INTRODUCTION
Le point de départ de Krompecher fut, en 1896, une tumeur du sein dont le diagnostic n'avait pas pu être tranché entre carcinome ou sarcome plexiforme. Le parenchyme, composé de petites cellules ovales ou allongées, avec peu de protoplasma, mais des noyaux riches en chromatine, était disposé en forme de lobules, de boyaux, de follicules, de kystes, et se continuait directement avec les cellules indifférenciées de la couche basale de la peau, à l'exclusion des cellules malpighiennes dentelées. Il s'agissait donc d’une tumeur épithéliale et d’un carcinome de nature et d’origine exclusivement basales.
L'auteur avait déjà antérieurement étudié toute une série de tumeurs qui, nées dans différents organes (peau, certaines muqueuses, glande mammaire, parotide, testicule), figuraient sous les étiquettes variées d’endothéliomes, de sarcomes plexiformes, d’angio-sarcomes, d’adéno-sarcomes, de carcino-sarcomes, de cylindromes, etc., et qui cependant avaient dans leur structure et leur morphologie cellulaire des analogies frappantes.
Krompecher s’attacha avec autant plus d’ardeur à cette question, el publia en 1900, 21 observations personnelles. Ses tumeurs n’offraient pas les caractères habituels des tumeurs épidermiques, mais étaient dans deux tiers des cas manifestement rattachées à la couche basale.
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Il poursuivit ses recherches, et réussit à mettre en lumière des faits cliniques et histologiques qui lui permirent d'isoler dans la nomenclature des tumeurs épithéliales de la peau et de ses annexes un groupe qu’il appela « tumeurs à cellules basales » ou « tumeurs de la couche basale ». Ces tumeurs prennent naissance dans la couche génératrice du corps muqueux de Malpighi et de certaines glandes; elles conservent constamment en proliférant, les attributs de la cellule basale, c’est-à-dire d’une cellule encore indifférenciée, embryonnaire.
L'ensemble des résultats obtenus par l'étude approfondie de 79 cas est consigné dans le livre que nous allons maintenant analyser.
1° Dans un premier chapitre, Krompecher traite des tumeurs de l’épiderme en général et montre l'insuffisance des classifications en vogue, les avantages et la légitimité de la sienne, qui comble leurs lacunes. Il fait à fond l’histologie, la physiologie des carcinomes d’origine basale, et étudie les carcinomes de passage où par endroits les cellules indifférenciées prennent le type malpighien et arrivent presque à produire les perles cornées du cancroïde vrai. Il expose en détail les stades initiaux de ses tumeurs, leur genèse quelquefois multiple, leurs rapports avec l'épiderme, les divisions du noyau, les modifications régressives du parenchyme et du tissu conjonctif. l examine les nævi mous proliférants, les cancers mélaniques, les endothéliomes, etc., de la peau et les fait rentrer en partie dans ses tumeurs basales.
2 Le deuxième chapitre est consacré aux carcinomes