bulle de savon avec un noyau clair ; quelques autres contiennent deux ou plusieurs noyaux.
Le noyau est grand et pâle, rond ou ovale comme la cellule elle-même. Sa circonférence est tranchée, il contient un, deux ou plusieurs nucléoles et de fines granulations chromatiques, de préférence disposées à la périphérie.
Les mitoses sont fréquentes, surabondantes dans Ta (col. Weigert), presque toutes bipolaires, mais souvent inégales : la plaque équatoriale est tantôt massive. énorme,
tantôt réduite en une infinité de fragments,et les couronnesfilles sont plus ou moins symétriques et équivalentes.
Nous avons dit que les cellules type 1 étaient en général disposées sans autre ordre que leur alignement sur Îles bords des travées ; il faut signaler encore, mais sous réserves, une tendance au groupement acineux qu’elles semblent manifester dans un ganglion trachéo-bronchique (prép. T a. 3).
b) Type cellulaire 2. — Les cellules du second type font contraste avec les précédentes par leur aspect embryonnaire. Ce sont des éléments plus élancés, à protoplasma uniformément et légèrement coloré, allongés mais avec des extrémités obtuses. Le noyau, quatre ou cinq fois plus long que large représente un fond très vivement coloré sur lequel se détachent difficilement les nucléoles et les grains chromatiques (fig. 6 et 7). Une substance nuageuse, très légère est répandue entre les cellules, mais ne les unit pas.
Rapports. — Comme les cellules du type 1, elles se trouvent par places implantées directement sur les travées conjonctives, mais à la façon de piquets serrés, verticaux ou inclinés, avec une ou deux assises en hauteur. Elles occupent presque toujours la périphérie des boyaux, là où les deux types sont représentés ; pourtant on les voit parfois s'avancer comme une gerbe, un coin dansles masses cellulaires du voisinage (fig. 2 à droite, en haut), où elles se perdent progressivement en formes de passage.
Formes de passage. — Klles sont visibles partout où les deux types cellulaires se rencontrent ; la cellule type 2, allongée, embryonnaire s’arrondit et palit peu à peu, pour